Le jour d’après

Marouane Bouchriha
Les marchés financiers bien souvent décriés pour leur court-termisme n’en ont pas moins la formidable capacité à acter une situation et se projeter vers l’avenir. La crise étant actée, il faut désormais réfléchir à la sortie et les formes que pourraient prendre les plans de relance. Cette relance se doit d’être verte car cela répond à la nécessité climatique et est en ligne avec les attentes de l’opinion publique, mais elle est également un pendant important pour définir une politique industrielle et favoriser la résilience de nos économies.
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The Shift Project : empreinte carbone, constituer une force de proposition pour changer de système

François Lett
Libérer l'économie de la contrainte carbone, c'est l'objectif de The Shift Project. Quelles sont les méthodes recommandées par ce think tank ? Comment atteindre la sobriété carbone ? L'éclairage de François Lett, Directeur du développement éthique et solidaire chez Ecofi Investissements.
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Le climat : variable de second ordre ?

François Lett
Face à la crise sanitaire, les Etats veulent favoriser la reprise économique la plus rapide possible. Au détriment des enjeux écologiques et climatiques ? Ou est-ce au contraire l'occasion de réduire notre vulnérabilité à de tels risques ? Les explications de François Lett, Directeur du développement éthique et solidaire chez Ecofi Investissements.
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Climat : identifier les entreprises qui conçoivent et développent des solutions

Marc Olivier
Dans le cadre de son approche d’investissement thématique « Climat & Environnement », Nordea Asset Management a bâti un portefeuille concentré dans des entreprises innovantes, dans les domaines de l’efficience des ressources, de la protection de l’environnement et des énergies alternatives.
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Impôts des entreprises : Gérald Darmanin adapte le paiement des acomptes

Gérald Darmanin — ministre de l'Action et des Comptes publics — annonce ce vendredi 29 mai l'adaptation des modalités de paiement des acomptes d'impôt sur les sociétés (IS) et de contribution sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) dans le contexte de reprise progressive de l'activité.

Depuis le début de la crise sanitaire, l'État a mis en place plusieurs mesures de soutien aux entreprises : de nombreux reports d'échéances — tant fiscales que sociales — ont déjà été accordés aux mois de mars et d'avril. S’agissant des impôts, l'ensemble des mesures de soutien représente déjà un effort de 8,1 Mds€ pour l'État.

Moduler ses accomptes

Afin d'accompagner les entreprises dans la reprise progressive de leur activité, les mesures de soutien s’adaptent. L'Etat assouplit notamment les modalités de paiement des acomptes d’IS et de CVAE. Les entreprises peuvent désormais étaler le versement de leurs acomptes d'IS et de CVAE en fonction du résultat prévisionnel de l'exercice. Les marges d'erreur tolérées peuvent aussi être augmentées.

De plus, le paiement des acomptes de juin d'IS et de CVAE, lorsqu'ils sont calculés en fonction des résultats 2019 (dépôt de la liasse fiscale décalé au 30 juin), est reporté du 15 juin au 30 juin, afin que chaque entreprise soit en capacité d'évaluer correctement son acompte. L'ensemble des entreprises qui ont reporté leur acompte d'IS de mars 2020 au 15 juin 2020 bénéficieront d’une dispense de versement de l'acompte de juin et une régularisation sur l'échéance suivante.

Responsabilité des entreprises

Comme c'est déjà le cas pour l'ensemble des mesures de soutien en trésorerie des entreprises, ces nouvelles facultés sont soumises, pour les grandes entreprises — entreprise ou groupe ayant au moins 5 000 salariés ou un chiffre d'affaires supérieur à 1,5 Md€ — au respect de leurs engagements de responsabilité, non-versement de dividendes notamment.

Enfin, le report de 3 mois des échéances de taxe sur les salaires reste possible pour les entreprises en difficulté financière du fait de la crise, jusques et y compris à l'échéance de juin 2020 : pour cela, les entreprises sont invitées à utiliser le formulaire de demande mis en place dans le cadre de la crise sanitaire.

