Epargne salariale : un outil de motivation des équipes au sein de l’entreprise

Patrimoine - La motivation des collaborateurs constitue un élément-clé de la réussite d'une entreprise. Quelles stratégies les chefs d'entreprise peuvent-ils adopter ? Comment motiver et retenir les salariés ? Le Courrier Financier était présent cette semaine à Marseille pour la Conférence de l'Entreprise (LCE) organisée par l'ANACOFI.

« Motivés, motivés… Il faut rester motivés ! » Ce refrain de la célèbre chanson du groupe Zebda date de 2003. Quel chef d’entreprise ne rêverait pas de l’entendre dans la bouche de ses salariés ? Reste à trouver la bonne formule. Pour les aider à s’y retrouver, l’Association nationale des conseils financiers (ANACOFI) organisait ce jeudi 28 novembre à Marseille la 16e édition des Conférences de l’entreprise (LCE). Le Courrier Financier était présent à l’événement — organisé dans les locaux de l’EMD Business School — afin d’animer la table-ronde « Des outils (méconnus ?) pour motiver nos équipes ». Dans cette perspective, la reconnaissance est une condition nécessaire mais pas suffisante.

S’accorder sur l’épargne salariale

Parler d’épargne salariale dans un pays à faible éducation financière reste une gageure. « Il paraît que dans les entreprises modernes, on ne parle plus d’argent. Je ne suis pas d’accord », déclare David Charlet, Président de l’ANACOFI. Devant lui, un parterre d’environ 75 personnes écoute avec attention. En France, les dirigeants n’ont que l’embarras du choix quand ils cherchent un levier économique pour motiver leurs équipes. Primes et intéressement, participation, actionnariat salarié, avantages défiscalisés… « Ce qui importe, c’est de trouver un accord avec tous vos salariés », prévient Colette Weizman, Expert-comptable et Commissaire aux comptes chez A3A Experts.

L’intéressement prend la forme d’une prime proportionnelle aux résultats de l’entreprise. Cet avantage — facultatif et déductible du bénéfice imposable — n’impose aucune charge sociale. Un accord d’entreprise fixe les modalités et les critères de répartition. C’est une alternative à la participation, qui n’est obligatoire que pour les PME de plus de 50 salariés. Basée sur les bénéfices de l’entreprise, la participation donne lieu à une déduction d’impôt. Un accord d’entreprise précise sa durée, ses règles de calcul, son affectation et sa gestion. Dans ces deux cas, les sommes peuvent être versées sur un Plan d’Epargne Entreprise (PEE) ou sur un plan d’épargne pour la retraite collectif (Perco).

L’arrivée du nouveau PER

En France, les dirigeants des PME ont du mal à ouvrir leur capital à leurs salariés. D’après une enquête d’Eres publiée en septembre dernier, seules 4 % des PME françaises ont opté pour cette solution. Il s’agit pourtant d’un outil discrétionnaire — choix de la catégorie de salariés à qui ouvrir le capital — pour distribuer des actions gratuites. Les salariés peuvent aussi verser les sommes issues de leur intéressement ou de leur participation dans un fonds dédié, investi en titres de l’entreprise. Ces options d’épargne salariale ne doivent pas faire oublier les « petits plus déductibles » qui jouent fortement sur le moral des équipes : chèques cadeaux, chèques vacances ou encore CESU préfinancé.

L’impossibilité pour les salariés d’accéder au capital de leur entreprise freine le développement économique. Dans le cadre de la loi PACTE, le gouvernement a souhaité redirigé l’épargne salariale vers le financement de l’économie réelle. Le nouveau Plan d’Epargne Retraite (PER) lancé le 1er octobre dernier est ainsi « appelé à prendre une place importante dans l’allocation d’actifs », précise Bertrand Merveille, Directeur Général Délégué de La Financière de l’Echiquier (LFDE). Le PER entre tout à fait dans le cadre d’une politique d’attractivité, pour motiver et conserver ses collaborateurs. Reste à choisir entre une enveloppe assurantielle — proche de l’assurance vie — et une enveloppe bancaire.

Plus de visibilité en 2020

Actuellement, les PER en assurances sont les plus nombreux sur le marché. Les chefs d’entreprises pourraient être tentés de se diriger vers « des produits très aseptisés, très retail », regrette Bertrand Merveille. Ce ne sont pourtant pas ceux qui offrent les meilleures performances, assure-t-il. Les produits financiers référencés en PER devraient arriver dans le courant de l’année 2020. « Dans leur variété, ils présentent un vrai intérêt pour la gestion pilotée. Chez LFDE, nous croyons à une approche de gestion active », explique Bertrand Merveille. Ce contexte d’évolution de l’épargne salariale rappelle donc l’importance du rôle de conseil, que ce soit pour un PER individuel ou comme ici pour un PER d’entreprise.

Mathilde Hodouin - Le Courrier Financier

Rédactrice en chef

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