Marchés du crédit : définir une feuille de route

Michael McEachern
Sur les marchés du crédit, les facteurs techniques de soutien et une amélioration marginale des fondamentaux continuent de compenser la persistance de signes inquiétants. Quelles perspectives pour cet environnement de marché dans les mois à venir ? L'analyse de Michael McEachern, Gérant de portefeuille et Responsable des marchés publics chez Muzinich & Co.
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Aviva Investors lance un fonds Obligations Investment Grade Américaines

Aviva Investors — branche internationale de gestion d’actifs d’Aviva — annonce ce jeudi 4 juin le lancement du fonds « Aviva Investors US Investment Grade Bond Fund ». Il sera géré par Joshua Lohmeier, responsable des investissements Investment Grade nord-américains, Mike Cho, gérant US Investment Grade et George Bailey, gérant US Investment Grade.

Opportunités de marché

Ce fonds investira essentiellement dans des obligations d'entreprises investment grade libellées en dollar américain, émises à l’échelle mondiale. Le fonds est une SICAV domiciliée au Luxembourg. Son objectif est de générer du rendement et d’accroître la valeur du capital tout en surperformant son indice de référence (Bloomberg Barclays US Credit Index) sur le long terme, soit au minimum cinq ans.

« Le marché américain des obligations Investment Grade offre selon nous des opportunités très intéressantes tant au niveau des entreprises que des secteurs, et la construction de portefeuille constitue une source d’alpha supplémentaire et distincte », déclare Joshua Lohmeier, responsable des obligations Investment Grade nord-américaines et co-gérant du fonds

« Dans cette période sans précédent, les clients veulent de plus en plus diversifier leurs portefeuilles pour protéger leur capital et identifier des opportunités leur permettant de générer du rendement. Josh Lohmeier et son équipe sont de fins connaisseurs de ce marché », estime TJ Voskamp, Directeur du pôle Solutions Client pour le Royaume-Uni et l’Europe.

Construction du portefeuille

Le fonds applique une approche de gestion active à long terme, qui associe des techniques de construction de portefeuille et d’allocation des risques et des investissements de forte conviction dans des entreprises et des secteurs, visant ainsi à optimiser les performances ajustées du risque. L’équipe analysera les sources d’inefficience des marchés du crédit afin de construire le portefeuille.

Elle cherchera à identifier des obligations d’entreprises américaines de qualité supérieure en étudiant les forces et les risques des entreprises émettrices, les valorisations des obligations par rapport au marché et les opinions des agences de notation indépendantes. Elle pourra également exploiter des opportunités d’investissement à court terme.

Le processus d'investissement tient également compte des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). Le processus décisionnel s’appuie sur un dialogue actif avec les entreprises afin d’influencer leur comportement dans le bon sens et de générer potentiellement des performances durables.

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EXCLUSIF / Dettes souveraines : avons-nous tiré les leçons de la crise ?

Arnaud Frémont
La crise de 2008 puis celle des dettes souveraines en Europe a permis une certaine résilience du système financier européen (Bâle III, mécanisme de supervision et de sauvetage) mais est-il suffisamment abouti pour affronter la crise sanitaire et ses conséquences ? Arnaud Frémont, consultant senior chez Square, partage son analyse.
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Gestion obligataire : Invesco publie sa troisième étude mondiale

Invesco — société mondiale de gestion d’actifs, basée à Atlanta — a publié le 18 mai dernier les résultats (en anglais) de sa troisième étude annuelle mondiale sur la gestion obligataire. L'étude a été menée auprès auprès de 159 CIO et détenteurs d'actifs obligataires en Amérique du Nord, dans la région EMEA et dans la région Asie-Pacifique (APAC).

Leurs encours combinés s'élèvent à 20 000 milliards de dollars au 31 décembre 2019. Les répondants exerçaient au sein de fonds de pension, de fonds souverains, de sociétés d’assurance, de banques privées, de sociétés de gestion de fonds diversifiés, de multi-gestionnaires et de concepteurs de modèles.

Dette émergente

L'étude constate une nouvelle année d'intérêt croissant pour la dette émergente (EMD). Un momentum solide, des rendements relativement attractifs et une diversification renforcée ont conduit les investisseurs à augmenter leur exposition au secteur. 72 % des investisseurs ont désormais une allocation en dette émergente contre 49 % dans l'étude de 2018, soit une augmentation de 47 %.

