Avril 2021 : l’assurance vie retrouve son rythme de croisière

Patrimoine - Malgré le troisième confinement, l'assurance vie retrouve en avril 2021 son rythme d'avant la crise sanitaire. Quelles perspectives pour les produits d'épargne à long terme ? Grâce aux unités de compte (UC), l'assurance vie va-t-elle s'affirmer face au plan épargne retraite (PER) ? Philippe Crevel, Président du Cercle de l'Epargne, partage son analyse.

En avril 2020, au cœur du premier confinement, l’assurance vie avait connu une décollecte record de 2,3  milliards d’euros. Le troisième confinement n’a pas du tout eu les mêmes effets. Pour le quatrième mois consécutif, en avril, la collecte est positive de 1,6 milliard d’euros, selon la Fédération Français de l’Assurance (FFA). Depuis le début de l’année, la collecte nette atteint 6,4 milliards d’euros.

L’évolution des unités de compte

Le mois d’avril réussit, en règle générale, plutôt bien à l’assurance vie. Deux décollectes ont été enregistrées en dix ans, à chaque fois, dans un contexte très particulier, en 2012 lors de la crise des dettes souveraines et donc en 2020 lors de la première vague de Covid-19. La moyenne de la collecte nette tourne autour de 2 milliards d’euros. Le résultat de l’année 2021 témoigne d’un retour à la normale.

Les cotisations du mois d’avril 2021 se sont élevées à 13,1 milliards d’euros dont 2,9 milliards d’euros au titre des unités de compte (UC). La proportion d’UC diminue malgré la bonne tenue de la bourse. En revanche, sur quatre mois, la collecte nette d’UC est à son plus haut niveau depuis 14 ans. Le montant des prestations retrouve un rythme de croisière avec un total de 11,5 milliards d’euros. Fin avril 2021, les encours des contrats d’assurance vie atteignent 1 818 milliards d’euros, en progression de +4,5 % sur un an.

Retour au rythme de croisière ?

L’assurance vie a retrouvé, malgré le troisième confinement, son rythme de croissance d’avant crise sanitaire. Il n’y a pas de rebond, les ménages n’ayant pas encore décidé de replacer l’épargne subie et de précaution constituée depuis le mois de mars 2020. L’amélioration de la situation sur le plan sanitaire et l’espoir d’une forte croissance économique permettent néanmoins de reprendre le chemin de l’épargne longue.

Dans un premier temps, les ménages seront tentés de se faire plaisir en augmentant leurs dépenses de consommation. Les produits d’épargne à long terme comme l’assurance vie devraient connaître un dynamisme plus prononcé durant le second semestre. L’assurance vie doit, par ailleurs, faire face à l’essor du Plan d’Épargne Retraite (PER) qui, à la marge, réduit le montant des collectes.

Philippe Crevel

Directeur du Cercle de l'Épargne

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