LA FINANCIÈRE DE L’ECHIQUIER

Créée en 1991, La Financière de l’Echiquier est une des principales sociétés de gestion de portefeuille indépendantes en France. La Financière de l’Echiquier gère une gamme restreinte de fonds communs de placements investis sur les principaux marchés d’actions, d’obligations d’entreprises et d’obligations convertibles, pour le compte d’investisseurs privés et institutionnels. La méthode de gestion de La Financière de l’Echiquier est fondée sur la connaissance approfondie des entreprises qui lui permet de s’affranchir des humeurs des marchés financiers.

Des valeurs à partager

« Nos valeurs sont – la simplicité dans l’expression, dans le jargon et dans l’accessibilité de ce que l’on fait – et la créativité, qui reste la clé de l’entrepreneuriat » Didier Le Menestrel – Président Fondateur

 

La Financière de l’Echiquier s’engage à partager ces valeurs avec ceux qui leur font confiance. Ce que vous pouvez concrètement attendre de nous :

LE PARTAGE DE LA VALEUR AJOUTÉE

C’est sur l’attention portée à la « valeur des choses » que nos gérants bâtissent la performance de leurs fonds depuis 25 ans. Ils créent ainsi la valeur ajoutée que nous partageons année après année.

LE PARTAGE DES INTÉRÊTS

La Financière de l’Echiquier est une structure entrepreneuriale, détenue à 100% par ses fondateurs et ses salariés. Il en découle un fort alignement d’intérêts entre les clients et les collaborateurs, qui sont tous responsables.

LE PARTAGE DU SAVOIR FAIRE

La communication régulière et détaillée de l’information est assurée en toute transparence. Par ailleurs, plus de quatre-vingt événements annuels sont autant d’occasions de partager de manière pédagogique avec nos partenaires et clients privés les expertises développées en interne.

LE PARTAGE AVEC NOTRE COMMUNAUTÉ

Entreprise responsable dont l’action s’inscrit au cœur de la cité, La Financière de l’Echiquier s’implique dans l’économie sociale et solidaire.La Fondation Financière de l’Echiquier est soutenue par deux dispositifs innovants : le partage des frais de gestion de deux fonds, et le partage du temps de travail des collaborateurs.

 

 

 

Les dernières infos de LA FINANCIÈRE DE L’ECHIQUIER

700 millions d’algorithmes et moi, et moi, et moi

Par Rolando Grandi, Gérant d’Echiquier Artificial Intelligence

Aujourd’hui, 30% des ventes sur le site d’AMAZON sont générées par les algorithmes de recommandation qui
proposent des produits susceptibles de convenir à vos besoins… ou d’en créer de nouveaux. Du côté de la
concurrence, le changement d’algorithme de recommandation du géant ALIBABA a permis d’accélérer
significativement la croissance des ventes sur la plateforme numéro 1 du e-commerce en Chine.
D’un bout à l’autre de la planète, la règle est la même : grâce à la puissance de l’Intelligence Artificielle (IA), les
données que les utilisateurs génèrent sur ces plateformes nourrissent de puissants algorithmes, leur permettant de
mieux vous connaître afin de vous proposer des produits susceptibles de déclencher l’envie de les acheter.
Forte des données dont AMAZON dispose grâce aux 2,65 milliards de visites mensuelles sur son site web1