Cette augmentation a été menée par les investisseurs des régions EMEA et APAC : 80 % et 89 % d’entre eux ayant respectivement une allocation en EMD, contre seulement 51 % en Amérique du Nord. De plus, parmi les investisseurs ayant investi en EMD, l'allocation moyenne est beaucoup plus élevée en Asie-Pacifique (APAC) (7,2 %) et dans la région Europe, Moyen-Orient et Afrique (EMEA) (6,5 %) qu'en Amérique du Nord (3,6 %).

Compenser de faibles rendements

La spécialisation est aussi en hausse, notamment chez les investisseurs attirés par les rendements. Il privilégient des allocations ajustées à chaque pays (63 %). 42 % des investisseurs gérant une allocation EMD sont intéressés par la Chine, pour ses avantages en matière de diversification et de moindre obstacles à l'investissement : 62 % des investisseurs estiment que l'accès est moins difficile qu'il y a deux ans.

Les perspectives de rendements relativement élevés sur la dette émergente sont perçues comme particulièrement attrayantes par les assureurs. Les assureurs sont plus susceptibles d'investir sur les marchés obligataires émergents (71 % y sont exposés). C'est le rendement plutôt que la diversification qui les y attirent  (71 % se disent principalement motivés par le rendement, contre 59 % en moyenne).

Comment éviter les risques

Pour de nombreuses compagnies d'assurance devant faire face à des objectifs de rendements et un cadre réglementaire exigeant sur la solvabilité, la dette émergente en devises fortes s'est avérée un choix prisé. La faiblesse des rendements a poussé les assureurs à réviser leur spectre des risques acceptables pour faire face à leurs engagements futurs.

Autre défi, la règlementation Solvency II incite les assureurs à détenir des actifs plus liquides et moins risqués pour bénéficier de charges de capital moindres. Les deux tiers des assureurs s'inquiètent donc de leur capacité à générer les rendements prévus sans augmenter de façon significative le risque d'investissement. 37 % d'entre eux affirment rencontrer des difficultés à se conformer aux exigences réglementaires en fonds propres.

Pour les assureurs, les prêts bancaires et les prêts directs offrent une opportunité de générer des rendements supplémentaires à long terme grâce à une prime d'illiquidité, tout en exerçant un contrôle et en restant dans les limites de solvabilité. Pour les assureurs peu enclins à prendre des risques, la dette immobilière s'est avérée un moyen intéressant d'augmenter les rendements sans prendre trop de risques supplémentaires, grâce à la relative facilité de recouvrement.

L'ESG consolide sa présence

Les investisseurs obligataires ont fortement amplifié leur intégration des critères ESG : 80 % des investisseurs de la région EMEA et 69 % de ceux de la région APAC prennent ainsi en compte les facteurs ESG dans leurs portefeuilles obligataires, contre respectivement 51 % et 38 % en 2018.

Au sein de ces portefeuilles, les investisseurs de la zone EMEA ont la plus forte proportion d'investissements ESG, avec 34 % contre 22 % en Amérique du Nord et 19 % pour la région APAC. Les investisseurs nord-américains ont été les moins enthousiastes à l'égard des critères ESG, avec seulement 56 % d'entre eux les intégrant dans leurs portefeuilles.

Intégration ESG et rendements

L'époque où les investisseurs considéraient l'adoption des principes ESG comme un obstacle à la performance des investissements est révolue. Seuls 3 % des personnes interrogées dans le cadre de notre enquête sont encore de cet avis, alors que la moitié considèrent l'évaluation des risques ESG des émetteurs comme un outil important pour améliorer leurs rendements. 

Les émetteurs qui ne tiennent pas compte des préoccupations environnementales et de gouvernance risquent des coûts d'emprunt et de refinancement plus élevés. 54% des répondants pensent que l'analyse ESG peut libérer de la valeur cachée dans l’obligataire. 50 % des investisseurs soulignent l'amélioration du rendement comme un facteur clé en faveur de l'intégration de l'ESG dans leurs portefeuilles obligataires. Les investisseurs de la région EMEA sont les plus positifs.

