La Maison de l’Epargne : un voyage aux origines de la finance

Patrimoine - À la croisée des chemins entre le musée pittoresque et pédagogique, le cabinet de curiosité, le cinéma d’antan et le lieu de convivialité, la Maison de l’Epargne offre une excursion exceptionnelle dans le monde de l’épargne et de la fiscalité, pour comprendre les rapports entre les émetteurs et les souscripteurs, du 19ème siècle à nos jours.

C’est au coeur du quartier latin, dans un ancien cabaret transformé en cinéma au 20ème siècle, que Gérard Auffray a fondé la Maison de l’Epargne. Passionné de finance et infatigable collectionneur, ce spécialiste de la “pierre-papier” a rassemblé, des dizaines d’années durant, un trésor tout particulier : des affiches historiques de douze pays différents, faisant la promotion de l’épargne ou de l’investissement.

Des grands emprunts nationaux d’avant-guerre aux souscriptions de l’époque Napoléonienne, la Maison de l’Epargne révèle un voyage inégalé, notamment dans l’histoire de la finance hexagonale. Et si vous avez la chance de croiser le fondateur des lieux le jour de votre visite, en plus de déambuler dans un musée tout à fait unique, vous pourrez vous délecter des récits enflammés et des anecdotes servies par cet aficionado. Si la collection privée comporte plus de 1000 pièces, visibles sur trois panneaux vidéos, une cinquantaine d’affiches encadrées sont exposées sur les murs de la galerie de la rue Cujas.

À découvrir à la Maison de l’Epargne : l’avant-garde des fintechs

Cet ensemble pittoresque recèle bien d’autres surprises et secrets. Avant d’être collectionneur, Gérard Auffray avait pour ambition de démocratiser l’investissement. Brillant touche-à-tout, il se lance dès la fin des années 1960 dans l’invention d’outils permettant d’aider à la prise de décision financière. Conscient que la finance et la gestion patrimoniale offrent un abord bien complexe aux personnes non-aguerries, et qu’il faut maîtriser le jargon pour se frayer un chemin dans le dédale des produits de placement, il met au point, entre autres, le Sélecteur d’Epargne.

Gigantesque robot mécanique aux allures de machine de science-fiction des années 1970, cet outil permettait, bien avant Priips et SRRI, de définir le profil de risque des épargnants et leurs objectifs d’investisseurs, afin d’établir une stratégie de placement adéquate.

À la fin de ce parcours aux origines de la finance moderne, les visiteurs pourront se désaltérer au bar de la Maison de l’Epargne, judicieusement nommé “le Money-Bar” ou casser la croûte au restaurant “La Cagnotte”. Ils sauront également se divertir à la boutique “La Tirelire”, en découvrant notamment le jeu de société créé par Gérard Auffray, Les 7 péchés du capital, qui a donné lieu à un film (projetable dans la salle de conférence du lieu, équipée de 73 places et d’un grand écran de cinéma).

Les cahiers de l’épargne

Si les temps de l’invention sont derrière lui, Gérard Auffray reste un ardent amateur de l’histoire du patrimoine et fervent observateur de l’univers fiscal. Quatre fois par an, il édite les Cahiers de Maison de l’Epargne. Tels de brefs bulletins illustrés, ils mettent en lumière, chaque trimestre, une affiche de l’exposition, une intrigue financière historique et quelques observations sur les mouvements et produits contemporains. Recueils à la fois ludiques et instructifs, ces précieux fascicules sont gratuits mais permettent de justifier du statut de la Maison de l’Epargne et ainsi de sauvegarder ce lieu d’exception. Pour recevoir les Cahiers de la Maison de l’Epargne à titre gracieux, il suffit de s’inscrire en suivant ce lien : http://www.maisondelepargne.fr/les-cahiers-de-lepargne/.

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Roxane Nojac

Rédactrice en chef - Le Courrier Financier

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