, la société
s’aventure… sur les terres du commerce physique. Un secteur que le géant américain avait significativement
bouleversé, provoquant des baisses de cours de Bourse des entreprises de commerce traditionnel. L’avantage
d’AMAZON ? Son IA anticipe nos besoins et nos désirs. Un tour à l’Amazon 4-stars store ou à l’Amazon book store de
New York suffit pour s’en convaincre. Ces magasins d’un genre nouveau sont spectaculaires par leur capacité à
disposer d’un nombre réduit d’articles, et par leurs ventes, bien supérieures à celles de la concurrence, grâce aux
algorithmes d’IA qui permettent de s’ajuster aux goûts des New Yorkais. L’Amazon 4-stars store ne propose que des
produits bénéficiant des meilleures notes de clients d’Amazon.com (4 ou 5 étoiles au minimum), quand la librairie
Amazon book propose une sélection très pointue permettant d’optimiser les ventes.
Des miroirs de nous-mêmes
Avec l’explosion des données et la capacité des entreprises à les capter via Internet, la prolifération des smartphones
et la myriade d’applications disponibles, les algorithmes d’IA sont devenus des miroirs de nous-mêmes. NETFLIX me
comprend et sait ce que j’ai envie de regarder… Je n’ai plus besoin de chercher un programme, NETFLIX le fait à ma
place…
Serait-ce la fin du libre arbitre ? La supériorité de l’algorithme va-t-elle annihiler la capacité de l’être humain à faire
des choix ? Est-il rationnel d’obéir à la machine ? De faire une confiance aveugle sur la route des vacances à WAZE
par exemple ? Pour certains, seul un fou contredirait cet algorithme agissant tel un super cerveau capable de
collecter en temps réel les milliards de données fournies par les utilisateurs de la plateforme.
Une chose est certaine, l’IA va nous permettre de passer d’une économie de masse à l’économie de l’individu, grâce
aux données que nous générons et grâce aux progrès constants de la vitesse de calcul. Pour certains, l’IA
personnalisera les expériences marquantes de la vie des humains. Le taxi autonome dans lequel vous embarquerez
vous reconnaîtra et jouera votre playlist SPOTIFY préférée. Faire du shopping en ligne deviendra un jeu d’enfant
grâce aux algorithmes qui sélectionneront des objets appropriés à vos envies. Tout le monde aura droit à son
personal shopper ! Et lorsque viendra l’heure de partir en voyage, l’IA vous proposera des destinations en fonction
de vos voyages passés, de vos recherches sur Internet, de livres achetés ou de photos likées sur Instagram. L’IA
concevra aussi un itinéraire adapté à vos habitudes, aventure, musées ou night life, et deviendra votre agence de
voyages préférée… Une bien singulière révolution que celle de l’IA, qui métamorphosera, qu’on le veuille ou non,
nos vies !

 


La Bourse et les licornes

LFDE

Dans sa Brève histoire de l’euphorie financière, parue en 1990, John Kenneth Galbraith démontre que génération après génération, les hommes n’ont que peu de limites à la créativité financière quand il s’agit de s’enrichir. Le professeur de Harvard nous rappelle aussi que l’enrichissement rapide lié à une bulle d’actifs, des tulipes au Bitcoin, a toujours pour conséquence d’altérer le jugement de ceux qui en profitent. Génération après génération, nous ne tirons pas profit des erreurs du passé. Une analyse toujours d’actualité qui devrait faire réfléchir près de 20 ans après la bulle TMT.

La lune de miel entre les investisseurs et les licornes serait consommée, si l’on en croit The Economist dans son édition d’avril 2019. La seule Silicon Valley compte aujourd’hui quelque 90 licornes, ces startups privées valorisées plus d’un milliard de dollars. La Chine en compte probablement autant et l’Europe quelques-unes. Pendant des années, ces sociétés ont levé des capitaux auprès de fonds de capital-risque avec des valorisations toujours plus élevées, dans l’idée qu’elles répliqueraient les succès d’ALIBABA, FACEBOOK ou GOOGLE. Certaines ont pu profiter de la complaisance des marchés pour s’introduire en Bourse. D’autres, comme AIRBNB, le projettent encore, mais il semble que ce processus, pourtant bien huilé, ait finalement déraillé en raison d’un gros grain de sable : les valorisations retenues pour les dernières levées de fonds sont aujourd’hui très supérieures aux valorisations envisageables sur le marché boursier.

En témoigne WeWork, géant américain du co-working, qui projetait de lever 4 milliards de dollars pour se refinancer, et qui vient de reporter son introduction en Bourse à 2020. La valorisation envisageable, 10 milliards, est trop éloignée de celle retenue lors de la dernière levée de fonds (47 milliards). Son PDG vient d’être remercié par SOFTBANK, qui a investi 4,5 milliards de dollars dans la société. Auparavant, SNAP, LYFT, SLACK ont connu des introductions en Bourse délicates à gérer tant la dernière valeur privée était élevée par rapport à ce qu’étaient prêts à payer les marchés.

Certains actifs peuvent être très bien valorisés tant dans le capital risque que sur les marchés boursiers… Qu’une participation soit privée ou cotée, le prix ne peut s’éloigner durablement de la valeur. À La Financière de l’Échiquier, nous en sommes convaincus : la connaissance approfondie des entreprises et la qualité de l’analyse financière l’emporteront toujours sur les effets de mode !

Olivier de Berranger


De la mesure en toute chose !

La Financière de l'Echiquier

Placé sous une triple cloche de verre dans le Parc de Saint-Cloud, au Bureau International des poids et mesures, un petit cylindre de platine iridié, à peine plus gros qu’une prune, définissait jusqu’au printemps dernier la valeur internationaledu kilogramme.

Fabriqué en 1889, le PIK – Prototype International du Kilogramme -, surnommé « grand K », était l’un des derniers objets matériels à définir une unité de mesure. Lors de ses très rares sorties (3 depuis le 19e siècle), une infime variation de masse a été constatée en comparaison des 6 autres étalons supposés identiques. Le sort de « grand K » en fut scellé.
Depuis mai dernier, la communauté scientifique internationale a adopté une définition du kilogramme fondée sur la constante de Planck (notée petit « h »), une constante de la mécanique quantique à la précision diabolique.