52 % déclarent que l'intégration des critères ESG dans leurs portefeuilles obligataires contribue aux rendements. Seuls 2 % y voient un inconvénient. Les investisseurs de la région EMEA sont aussi les plus optimistes sur l'avenir des normes ESG, 34 % d'entre eux estimant que ces considérations auront une « influence beaucoup plus importante » dans trois ans. Seuls 15 % d’entre eux estimant que les questions ESG n’auront pas plus de poids dans trois ans qu'elles n’en ont actuellement, soit la proportion la plus faible.

Paradoxe de la liquidité

A la fin du dernier cycle haussier, les propriétaires d'actifs ont étendu leurs allocations aux catégories d'actifs non liquides. Pourtant, 51% d’entre eux ont exprimé des inquiétudes concernant la liquidité du marché obligataire, incertains de la façon dont les marchés obligataires se comporteraient pendant des périodes plus difficiles, par exemple l'introduction de réglementations telles que la loi Dodd-Frank ou le retrait des teneurs de marché traditionnels qui a suivi la crise financière mondiale.

Ces préoccupations sur la liquidité ont entrainé un intérêt accru pour les stratégies qui peuvent contribuer à améliorer la liquidité et à réduire le risque, telles que la négociation de blocs directement entre clients via les ETF (utilisés par 59 % des investisseurs), la négociation de portefeuilles de crédit (utilisée par 30 % d’entre eux) et une plus large adoption de stratégies à échéance fixe (56 %).

Turbulences de marchés

Les investisseurs obligataires faisaient preuve d’une aversion croissante pour le risque avant même la crise du Covid-19 qui s’est déclarée au premier trimestre 2020. Près de la moitié (43 %) des répondants pensaient au moment de l’enquête que la fin du cycle haussier adviendrait dans un an ou moins, le consensus étant en faveur d'un atterrissage en douceur. 23 % identifiaient alors une bulle sur le marché obligataire, tandis que 29 % seulement craignaient un effondrement majeur des prix des obligations.

Les politiques des banques centrales ont conduit à des rendements faibles voire négatifs, poussant certains investisseurs à prendre des risques supplémentaires pour soutenir les rendements et atteindre leurs objectifs. L’étude montre un marché en proie à la peur : la peur de perdre, mais aussi la peur de louper des opportunités. Malgré un certain regain d’appétit pour le risque en fin de cycle, la confluence des préoccupations concernant la fin du cycle et les craintes de guerre commerciale s’est traduite par des portefeuilles relativement bien protégés contre le choc pandémique actuel.  

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L’Observatoire du Financement des Entreprises par le Marché (OFEM) publie son rapport 2019

L'Observatoire du financement des Entreprises par le Marché (OFEM) publie ce lundi 10 août son rapport annuel 2019. Les principales tendances observées en 2019 concernent le recours accru des entreprises aux marchés de dettes, la baisse des introductions en bourse (en anglais Initial Public Offering, IPO) et la croissance du capital investissement.

Par ailleurs, dans un contexte de reprise économique sur fonds de crise sanitaire liée à la pandémie de coronavirus, l'OFEM présente également les premiers éléments 2020 concernant le financement des entreprises françaises par les marchés financiers.

Tendances observées en 2019

Dans son rapport 2019 sur les financement des entreprises françaises par les marchés financiers, l'OFEM identifie plusieurs tendances :

  • Poursuite de la croissance du financement des entreprises par les marchés financiers, avec plus de 125 Mds€ levés sur les marchés financiers en 2019, contre 114 Mds€ en 2018. Dans un environnement de taux historiquement bas, les entreprises françaises ont poursuivi leur financement par émission de titres de dette. A la fin de l'année 2019, l'endettement des entreprises françaises par le marché a atteint 620 Mds€ ;
  • Baisse des introductions en bourse et des capitaux propres levés par les entreprises : 8 entreprises françaises ont été introduites en bourse (contre 21 en 2018 et 20 en 2017), ayant levé au total 2,6 Mds€ (dont 2,5 Mds pour FDJ et Verallia en cession de titres) ;
  • Poursuite de la croissance du capital-investissement : en 2019, le capital-investissement a investi — toutes opérations confondues — 12,0 Mds€ dans 1873 entreprises basées en France, contre 11,0 Mds€ dans 1858 entreprises en 2018 ;
  • Rôle majeur des marchés obligataires d'Euronext dans le financement des grandes entreprises : près de 58 Mds€ de capitaux levés, dont 140 millions d'euros levés par des PME-ETI ;
  • L'EuroPP, qui représente la principale source de financement obligataire des PME/ETI a permis de mobiliser 2,2 Mds€ en 2019, dans la moyenne des émissions de ces cinq dernières années.

