Aviva Investors Climate Transition European Equities : Françoise Cespedes nous présente le fonds

Responsabilité sociale - Françoise Cespedes, gérante chez Aviva Investors France, nous présente son nouveau fonds Actions thématique. « Aviva Investors Climate Transition European Equities Fund » accompagne les entreprises dans la transition énergétique.

« Le réchauffement climatique est une réalité » Quelques mots suffisent à Françoise Cespedes, gérante d’Aviva Investors Climate Transition European Equities Fund, pour planter le décor. « Il met en péril la vie sur terre bien sûr, mais également les grands équilibres de l’économie mondiales », ajoute-elle. Pour lutter contre le phénomène, Aviva Investors France crée un nouveau fonds thématique en faveur de la transition vers une économie bas carbone. Dès son lancement en juillet 2019, ce véhicule a reçu un investissement initial de 100 millions d’euros de la part de la société de gestion. Deux objectifs s’imposent à l’investisseur privé : accompagner les entreprises vers la transition énergétique et protéger ses clients contre le risque climatique, qui pourrait dégrader la valeur de leurs actifs.

Des investissements décarbonés

Le fonds investit « en action européennes, sans biais de style et avec des convictions marquées », résume François Cespedes. Il n’est pas contraint par un indicateur de référence. La gérante travaille en binôme avec Rick Stathers — analyste ESG senior et spécialiste du changement climatique — qui développe la méthodologie à partir de laquelle se définit l’univers d’investissement du fonds. « Je sélectionne entre 50 et 70 valeurs », nous précise François Cespedes. Le fonds se concentre sur deux types de sociétés. Tout d’abord, celles qui tirent une part importante de leur chiffre d’affaires (CA) des biens et des services destinés à limiter les effets du changement climatique. Ensuite, les entreprises dont le modèle économique s’accorde avec un environnement plus chaud et des contraintes bas carbone.

Le fonds inclut donc deux poches : solutions et transitions. Dans le premier cas, le fonds s’intéresse aux entreprises dont les biens et services « permettent de réduire les émissions de CO2 ». Ce sera le cas par exemple pour un fabricant d’ampoules LED, dont les produits consomment beaucoup moins d’énergie que les ampoules classiques, et contribuent donc à réduire l’empreinte carbone de ses clients. « Nous avons notamment investi dans une société qui propose des solutions d’aménagement des territoires, comme les constructions de digues », indique François Cespedes. D’après le dernier rapport « New Climate Economy » de la Commission mondiale sur l’économie et le climat, une croissance verte pourrait rapporter 26 000 milliards de dollars à l’économie mondiale d’ici 2030. 

Quels critères de gestion ESG ?

La poche transitions du fonds fonctionne grâce à « un modèle propriétaire qui permet d’écarter les sociétés les plus exposées au risque climatique, pour ne garder que les acteurs les plus engagés dans la transition », détaille la gérante. Dans ce cadre, le fonds exclut les valeurs exposées aux secteurs à forte intensité carbone : le charbon, le gaz et le pétrole. Aviva Investors France écarte notamment les hydrocarbures non conventionnels — pétrole et/ou gaz de schiste, entre autres — et ceux extraits de l’Arctique, compte tenu de leur impact particulièrement délétère sur l’environnement. Question de cohérence, le fonds écarte également d’office l’électricité produite dans des centrales thermiques à charbon. L’investisseur cherche à instaurer « une gestion positive des risques climatiques ».

Dans le monde de demain, tous les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) que s’impose Aviva Investors France constituent des leviers de croissance et de rendement. Ces efforts ont une raison d’être très pragmatique. A travers son « approche pionnière », le fonds vise à générer une performance solide pour les investisseurs. Pour ce faire, il intègre dans sa démarche d’investissement les idées et analyses des 18 membres de l’équipe Global Responsible Investment, ainsi que d’une quarantaine de professionnels de l’investissement dédié aux actions. Les catastrophes naturelles liées aux aléas climatiques ont engendré des coûts d’un montant de 320 milliards de dollars, rien qu’en 2017. « Il est urgent d’agir », insiste François Cespedes.

Mathilde Hodouin - Le Courrier Financier

Rédactrice en chef

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