L’assurance vie démarre l’année du bon pied

Patrimoine - L'assurance vie reste le produit d'épargne préféré des Français en ce début d'année. La collecte brute progresse tandis que la part en unités de compte recule. Quelles perspectives se dessinent en 2019 ? Philippe Crevel, Président du Cercle de L'Epargne, passe au crible ce début d'année.

Après la contre-performance du mois de décembre dernier —  décollecte de 600 millions d’euros — l’assurance vie reprend des couleurs en janvier, avec une collecte nette positive de 2,3 milliards d’euros.

Le premier mois de l’année est traditionnellement porteur pour l’assurance vie. En dix ans, une seule décollecte a été enregistrée en 2012, l’année « horribilis » du premier produit d’épargne français.

Retour aux fondamentaux 

La collecte brute de janvier a atteint 12,8 milliards d’euros. En hausse par rapport à celle décembre — 10,5 milliards d’euros — elle reste néanmoins en retrait par rapport à celle du mois de janvier 2018, qui atteint 13,4 milliards d’euros. Les rachats sont en phase avec la tendance observée ces derniers mois et s’établissent à 10,5 milliards d’euros, après 11,1 milliards d’euros le mois précédent et 11 milliards d’euros au mois de janvier 2018.

Malgré la hausse du marché actions en janvier, la part des unités de compte (UC) est en recul. Les UC représentent que 23 % de la collecte brute contre 25 % en décembre dernier et 28 % sur l’ensemble de l’année 2018. Cette baisse est liée à la forte correction des marchés « actions » lors du quatrième trimestre 2018. Les ménages surréagissent avec un effet retard.

Crise des « gilets jaunes », immobilier et rendement

En janvier, avec l’atténuation de la crise des « gilets jaunes », les ménages ont plus facilement accédé à leurs agences d’assurance ou bancaires afin de réaliser leurs arbitrages. Le contexte moins anxiogène incite les ménages à s’engager financièrement à long terme.

La rareté de l’offre sur le marché immobilier conduit les épargnants à rester investis en assurance vie. La perte d’attractivité de l’épargne logement — du fait de sa fiscalisation intervenue en 2018 — joue positivement pour l’assurance vie. 

L’assurance vie ne pâtit pas de la baisse de rendement réel. Les ménages choisissent toujours ce placement qui concilie sécurité, liquidité et diversité. Par ailleurs, le rendement des fonds euros reste supérieur à celui des autres produits de taux.

2019 sur les traces de 2018

L’assurance vie devrait poursuivre sa progression au cours de l’année 2019. L’introduction probable d’une clause de transférabilité des contrats au sein d’une même compagnie — amendement à la loi PACTE — ne devrait pas changer en profondeur le marché.

Les ménages français devraient maintenir un effort d’épargne conséquent en 2019, compte tenu de l’environnement économique et social qui demeure incertain.

Philippe Crevel

Directeur du Cercle de l'Épargne

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