L'impact du coronavirus

L'année 2020, qui semblait s'inscrire dans une nouvelle dynamique, avec un pipeline de projets d'introduction en bourse, en rupture avec les niveaux observés au cours de ces dernières années, a été brutalement remise en cause par la crise du Covid-19 et l'arrêt de l'économie française ; et plus largement des économies européennes et mondiales. Les entreprises ont été doublement impactées par la crise :

  • Baisse drastique d'activité, et donc de revenus pour l'ensemble des entreprises, quels que soient leur taille et leur secteur d'activité, plus ou moins importante en fonction des secteurs. Le tourisme, l'automobile, l'aéronautique, figurent parmi les plus touchés ;
  • Hausse de leur endettement avec le recours aux mesures de soutien du Gouvernement : PGE (100 Mds€ reçus par 500 000 entreprises, à fin juin), accès aux liquidités de la BCE sur les marchés de taux court, moyen et long terme et report des charges fiscales et sociales. A la fin du premier semestre 2020, l'endettement brut des entreprises en France devrait atteindre 80 % du PIB, les agences de notation anticipant un risque de solvabilité accru des entreprises avec la dégradation de plusieurs signatures investment grade à high yield.

Quelles tendances en 2020 ?

Au final, au premier semestre 2020, poursuite de certaines des tendances constatées en 2019, avec néanmoins quelques ruptures :

  • Sur les marchés actions : nouvelle baisse des introductions en bourse et risque de réduction de la cote parisienne, avec en revanche une amélioration de la liquidité sur les compartiments des small et mid cap, grâce au retour des investisseurs, individuels et institutionnels, sur ces marchés ;
  • Sur les marchés obligataires et le financement par la dette : hausse des émissions et retour de la liquidité, en particulier sur le compartiment high-yield, sur fond d'endettement important des entreprises sur les marchés ;

Dans le contexte post crise du Covid-19, les membres de l'OFEM soulignent le caractère critique pour les entreprises françaises — et notamment pour les PME et ETI — de l'accès aux financements et du renforcement de leurs fonds propres.

Ils accueillent favorablement les propositions des acteurs de la Place financière de Paris, qui visent à permettre aux entreprises d'accéder aux financements qui leur sont nécessaires ; ainsi que celles du High Level Forum européen, qui concernent le renforcement de l'Union des Marchés des Capitaux (UMC) et le financement des entreprises.

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France : quelles réserves nettes de change en juillet 2020 ?

Le Ministère de l’économie et des finances publie ce vendredi 7 août avec la Banque de France une nouvelle note sur le montant des réserves nettes de change de l’Etat à fin juin 2020. Depuis mai 2000, en conformité avec la Norme Spéciale de Diffusion des Données (NSDD) du FMI — telle qu’appliquée au sein du Système Européen de Banques Centrales — les avoirs mensuels de réserves et les disponibilités en devises sont valorisés en euros sur la base des cours de change de fin de mois.

Avoirs en hausse

Les avoirs de réserves officiels et autres avoirs en devises s'élèvent à la fin du mois de juillet 2020 à 200 385 M€ (237 415 M$) contre 197 166 M€ (220 787 M$) à la fin du mois de juin 2020, soit une augmentation de 3 219 M€. Comme indiqué ci-dessus, cette hausse intègre l’incidence des modalités de valorisation aux cours de change de fin de mois. Les réserves de l'Etat se répartissent comme suit :

  • Réserves en or : 130 697 M€ ;
  • Réserves en devises : 52 882 M€ ;
  • Créances sur le FMI : 15 353 M€ ;
  • Autres avoirs de réserve : 1 453 M€.