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Irlande : Amundi obtient le statut de Super Management Company

Amundi — gestionnaire d'actifs européen — annonce ce jeudi 28 mai que la Banque Centrale d'Irlande a confirmé son statut de « Super » Management Company (Super ManCo) en Irlande. Cette décision complète une série d'autorisations, notamment en matière de gestion de portefeuilles et de conseil en investissement. Amundi s'appuie désormais sur ses quatre principaux hubs pour les services d'hébergement de fonds répondant aux directives UCITS et AIFM : la France, le Luxembourg, l'Autriche et l'Irlande.

OPCVM et fonds alternatifs

Objectif, accompagner le lancement et la maintenance d'OPCVM et de fonds alternatifs. Avec des implantations significatives au Luxembourg et en Irlande — deux principaux pays de domiciliation de fonds transfrontaliers — ainsi que dans tous les principaux centres d'investissement européens, le gérant dispose d'une gamme qui va de la structuration des fonds au marketing et à la distribution, en passant par le soutien opérationnel.

Amundi prend en charge la gouvernance et l'administration des fonds d’investissement hébergés, des activités essentielles pour assurer une supervision efficace des activités déléguées : plateforme juridique et technologique robuste et évolutive, solutions externalisées modulaires reposant sur une large gamme de véhicules de fonds traditionnels et alternatifs, et une expertise dans la plupart des classes d'actifs.

Développer Amundi Services

Ce statut de « Super » Management Company en Irlande bénéficiera à Amundi Services, l'une des lignes métier d'Amundi. Sa mission consiste à fournir une prise en charge complète en matière de gestion de portefeuilles, de conformité et de gestion des risques aux gestionnaires d'actifs tiers à une clientèle de distributeurs et d'investisseurs institutionnels.

Guillaume Lesage, Directeur du pôle Opérations, Services et Technologie d’Amundi précise : « Avec une équipe de plus de 350 professionnels en Irlande, ce nouveau statut permettra à Amundi d'offrir à ses clients la substance opérationnelle, l'expertise et les niveaux de service dont ils ont besoin pour soutenir leur activité. C'est également une nouvelle étape dans le développement d'Amundi Services qui peut intégrer cette nouvelle capacité de Super ManCo en Irlande, le deuxième plus grand domicile de fonds en Europe, dans sa gamme de services et son offre d’hébergement de fonds. »

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ISR : La Financière de l’Echiquier rejoint Climate Action 100+

La Financière de l’Échiquier (LFDE) — société de gestion rachetée à 100 % par Primonial — annonce ce mercredi 5 janvier qu'elle rejoint l’initiative Climate Action 100+. C'est la première coalition d’investisseurs mondiaux à l’origine d’engagements collaboratifs avec les plus grands émetteurs de gaz à effet de serre (GES) du monde.

« La gestion d’actifs a un rôle essentiel à jouer en orientant les capitaux vers les entreprises qui préparent le monde de demain. En anticipant les risques de transition et les risques physiques liés au changement climatique auxquelles elles pourraient être exposées, les entreprises assurent leur pérennité et leurs performances futures », commente Olivier de Berranger, Directeur Général Délégué en charge de la Gestion d’actifs.

Démarche responsable

Cette initiative réunit à ce jour 410 investisseurs (41 000 Mds$ d’actifs sous gestion) engagés dans un dialogue direct avec 160 entreprises, qui représentent 80 % des émissions industrielles mondiales. Climate Action+ a notamment été lancée avec le soutien des Principes pour l’Investissement Responsable (UN PRI), auxquels LFDE adhère depuis 2008.

Climate Action 100+ incite les entreprises à réduire leurs émissions en phase avec les objectifs de l’Accord de Paris, à améliorer leur gouvernance climatique et à accroître la transparence de leur reporting climatique. « Le changement climatique est une source de risques pour les entreprises, notamment pour les plus émettrices. Les inciter à s’engager en faveur du climat est au cœur de notre responsabilité d’investisseurs », conclut Sonia Fasolo, gérante ISR.