Si l’exactitude est un pilier naturel de la métrologie et de la science, les données économiques et financières n’approchent que très rarement un tel degré de précision. Pourtant, quelques surprises, à la hausse ou à la baisse, dans la publication d’un chiffre économique peuvent suffire pour générer des mouvements sur les marchés financiers capables de créer ou de détruire des centaines de milliards de dollars.

La publication d’une croissance allemande en baisse de 0,1% au deuxième trimestre 2019 justifierait ainsi la remise en cause d’un modèle germanique « à bout de souffle ». Certes, l’Allemagne, troisième exportateur mondial, est une victime évidente de la guerre commerciale menée par l’administration américaine. Mais si la publication des chiffres du PIB du troisième trimestre se révèle à nouveau négative, l’Allemagne (avec un taux de chômage de 5% et un excédent budgétaire de 45 milliards d’euros au premier semestre 2019) sera officiellement en récession technique.
Simultanément, la révision à 0,3% de la croissance française au deuxième trimestre contre 0,2% initialement publiée a permis aux commentateurs de saluer une bonne surprise…

Si les normes comptables et réglementaires offrent un cadre sécurisant à l’investisseur, se fier aux seules publications peut être trompeur. Sans évoquer les fraudes comptables qui jalonnent l’histoire financière, la focalisation du marché sur les chiffres publiés par les entreprises est parfois exacerbée. Les exemples sont nombreux. Il y a un an à peine,
SARTORIUS AG, maison mère de SARTORIUS STEDIM BIOTECH,spécialiste, entre autres, des équipements de mesure et
de pesage (un comble !) pour l’industrie pharmaceutique et les biotechs, publiait des perspectives chiffrées légèrement revues à la baisse pour la fin d’année : la sanction fut immédiate, et la baisse du cours de Bourse de plus de 30% de SARTORIUS, emportait dans sa dégringolade sa filiale française. Mère et fille voient aujourd’hui leur cours progresser
de 60% depuis le début de l’année, corrigeant un excès de pessimisme provoqué par quelques décimales.

Au-delà des chiffres, la connaissance approfondie des entreprises, de leurs marchés, de leurs clients, et la rencontre de leur management, restent des étapes essentielles dans notre processus de gestion et la construction de nos portefeuilles. Pour paraphraser une (autre) formule célèbre, les chiffres sont d’excellents serviteurs mais parfois, de
mauvais maîtres…

Olivier de Berranger


L'édito du Mois - Good Doctor

La Financière de l'Echiquier

Nous sommes déjà entrés dans le monde de 2054 que décrivait Philip K. Dick dans Minority Report : voitures autonomes, algorithmes prédictifs, interfaces hommes/machines…, les bouleversements s’enchaînent. Pour la première fois de l’histoire, la réalité technologique va plus vite que notre imagination. Bienvenue dans l’ère de l’intelligence artificielle (IA), une révolution technologique exaltante qui cristallise autant d’espoirs que de craintes, mais ne laisse personne indifférent !

De la médecine à l’agriculture, de l’automobile à l’art, les algorithmes sont devenus incontournables. Les IA se sont même immiscées dans le monde créatif (une agence de communication japonaise a fait de son IA sa directrice artistique), composent des morceaux de musique et écrivent des scénarios… Les futurs possibles de l’IA sont infinis, et son irrésistible essor ne fait que commencer. Nous comptons bien continuer à participer à cette aventure extraordinaire, certes avec prudence, mais aussi une bonne dose d’optimisme.

Si certains redoutent que l’IA ne prenne le contrôle sur l’humanité, pour le moment, elle contribue à la soigner. Ainsi en est-il en Chine, notamment, où le médecin généraliste tel que nous le concevons n’existe pas. Les chinois se rendent donc directement aux urgences, de préférence celles des meilleurs hôpitaux, les « Classe III ». Ils représentent près de 8% du nombre total d’hôpitaux mais traitent 50% des patients. Ces derniers doivent attendre en moyenne 3 heures une consultation qui ne dure guère plus de 8 minutes.

L’accès à la médecine serait un défi impossible à relever dans ce pays qui dispose de 4 800 médecins pour un million d’habitants (12 000 aux Etats-Unis)… sans l’aide de la technologie. La société chinoise PING AN HEALTHCARE & TECHNOLOGYa ainsi lancé une application de téléconsultation, Good Doctor. Sur cette plateforme de services médicaux, le patient est d’abord pris en charge par une IA qui recense toutes ses informations, de son identité à ses symptômes, pour identifier la pathologie avant de passer la main à un médecin en chair et en os. Avec les 500 000 consultations quotidiennes que la plateforme enregistre, l’IA peut désormais aller jusqu’à poser un diagnostic, ensuite validé par un praticien humain. L’ordonnance digitale délivrée peut être utilisée sur cette même plateforme pour commander en un clic des médicaments qui seront livrés dans la journée.