Les réserves en or ont augmenté de 7 025 M€. Les réserves en devises  ont diminué de 3 611 M€. Les créances sur le Fonds Monétaire international (FMI) ont diminué de 126 M€ : la position de réserve au FMI a augmenté de 134 M€ et les avoirs en DTS ont diminué de 260 M€. Les autres avoirs de réserve ont diminué de 69 M€.

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Marché obligataire : l’AMF évalue la transparence introduite par MIF 2

L’Autorité des marchés financiers (AMF) publie ce 19 mai une étude sur les effets des mesures de transparence introduites sur le marché obligataire, en ce qui concerne les conditions d’accès et l’utilisation par les intervenants de marché de données sur les transactions. Ce document dresse un premier bilan, plus de deux ans après l’entrée en application du cadre réglementaire européen des marchés d’instruments financiers MIF2.

Trop peu de transparence

Depuis le 3 janvier 2018, les obligations de transparence sur les données de transactions ont été étendues aux instruments assimilées aux actions — par exemple fonds cotés sur indices, exchange traded funds ou aux certificats — mais également à d’autres instruments, dont les obligations. Ces informations portent notamment sur les volumes, les prix et l’heure de conclusion des transactions. Elles doivent être publiées dans des délais imposés et via des dispositifs agréés, que les transactions aient lieu sur une plateforme de négociation ou qu’elles soient effectuées de gré à gré.

Dans le cadre de sa mission de surveillance des marchés — et alors que la Commission européenne a commencé ses consultations en vue d’une réforme de MIF2 — le régulateur a souhaité examiner les effets de cette transparence post-négociation sur le marché obligataire. Son analyse a été menée sur le périmètre des titres de dette émis par des sociétés françaises. Il en ressort que la transparence des transactions n'est pas assez accessible, fiable et complète pour que les investisseurs puissent l’exploiter réellement.

Accessibilité et qualité

La transparence est fragmentée entre une douzaine de plateformes, auxquelles il faut ajouter de nombreux dispositifs agréés — en anglais « approved publication arrangements » ou APA — pour les transactions réalisées de gré à gré. Or les fournisseurs de données ne proposent pas, à ce jour, de vision consolidée de l’ensemble. Selon les moyens à leur disposition, les intervenants n’ont donc pas toujours une vision exhaustive du marché. De plus, l’accès à ces données demeure difficile.

Certains services de publication ne remplissent pas encore l’intégralité des critères définis par l’Autorité européenne des marchés financiers (AEMF ou ESMA en anglais) en termes d’accessibilité. Au-delà de la question de l’accès, l’étude montre une donnée d’une qualité mitigée. Par exemple, le taux de recouvrement entre les données de transparence et le reporting au régulateur s’établirait entre 25 % et 45 % en termes de volumes échangés, un niveau particulièrement faible.

Vers plus de coordination

L’AMF confirme son engagement en faveur de l’amélioration de la transparence sur les marchés obligataires. Elle continuera d’œuvrer à l’amélioration de la qualité des déclarations, tant concernant la transparence sur les transactions vis-à-vis de l’ensemble du marché que les reportings aux régulateurs.

Elle promeut une coordination internationale avec les autres régulateurs pour renforcer le respect des exigences faites aux dispositifs de publication agréés et aux plateformes de négociation s’agissant de l’accès aux données. Enfin, l’AMF soutient l’émergence d’un système consolidé de publication des données de transactions, une mesure très attendue par le marché. 

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ESG : Lyxor lance 3 nouveaux ETF d’obligations durables à haut rendement

Lyxor Asset Management Group (Lyxor AM) — détenu à 100 % par Société Générale — annonce ce jeudi 13 février le lancement de trois nouveaux ETF conçus pour offrir une exposition plus durable aux obligations à haut rendement. Les trois ETF — à savoir USD High Yield, EUR High Yield et Global High Yield — utilisent les indices ISR durables Bloomberg Barclays MSCI, lesquels appliquent des filtres de durabilité pour réduire l'exposition aux émetteurs controversés et mal notés en termes d’ESG.

Méthode de notation ESG

Les indices appliquent des normes environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) strictes aux émetteurs d’obligations à haut rendement. Pour pouvoir être intégrés dans l’indice, les émetteurs d’obligations à haut rendement doivent en effet être notés au minimum BBB dans l’outil ESG de MSCI. La méthode de notation ESG de MSCI filtre les émetteurs faiblement notés en termes de critères ESG et/ou impliqués largement dans des secteurs controversés.

