François-Xavier Combe – Easyblue : le bitcoin, « un actif de diversification à long terme » pour les épargnants

Patrimoine - Les Français ont beaucoup épargné pendant la crise sanitaire. Entre le bitcoin, l'assurance vie ou l'immobilier, quelles sont les meilleures options pour investir ? Comment l'épargne Covid peut-elle financer la relance ? François-Xavier Combe, Fondateur de Easyblue, répond en exclusivité au Courrier Financier.

La crise sanitaire a provoqué une envolée de l’épargne des ménages. D’après une récente note de conjoncture de la Banque de France, le surplus d’épargne financière des Français pourrait atteindre « un pic autour de 165 milliards d’euros fin 2021 — après 110 milliards d’euros fin 2020 ». Quels placements les Français adoptent-ils pour optimiser leur épargne ? Doivent-ils opter pour des stratégies alternatives comme le bitcoin ? François-Xavier Combe — Fondateur de la startup Easyblue, spécialisée dans le courtage en assurance — passe au crible « l’épargne Covid » des Français. Il répond en exclusivité aux questions du Courrier Financier :

C.F. : Les Français pourraient avoir épargné 200 milliards d’euros d’ici fin 2021. Pourquoi une telle hausse ?

François-Xavier Combe - Easyblue : bitcoin, « un actif de diversification à long terme » pour les épargnants
François-Xavier Combe

François-Xavier Combe : Les Français comptent d’ordinaire parmi les champions d’Europe de l’épargne. Nous sommes de nature inquiète et nous avons toujours le réflexe de se protéger des coups durs. L’année qui vient de s’écouler a fait monter en flèche le baromètre des incertitudes, et je dirai, presque  proportionnellement le montant épargné.

C.F. : Quel est le portrait-robot des épargnants français en 2021 ? 

F.X.C. : Difficile d’établir un portrait-robot, même si nous savons que cette très forte hausse de l’épargne est portée par 20 % des personnes les plus fortunées à hauteur de 70 % de la collecte, d’après le Conseil d’analyses économiques. Ceux qui ont le plus fort pouvoir d’achat n’ont pas dépensé ce qu’ils dépensent habituellement : loisirs, voyages, achats. Ils ont différé quelques investissements, ce qui explique le transfert vers l’épargne.

C.F. : Entre l’assurance vie et l’immobilier, quel placement résiste le mieux à la crise ?

F.X.C. : Les deux résistent très bien. Nous voyons pour le moment des rendements très hauts sur les unités de comptes (UC) en assurance vie et un immobilier très robuste particulièrement dans des zones en province qui attirent des Parisiens soucieux de trouver un nouveau cadre de vie. Nous constatons l’appel des grands espaces, de la campagne et du vert ! Les régions les plus courtisées sont la Bourgogne, la Bretagne, le grand Ouest mais aussi la Provence-Alpes-Côte d’Azur.

C.F. : Comment « l’épargne Covid » peut-elle être investie dans les entreprises et la relance ?

F.X.C. : C’est une question politique. Il faudra inventer un dispositif à même de « flécher » l’épargne accumulée vers l’économie réelle. Le Gouvernement s’est félicité le 2 mars dernier du succès du label Relance (près de 150 fonds labellisés). De telles initiatives peuvent-elles suffire ? Faut-il s’attendre à l’instauration de dispositifs plus contraignants ?

C’est une question de philosophie ! Je considère qu’il vaut mieux inciter que contraindre, surtout après plusieurs mois de confinements et re-confinements successifs. Ce contexte commence à vraiment user le moral des Français. La création de fonds labellisés est une bonne initiative qui devrait produire des effets positifs.

C.F. : Quelles stratégies alternatives les Français adoptent-ils aujourd’hui pour optimiser leur épargne ?

F.X.C. : Devant la baisse constante des rendements des fonds en euros les épargnants n’ont pas d’autre choix que de se tourner vers des UC. Mais attention, il y en pour tous les goûts, du plus risqué au plus soft. Il faut bien choisir son horizon de placement pour ne pas être obligé de liquider ses unités de comptes au moment d’une baisse ! 

CF : Pourquoi le cours du bitcoin s’est-il envolé en l’espace de deux mois ?

F.X.C. : Il s’avère que le bitcoin est devenu un vrai actif au même titre l’or ou le dollar. Comme toute innovation, il est passé du statut d’exotique à la valeur qu’il faut acheter parce qu’un influenceur mondial comme Elon Musk a acheté pour plus de 1,5 milliard de dollars de bitcoin. Attention à l’effet bulle spéculative !

C.F : Compte tenu de sa volatilité, pouvons-nous réellement parler d’un actif refuge ?

F.X.C. : Non, il s’agit d’un actif de diversification à long terme. Le bitcoin n’est pas d’une valeur refuge aussi stable que de la pierre ou même de l’or, qui sont des actifs tangibles.

Mathilde Hodouin - Le Courrier Financier

Rédactrice en chef

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