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Transition climatique : avant d’exclure, accompagnons les entreprises

Denis Lehman
Face au changement climatique, la transition vers un modèle plus durable s'impose comme une nécessité. Comment accompagner les entreprises désireuses de transformer leur modèle économique ? Comment faire des critères extra-financiers un levier de performance ? Quelques pistes de réflexion.
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Réactions en chaîne

Sonia Fasolo
Quel rapport entre un oignon, la pluie et la paix ? A priori aucun. Si les effets du changement climatique sont visibles dans notre quotidien, ses conséquences sociales le sont moins… ou presque ! La flambée du prix des oignons en Inde – plus 500% depuis le début de l’année ! – qui a fait la une du Financial Times, illustre bien la mécanique des réactions en chaîne.
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Obligations vertes : AIIB et Amundi lancent un fonds de 500 millions de dollars US

La Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (AIIB), l’une des principales institutions financières internationales en Asie, et Amundi — première société de gestion européenne — annoncent ce mardi 10 septembre la création de l’Asia Climate Bond Portfolio. Ce programme d’investissement se compose d’un portefeuille obligataire d’un montant de 500 millions de dollars US. L'initiative vise à accélérer l’action en faveur du climat dans les pays membres de l’AIIB et participer au développement du marché des obligations liées au climat.

Le programme prévoit également de mobiliser 500 millions de dollars US supplémentaires auprès d'investisseurs institutionnels soucieux de la lutte contre le changement climatique. Le partenariat intègre un volet éducatif et un accompagnement spécifique des émetteurs sur ce marché. Amundi et AIIB déploient le Climate Change Investment Framework, qui prend en considération trois variables — financement vert, limitation des risques climatiques et résistance aux changements climatiques — afin d’analyser la capacité des émetteurs à faire face aux changements climatiques.

Prendre en compte l'Accord de Paris

L’Asia Climate Bond Portfolio investira ainsi dans des obligations vertes à impact et des obligations conventionnelles. « Ce portefeuille illustre la manière dont AIIB travaille avec des partenaires de premier plan pour construire des produits financiers innovants et participer au développement des marchés de capitaux pour les infrastructures », commente D.J. Pandian, Vice President d’AIIB et Directeur de la Gestion. Il y voit un exemple « que les institutions financières internationales peuvent envisager pour financer différemment le développement en soutenant l'accord de Paris via l'adoption de principes de financement pour le climat ».

« Le soutien des champions du climat et la prise en compte de l’Accord de Paris en Asie est en adéquation avec l’engagement d’Amundi en matière d’investissement responsable et reflète notre fort engagement dans la région. Nous sommes ravis de lancer cette initiative en matière de finance climat. » Yves Perrier, Directeur général d’Amundi. Cette « nouvelle innovation financière contribuera à l’émergence de leaders verts en Asie », déclare le professeur Lord Nicholas Stern, économiste et responsable des politiques, qui siège également au comité consultatif international d’AIIB.

Vers un écosystème ESG pérenne en Asie

Cette stratégie de dette d’entreprises sur les marchés émergents sera gérée par l’équipe de gestion obligataire pays Emergents d’Amundi, basée à Londres. Ses membres possèdent en moyenne 17 ans d'expérience professionnelle. L'équipe fait partie de la plate-forme d'investissement Marchés émergents, qui gère plus de 50,5 milliards de dollars US investis en actions et obligations émergentes. Elle totalise 69 professionnels de l'investissement, gestionnaires de portefeuille et analystes.

En juillet, AIIB a annoncé la création d’un portefeuille de 500 millions de dollars US. Il vise à développer le marché obligataire pour les infrastructures, développer l’investissement responsable sur le marché obligataire, et créer un écosystème ESG pérenne sur les marchés émergents d'Asie. L’Asia Climate Bond Portfolio commencera à investir en janvier 2020 et déploiera peu à peu le capital dans les actifs éligibles sélectionnés.

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ESG : DWS adopte une nouvelle approche

DWS — gérant d’actifs mondial pour les institutionnels et clients privés —annonce ce mercredi 27 mai renforcer ses pratiques de gestion. La société introduit « Smart Integration » une approche pionnière de l'intégration des facteurs ESG qui va au-delà des normes déjà existantes. Développée avant la crise du Covid-19, elle devrait prendre encore plus d'importance à mesure que les retombées de la pandémie renforcent la nécessité de reconstruire l'économie de manière responsable et durable.