S’ils sont classés dans la catégorie des « producteurs » d'un produit ou service controversé ou en tirent un profit, ils sont alors exclus de l'indice. Les ETF USD High Yield et Global High Yield seront cotés en USD à la Bourse de Londres le 13 février 2020. La gamme tout entière sera cotée en euros à la Borsa Italiana le 25 février 2020. Avec un Total des Frais sur Encours (TFE) de 0,25 %, il s'agit des ETF répliquant des indices à haut rendement avec des filtres ESG les moins chers du marché.

Répondre à la demande

Ce lancement fait suite à une décision prise en 2019 par Lyxor de transférer la majeure partie de ses ETF obligataires Investment Grade vers les indices ISR durables Bloomberg Barclays MSCI, en appliquant la même méthode de notation ESG. Les ETF obligataires suivant une stratégie ESG représentent 2,2 % de l’univers des ETF obligataires européens. En 2019, ils ont toutefois recueilli 3,7 Mds€ de nouveaux actifs nets soit 6,9 % de la collecte d’actifs globale des ETF obligataires. Lyxor voit dans les ETF durables à revenu fixe un produit à même de répondre à la demande des investisseurs. Dès 2017, le groupe a lancé le premier ETF d’obligations vertes au monde.

« La notation ESG des produits à haut rendement est l'une des dernières innovations en matière d'indexation dans l'obligataire. Nous ne cessons de chercher des moyens de fournir aux investisseurs des outils encore plus innovants qui leur permettront d’atteindre leurs objectifs de durabilité. Le fait d’appliquer une approche ESG à l'univers des obligations à haut rendement nous permet de nous écarter considérablement des indices parents, en offrant un profil de risque potentiellement plus conservateur », explique Philippe Baché, Head of Fixed Income chez Lyxor ETF.

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Marchés obligataires : rémunèrent-ils encore le risque de terme ?

Julien-Pierre Nouen
Un investissement long suppose un rendement plus important en échange du risque pris par l'investisseur. Cette logique financière se vérifie-t-elle sur le marché obligataire ? S'applique-t-elle par exemple aux obligations du Trésor américain, malgré la politique accommodante de la Fed ? Julien-Pierre Nouen, Directeur des études économiques et de la gestion diversifiée chez Lazard Frères Gestion, partage son analyse.
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Blue Economy : Crédit Suisse et la Banque Mondiale émettent une obligation durable

La Banque mondiale annonce ce jeudi 21 novembre avoir procédé à l’émission d’une obligation « développement durable » à 5 ans, pour un montant de 28,6 M$. Cette opération s'inscrit dans le cadre d’efforts de sensibilisation au rôle vital que jouent les ressources en eau douce et en eau salée pour les populations et la planète. Credit Suisse Securities (Europe) a agi en tant que chef de file unique de l’opération, par l’intermédiaire de son département Impact Advisory and Finance (IAF).

L'obligation de la Banque mondiale constitue le collatéral du Bon « Low Carbon Blue Economy » émis par Credit Suisse et placé auprès des clients privés de Credit Suisse dans le monde entier. Ce Bon « Low Carbon Blue Economy » — garanti par l'obligation de la Banque mondiale — a été bien accueilli et illustre la volonté des investisseurs privés d'utiliser leurs investissements pour s'engager sur des sujets majeurs comme l'économie bleue.

Répondre aux ODD de l'ONU

« Absorbant environ 30 % du dioxyde de carbone créé par l'homme et générant 50 % de l'oxygène dans le monde — mais largement sous-financée en capitaux privés — la santé des océans est essentielle. Ce type de financement soutient la Banque mondiale, qui à son tour soutient des projets allant de la pêche durable aux zones marines protégées, en passant par le recyclage des déchets océaniques. Cela nous aide à combler le déficit de financement identifié par l'objectif 14 du Programme des Nations Unies pour le développement durable (« Vie Aquatique ») », déclare Marisa Drew, CEO du département IAF de Credit Suisse.

