LIVRE / Produits structurés, « gagner en bourse avec des risques limités »

Patrimoine - Comment préserver son patrimoine financier face à la baisse des fonds euros ? Quels sont les éléments essentiels à prendre en compte pour analyser un produit structuré ? Quelle stratégie adopter sur des marchés de plus en plus volatils ? Début octobre, Régis Bryman et Jean-François Fliti publient aux éditions Eyrolles le livre « L'art de gagner en bourse avec des risques limités : les produits structurés ». Le Courrier Financier vous propose une fiche de lecture.

Produits structurés égal danger ? C’est pour combattre ce préjugé que Régis Bryman et Jean-François Fliti publient le 3 octobre 2019 aux éditions Eyrolles un ouvrage à quatre mains, qui s’intitule L’art de gagner en bourse avec des risques limités : les produits structurés (25€). Produits financiers complexes, ils allient performance et protection du capital. Bien que des dizaines de milliers d’entreprises et de particuliers les achètent pour placer leur épargne ou leur trésorerie, les produits structurés restent mal connus voire mal compris. Sur quels mécanismes reposent-ils ? Comment en tirer le meilleur parti pour son épargne ? Face aux taux bas et aux incertitudes macroéconomiques, tour d’horizon des qualités de ce placement.

Situation et produits complexes

Ces dernières années, l’environnement macro-économique devient plus difficile à analyser. Par ailleurs, les fonds euros connaissent une forte baisse de rendement. Ces supports ont été « pendant des décennies le moteur de l’épargne financière française », rappellent les auteurs dès le premier chapitre, notamment à travers les contrats d’assurance vie garantis. Ces produits structurés ont d’ailleurs reçu le surnom de placement préféré des Français, connus pour leur réticence vis-à-vis du risque. Dans le même temps, les avancées technologiques ont permis de décloisonner les classes d’actifs pour créer des produits hybrides. Ils reposent « sur la combinaison de multiples outils financiers (options, obligations, actions) ».

Dans les chapitres 2 et 3, les auteurs passent au crible l’évolution du cadre juridique et le poids structurel des produits structurés sur le marché de l’épargne. Depuis les années 2000, les gains se sont dégradés tandis que les frais de gestion et les pertes en capital augmentaient. Face à l’augmentation des litiges, l’AMF et l’ACPR ont durci la règlementation en termes de produits structurés. Résultat pour l’épargnant, « l’objectif de gain est désormais compris entre 6 % et 10 % par an, selon les montages, avec un remboursement du capital si le sous-jacent utilisé est stable ou en légère hausse par rapport au niveau initial quand vous souscrivez ». Depuis janvier 2018, de nouvelles règlementations européennes contraignantes renforcent la tendance.

Mécanismes de fonctionnement

Les chapitres 4 à 7 décortiquent le fonctionnement des produits structurés. Qu’est-ce qu’un sous-jacent (valeur, panier de valeurs, indice) ? Comment protéger le capital ? Quels sont les documents essentiels ? Quel est le prix d’exercice d’un produit structurés ? Après avoir posé les bases, les auteurs analysent les espérances de gain (effet mémoire, gain conditionnel) à travers plusieurs scénarios de marché. Reste à se pencher sur les éléments techniques communs à tous les produits structurés : composante taux, composante optionnelle, composante funding et fonctionnement d’un produit simple. Les auteurs s’intéressent ensuite aux différences essentielles entre les produits disponibles sur le marché.

Après cette dissection en règle, les chapitres 8 et 9 traient des « atouts des produits structurés ». Si les auteurs ne cachent pas leur parti-pris dès le titre du livre, ils s’abstiennent de donner la parole directement à un assureur, un banquier ou CGP qui pourrait avoir intérêt à pousser ses propres produits. Produit de diversification clair et lisible, souplesse et maîtrise de l’utilisation, frais limités et perspectives de gains dans plusieurs scénarios de marché… L’aspect rentabilité permet d’évoquer la fiscalité, mais aussi les intérêts simples et composés, la performance d’un portefeuille ou encore la notion de taux de rendement interne (TRI). L’épargnant devra enfin tenir compte des contraintes (chapitre 10) propres au produits.

Quelle stratégie adopter ?

Le livre s’achève sur un chapitre 11 au titre prometteur, « Les stratégies pour maximiser vos chances de succès ». C’est une synthèse des bonnes pratiques sur le choix des produits, sur le comportement personnel de l’épargnant et sur les réflexes à adopter face aux incertitudes du marché. « Il est essentiel que l’investisseur ait une approche à la fois raisonnée et raisonnable », pointent les deux auteurs. A cette condition, il saura tirer parti des nouvelles contraintes règlementaire et technologiques qui attendent ces produits… Avec la blockchain, par exemple ? « Mais c’est déjà une autre histoire », concluent Régis Bryman et Jean-François Fliti avant de refermer le livre.

Mathilde Hodouin - Le Courrier Financier

Rédactrice en chef

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