Ce nouveau process s'appliquera dans un premier temps à environ un cinquième de l'ensemble des actifs gérés par DWS, en ciblant plus particulièrement les fonds non axés sur l'ESG. Au cours de l'année, le processus « d'intégration intelligente » sera étendu pour assurer une plus grande intégration des questions ESG dans la plateforme d'investissement plus large de DWS.  

L'ESG, un outil fiduciaire puissant

DWS utilisera son logiciel ESG pour tirer profit des meilleures données de recherche et l'intelligence artificielle afin d'identifier les risques potentiels des portefeuilles — principalement les entreprises présentant des risques élevés de transition climatique et celles qui violent les normes internationales.

L'utilisation de cette analyse permettra à DWS d'agir de manière proactive et d'engager les entreprises les plus exposées au risque, non seulement pour aider les clients à constituer des portefeuilles d'investissement plus responsables, mais aussi pour s'assurer que l'entreprise assume sa responsabilité de contribuer à une économie, une société et un environnement plus durables pour l'avenir.

« Le dialogue avec les entreprises sur leur engagement est l'outil le plus puissant dont nous disposons en tant que gestionnaire d'actifs pour avoir un impact positif sur les pratiques ESG. Je suis fier qu'avec l'introduction de « Smart Integration » DWS ait créé sa taxonomie globale propre pour exercer son influence », déclare Asoka Woehrmann, directeur général de DWS.

Vers une approche plus sophistiquée

L'approche de « Smart Integration » est ambitieuse, avec des normes de durabilité plus élevées dans la gestion des investissements ainsi que dans les entreprises dans lesquelles DWS investit, marquant un progrès significatif par rapport à l'approche descendante des exclusions sectorielles. En pratique, les analystes et les gestionnaires de portefeuille de DWS appliqueront « l’intégration intelligente » via un processus axé sur une recherche solide, une expertise professionnelle et un engagement fort :

  • Utilisation du moteur ESG pour identifier et analyser objectivement les émetteurs dans tous les secteurs présentant des risques élevés pour la transition climatique et/ou violant les normes internationales de durabilité ;
  • Classement des entreprises identifiées en fonction de leur exposition aux risques les plus élevés, au lieu d'exclure des secteurs entiers ;
  • Intégration de cette analyse des risques dans les décisions d'investissement conseillées par des experts internes ;
  • Engagement auprès des entreprises à haut risque, notamment grâce à un dialogue régulier avec la direction générale pour proposer des pistes d'amélioration ;
  • Exclusion des entreprises de l'univers d'investissement de DWS en dernier recours.

Cette « intégration intelligente » sera mise en œuvre pour les FCP gérés dans le cadre de stratégies d'investissement liquides domiciliés dans la région EMEA. Eviter les entreprises présentant un risque excessif pour la transition climatique pourra également jouer sur la décarbonisation des portefeuilles actifs de DWS. De quoi assurer de meilleurs rendements, ajustés aux risques pour les investisseurs. Les entreprises qui ne prennent pas en compte les critères ESG ont plus de chances de s’exposer à des risques financiers ou des risques réputationnels.

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Gestion obligataire : Invesco publie sa troisième étude mondiale

Invesco — société mondiale de gestion d’actifs, basée à Atlanta — a publié le 18 mai dernier les résultats (en anglais) de sa troisième étude annuelle mondiale sur la gestion obligataire. L'étude a été menée auprès auprès de 159 CIO et détenteurs d'actifs obligataires en Amérique du Nord, dans la région EMEA et dans la région Asie-Pacifique (APAC).

Leurs encours combinés s'élèvent à 20 000 milliards de dollars au 31 décembre 2019. Les répondants exerçaient au sein de fonds de pension, de fonds souverains, de sociétés d’assurance, de banques privées, de sociétés de gestion de fonds diversifiés, de multi-gestionnaires et de concepteurs de modèles.

Dette émergente

L'étude constate une nouvelle année d'intérêt croissant pour la dette émergente (EMD). Un momentum solide, des rendements relativement attractifs et une diversification renforcée ont conduit les investisseurs à augmenter leur exposition au secteur. 72 % des investisseurs ont désormais une allocation en dette émergente contre 49 % dans l'étude de 2018, soit une augmentation de 47 %.