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Forêt : le GFI France Valley Patrimoine acquiert un nouvel actif en Normandie

France Valley — spécialiste de l'investissement foncier — annonce ce mercredi 5 août une nouvelle acquisition pour le compte de son GFI France Valley Patrimoine. La société de gestion de portefeuille acquiert le Bois du Ballu, situé à 20 kilomètres d'Alençon dans l'Orne (Normandie).

Forêt de capitalisation

Cette forêt couvre une surface de 349 hectares, couverte d'une futaie régulière de feuillus (51 %) et de résineux (49 %), sous un climat océanique à influence continentale. « Le Bois du Ballu est un massif d’exception, situé en Normandie, région où ce type de bien est extrêmement rare », explique Clément Roche, Responsable des acquisitions forestières chez France Valley.

« Les peuplements de feuillus, essentiellement composés de jeunes chênes, sont en phase de capitalisation. Des coupes d’amélioration y ont été et seront menées pour favoriser les plus beaux sujets. Les parcelles sont complétées par des Douglas, Sapins et Epicéas approchant leur optimum économique qu’il conviendra de récolter rapidement », ajoute-il.

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NN Investment Partners recrute un Lead Behavioural Scientist

NN Investment Partners (NN IP) — gestionnaire d'actifs basé aux Pays-Bas — annonce ce jeudi 6 août la nomination de Roeland Dietvorst. Il fera partie de l'équipe d'innovation basée à La Haye et rapportera à Arnoud Diemers, Head of Responsible Investing & Innovation. Roeland Dietvorst a pris ses fonctions le 1er août 2020.

Dans ce cadre, il appliquera ses connaissances en science du comportement et des neurosciences pour mieux comprendre comment le traitement de l'information conduit à la prise de décision, afin de faire avancer le processus de prise de décision d'investissement.

Focus sur le parcours de Roeland Dietvorst

Roeland Dietvorst

En 2005, Roeland Dietvorst obtient une maîtrise en psychologie biologique et cognitive, et depuis 2010, il est titulaire d'un doctorat en neurosciences cognitives de l'Université Erasmus de Rotterdam. Il se spécialise dans la compréhension des biais cognitifs et de la dynamique entre automatique et délibéré processus mentaux.

En 2014, il fonde Alpha.One, une entreprise de stratégie de neurosciences grand public. Dans ce cadre, il réunit une équipe de doctorants en neurosciences et intelligence artificielle pour développer des techniques d'imagerie cérébrale. Objectif, aider à comprendre l'impact des supports marketing, tels que les publicités et les conceptions d'emballage.

Roeland Dietvorst est membre du corps professoral de la Singularity University Benelux. Il donne des conférences sur les neurosciences dans plusieurs écoles de commerce telles que l'INSEAD et l'Universiteit van Amsterdam. Il est régulièrement invité comme conférencier à des événements professionnels.

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Finance durable : BlackRock lance deux ETFs ESG obligataires High Yield

BlackRock — spécialiste multinational dans la gestion d’actifs — a annoncé le 14 novembre dernier le lancement de 2 fonds ETF d’obligations à haut rendement, qui intègrent des critères Environnementaux Sociaux et Gouvernance (ESG). Le gérant a également obtenu plusieurs labels de finance durable pour une large gamme de fonds distribués en France. D'après les chiffres d'octobre 2019, l’ensemble des fonds BlackRock ayant obtenus les labels ISR et Greenfin représente 8,4 Mds€ d’actifs sous gestion.

Basée à Paris et à Londres, l’équipe Européenne de BlackRock dédiée à la recherche thématique portant sur l’investissement durable (BlackRock Sustainable Investing), développe des outils d’analyse permettant d’évaluer les liens entre l’intégration des critères ESG et la performance financière à long terme. Ces analyses démontrent que les investisseurs n'ont pas besoin de faire un arbitrage entre ces deux considérations.

Développement de l'offre ESG

« Nous poursuivons le développement de notre plateforme d’investissement durable en France », déclare Bettina Mazzocchi-Mallarmé, Directrice BlackRock iShares & Wealth pour la France, la Belgique et le Luxembourg. « L’obtention des labels ISR et Greenfin, ainsi que le lancement d’une nouvelle solution d’investissement innovante dans le domaine de l’ESG, sont des étapes importantes pour répondre aux besoins de nos clients locaux et soutenir la croissance des flux d’investissement durables », ajoute-elle.

BlackRock renforce son offre d’investissement durable avec les deux fonds indiciels ESG UCITS d’obligations à haut rendement, « iShares Euro High Yield Corp Bond ESG UCITS ETF » et « iShares Dollar High Yield Corp Bond ESG UCITS ETF ». Ils sont les premiers de leur catégorie à être distribués en Europe. Ces fonds répondent à la demande des investisseurs de diversifier leur allocation obligataire avec une exposition aux valeurs de hauts rendements tout en conservant des critères ESG.

Succès de la finance durable

L’accroissement de la qualité et quantité des données ESG disponibles, les évolutions démographiques ainsi que les initiatives règlementaires telles que la Loi Pacte en France sont autant de facteurs déterminants pour faciliter l’essor des flux d’investissement durables dans le monde. Dans ce contexte, BlackRock estime que le marché des ETF intégrant les critères ESG représentera USD 400 milliards d’actifs sous gestion d’ici 2028, contre un peu plus de USD 45 milliards aujourd’hui.

« Initialement principalement concentré sur les marchés actions, l’intérêt des clients pour les solutions d’investissement durable s’étend à présent aux indices obligataires et à l’ensemble de la construction de portefeuilleNous avons constaté des flux records sur les ETF obligataires en 2019 (...) Nous estimons que la taille du marché ETG obligataire va doubler pour atteindre $2000 milliards d’ici 2024, avec une partie significative de ces flux générés par des solutions ESG », explique Arnaud Gihan, Directeur iShares France.

Focus sur les labels ISR et Greenfin

Créé en 2016, le label Investissement Socialement Responsable (ISR) est soutenu par le ministère de l’Economie et des Finances. Il distingue les fonds qui investissent dans des entreprises aux pratiques responsables en matière d'ESG. Il a pour objectif d’aider les investisseurs à choisir des placements responsables et durables. 

Dédié à la finance verte, le label Greenfin est soutenu Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire. Il se concentre sur le financement de la transition écologique et énergétique et la part « verte » des fonds d’investissement. Ces labels ont été octroyés aux fonds BlackRock et iShares détaillés ci-dessous pour une durée de trois ans renouvelables, à la suite d’un audit réalisé par EY (Ernst & Young), auditeur expert et indépendant agréé par les pouvoirs publics pour la labellisation.

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ISR : Amundi lance un ETF avec une nouvelle exposition obligataire

Amundi — acteur européen de la gestion d’actifs — annonce ce mardi 17 septembre le lancement d'un nouvel ETF dédié à l'investissement responsable. L'OPCVM indiciel « Amundi Index Euro Corporate SRI 0-3Y – UCITS ETF DR » permet de s’exposer de manière diversifiée au marché des obligations court terme libellées en euro, toutes émises par des entreprises qui possèdent de solides références ESG.

« Amundi continue d’étoffer son offre ISR. Ce lancement témoigne de notre engagement à répondre à la demande croissante des investisseurs pour des solutions passives bénéficiant de filtres ESG à des prix très compétitifs », conclut Fannie Wurtz, Directeur de la ligne métier ETF, Indiciel et Smart Beta d’Amundi.

Plus de 690 titres libellés en euros

Ce fonds offre une exposition aux obligations d’entreprises « Investment Grade » avec une échéance comprise entre 0 et 3 ans. Les émetteurs sont notés en fonction de leur performance ESG. Les sociétés impliquées dans le secteur de l'alcool, tabac, armes militaires, armes à feu à usage civil, jeux de hasard, divertissements pour adultes, OGM et énergie nucléaire sont exclues. Le portefeuille obtenu contient plus de 690 titres libellés en euros, émis par des sociétés qui bénéficient d’une excellente notation ESG.

L’ETF réplique l’indice Bloomberg Barclays MSCI Euro Corporate ESG BB+ Sustainability SRI 0-3 Year. Avec des frais courants de 0,1 2% annuels, ce nouvel ETF arrive sur le marché européen au prix le plus bas parmi les expositions obligataires ISR actuellement disponibles. Le fonds répond à la demande croissante des investisseurs pour des options de gestion passives avec filtres ISR. L'ETF vient compléter les briques d'allocations obligataires et actions de la gamme Low Carbon et ISR d'Amundi, lancée depuis 2015.

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