Cette augmentation a été menée par les investisseurs des régions EMEA et APAC : 80 % et 89 % d’entre eux ayant respectivement une allocation en EMD, contre seulement 51 % en Amérique du Nord. De plus, parmi les investisseurs ayant investi en EMD, l'allocation moyenne est beaucoup plus élevée en Asie-Pacifique (APAC) (7,2 %) et dans la région Europe, Moyen-Orient et Afrique (EMEA) (6,5 %) qu'en Amérique du Nord (3,6 %).

Compenser de faibles rendements

La spécialisation est aussi en hausse, notamment chez les investisseurs attirés par les rendements. Il privilégient des allocations ajustées à chaque pays (63 %). 42 % des investisseurs gérant une allocation EMD sont intéressés par la Chine, pour ses avantages en matière de diversification et de moindre obstacles à l'investissement : 62 % des investisseurs estiment que l'accès est moins difficile qu'il y a deux ans.

Les perspectives de rendements relativement élevés sur la dette émergente sont perçues comme particulièrement attrayantes par les assureurs. Les assureurs sont plus susceptibles d'investir sur les marchés obligataires émergents (71 % y sont exposés). C'est le rendement plutôt que la diversification qui les y attirent  (71 % se disent principalement motivés par le rendement, contre 59 % en moyenne).

Comment éviter les risques

Pour de nombreuses compagnies d'assurance devant faire face à des objectifs de rendements et un cadre réglementaire exigeant sur la solvabilité, la dette émergente en devises fortes s'est avérée un choix prisé. La faiblesse des rendements a poussé les assureurs à réviser leur spectre des risques acceptables pour faire face à leurs engagements futurs.

Autre défi, la règlementation Solvency II incite les assureurs à détenir des actifs plus liquides et moins risqués pour bénéficier de charges de capital moindres. Les deux tiers des assureurs s'inquiètent donc de leur capacité à générer les rendements prévus sans augmenter de façon significative le risque d'investissement. 37 % d'entre eux affirment rencontrer des difficultés à se conformer aux exigences réglementaires en fonds propres.

Pour les assureurs, les prêts bancaires et les prêts directs offrent une opportunité de générer des rendements supplémentaires à long terme grâce à une prime d'illiquidité, tout en exerçant un contrôle et en restant dans les limites de solvabilité. Pour les assureurs peu enclins à prendre des risques, la dette immobilière s'est avérée un moyen intéressant d'augmenter les rendements sans prendre trop de risques supplémentaires, grâce à la relative facilité de recouvrement.

L'ESG consolide sa présence

Les investisseurs obligataires ont fortement amplifié leur intégration des critères ESG : 80 % des investisseurs de la région EMEA et 69 % de ceux de la région APAC prennent ainsi en compte les facteurs ESG dans leurs portefeuilles obligataires, contre respectivement 51 % et 38 % en 2018.

Au sein de ces portefeuilles, les investisseurs de la zone EMEA ont la plus forte proportion d'investissements ESG, avec 34 % contre 22 % en Amérique du Nord et 19 % pour la région APAC. Les investisseurs nord-américains ont été les moins enthousiastes à l'égard des critères ESG, avec seulement 56 % d'entre eux les intégrant dans leurs portefeuilles.

Intégration ESG et rendements

L'époque où les investisseurs considéraient l'adoption des principes ESG comme un obstacle à la performance des investissements est révolue. Seuls 3 % des personnes interrogées dans le cadre de notre enquête sont encore de cet avis, alors que la moitié considèrent l'évaluation des risques ESG des émetteurs comme un outil important pour améliorer leurs rendements. 

Les émetteurs qui ne tiennent pas compte des préoccupations environnementales et de gouvernance risquent des coûts d'emprunt et de refinancement plus élevés. 54% des répondants pensent que l'analyse ESG peut libérer de la valeur cachée dans l’obligataire. 50 % des investisseurs soulignent l'amélioration du rendement comme un facteur clé en faveur de l'intégration de l'ESG dans leurs portefeuilles obligataires. Les investisseurs de la région EMEA sont les plus positifs.

52 % déclarent que l'intégration des critères ESG dans leurs portefeuilles obligataires contribue aux rendements. Seuls 2 % y voient un inconvénient. Les investisseurs de la région EMEA sont aussi les plus optimistes sur l'avenir des normes ESG, 34 % d'entre eux estimant que ces considérations auront une « influence beaucoup plus importante » dans trois ans. Seuls 15 % d’entre eux estimant que les questions ESG n’auront pas plus de poids dans trois ans qu'elles n’en ont actuellement, soit la proportion la plus faible.

Paradoxe de la liquidité

A la fin du dernier cycle haussier, les propriétaires d'actifs ont étendu leurs allocations aux catégories d'actifs non liquides. Pourtant, 51% d’entre eux ont exprimé des inquiétudes concernant la liquidité du marché obligataire, incertains de la façon dont les marchés obligataires se comporteraient pendant des périodes plus difficiles, par exemple l'introduction de réglementations telles que la loi Dodd-Frank ou le retrait des teneurs de marché traditionnels qui a suivi la crise financière mondiale.

Ces préoccupations sur la liquidité ont entrainé un intérêt accru pour les stratégies qui peuvent contribuer à améliorer la liquidité et à réduire le risque, telles que la négociation de blocs directement entre clients via les ETF (utilisés par 59 % des investisseurs), la négociation de portefeuilles de crédit (utilisée par 30 % d’entre eux) et une plus large adoption de stratégies à échéance fixe (56 %).

Turbulences de marchés

Les investisseurs obligataires faisaient preuve d’une aversion croissante pour le risque avant même la crise du Covid-19 qui s’est déclarée au premier trimestre 2020. Près de la moitié (43 %) des répondants pensaient au moment de l’enquête que la fin du cycle haussier adviendrait dans un an ou moins, le consensus étant en faveur d'un atterrissage en douceur. 23 % identifiaient alors une bulle sur le marché obligataire, tandis que 29 % seulement craignaient un effondrement majeur des prix des obligations.

Les politiques des banques centrales ont conduit à des rendements faibles voire négatifs, poussant certains investisseurs à prendre des risques supplémentaires pour soutenir les rendements et atteindre leurs objectifs. L’étude montre un marché en proie à la peur : la peur de perdre, mais aussi la peur de louper des opportunités. Malgré un certain regain d’appétit pour le risque en fin de cycle, la confluence des préoccupations concernant la fin du cycle et les craintes de guerre commerciale s’est traduite par des portefeuilles relativement bien protégés contre le choc pandémique actuel.  

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Climat et Finance durable : quels objectifs pour la Commission AMF ?

L’Autorité des Marchés Financiers (AMF) publie ce mardi 23 juillet le mandat et le fonctionnement de sa Commission Climat et Finance Durable. Cette structure — présidée par Thierry Philipponnat, membre du Collège de l’AMF — a été créée le 2 juillet dernier, dans le cadre d’une communication collective des autorités et de la Place. Elle doit aider le régulateur sur les thématiques liées à la finance durable et contribuer aux travaux réalisés avec l’Autorité de contrôle prudentiel (ACPR) pour le suivi et l’évaluation des engagements pris par les acteurs financiers sur le climat.

Développer la finance durable

L’AMF a fait de la finance durable un axe majeur de son plan stratégique #Supervision 2022. Le régulateur souhaite faire évoluer les pratiques, accroître la transparence et faciliter la prise en compte des enjeux de durabilité et la mobilisation des capitaux au profit d’une économie durable. L’AMF va renforcer l’accompagnement des acteurs et de l’innovation, en vue des évolutions réglementaires prévues par le Plan d’action de la Commission européenne pour la finance durable, et la supervision.

Outre la contribution aux travaux sur le suivi et l’évaluation des engagements, la Commission sera aussi chargée de fournir une expertise technique et d’offrir un forum d’échanges et de travail en faveur du développement de la finance durable. Elle rassemblera des membres sélectionnés pour leur expertise en matière de risque climatique et de finance durable, représentant différents segments du marché et de la société civile. La composition de la Commission sera annoncée en septembre prochain, au moment du lancement de ses travaux.

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UE : Ursula Von der Leyen promet la neutralité carbone pour 2050

Cette semaine, la candidate franco-allemande Ursula Von der Leyen a été élue de peu présidente de la Commission européenne. Quelle politique économique va-t-elle mettre en œuvre ? Quel avenir pour la finance verte et l'économie bas-carbone ?
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