Chaque mois, plus de 265 millions d’utilisateurs ont recours à cette solution, qui s’intègre dans le développement d’un nouvel écosystème, l’objectif de PING AN GOOD DOCTOR étant de bâtir une offre intégrant assurance santé et offre de soins, pour toutes les situations médicales. La télémédecine (l’e-santé) n’est donc plus une fiction, mais une réalité dans ce pays qui est l’un de ceux qui investit le plus massivement dans l’IA, et qui regorge de ces aventures entrepreneuriales à l’origine des grands succès de demain.

 


Echiquier Alpha Major : la nouvelle solution de La Financière de l’Echiquier à volatilité contenue

Paris, le 18 juin 2019  │ La Financière de l’Echiquier (LFDE) enrichit sa gamme d’une solution qui investit dans les leaders européens de la croissance durable, Echiquier Alpha Major.

Echiquier Alpha Major est un Fonds[1] long couvert, une catégorie de placements qui vise à réduire le risque notamment par l’utilisation de stratégies de couverture.

Compartiment de SICAV de droit français[2], éligible au PEA, Echiquier Alpha Major s’appuie sur la stratégie déployée par l’équipe de gestion d’Echiquier Major SRI Equity Growth, avec un niveau de risque plus faible, grâce à une stratégie de couverture simple, via des futures sur les indices Eurostoxx 50 et d’autres indices européens. Ainsi, l’exposition nette aux actions pourra varier de 0% à 40%.

Solution alternative à un investissement 100% actions, Echiquier Alpha Major bénéficie du savoir-faire d’Echiquier Major SRI Growth Europe, qui sélectionne des leaders de croissance pour leur excellence environnementale, sociale et de gouvernance (ESG), et dont la performance annualisée depuis sa création en 2005 est de 6,8% (3,8% pour son indice de référence, MSCI Europe NR[3]).

« Cette nouvelle solution permet de s’exposer pour partie aux actions avec une volatilité réduite et de bénéficier de l’expertise ISR de La Financière de l’Echiquier » a déclaré Olivier de Berranger, Directeur de la Gestion d’actifs de LFDE.

 

[1] Le terme Fonds désigne les fonds ou compartiments de SICAV

[1] Créé le 9 avril 2019

[1] Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et ne sont pas constantes dans le temps


La Financière de l’Echiquier renforce son dispositif commercial en Italie

La Financière de l'Echiquier

Paris, le 14 mai 2019 – La Financière de l’Echiquier (LFDE) annonce aujourd’hui la nomination de Massimo Corneo, effective depuis le 13 mai 2019,  en qualité de Responsable de la distribution en Italie, auprès d’Alessandro Arrighi, Country Manager.

Installée dans ce pays depuis plus de 13 ans, LFDE y déploie une gamme essentiellement actions et diversifiés, renforcée sous l’impulsion du partenariat noué entre LFDE et le groupe Primonial, de solutions de taux.

 « Nous sommes très heureux de l’arrivée de Massimo, qui dispose d’une expérience étoffée de la gestion d’actifs » a déclaré Alessandro Arrighi, Country Manager pour l’ItalieSon expertise et sa séniorité s’inscrivent parfaitement dans notre projet de développement, et seront des atouts supplémentaires pour intensifier notre présence sur ce marché stratégique, tout particulièrement dans les secteurs de la banque privée et de la gestion de patrimoine. »

 

A propos Massimo Corneo

 Massimo Corneo bénéficie d’une solide expérience de l’industrie de la gestion d’actifs italienne et européenne. Précédemment  Directeur de la distribution clients au sein de NN Investment Partners Italy, il a débuté son parcours en tant que Conseiller fiscal puis banquier privé à la Banca Popolare di Milano. Massimo a également été Senior Sales pour DWS, Deutsche Banks Group Asset Mananger (2007 – 2010) et Responsable de la distribution retail pour BlackRock Italy (2010 à 2014).

Massimo, 52 ans, est diplômé d’un Master en Economie et Commerce de l’université catholique du Sacré Cœur de Milan.


L'Edito du Mois - Perdue de vue

La financière de l'échiquier

Le 6 août 1979, Paul Volcker s’installe dans son nouveau bureau du Marriner S. Eccles Building à Washington. Il vient d’être nommé président de la Réserve fédérale (Fed), la banque centrale américaine, avec une mission claire, combattre l’inflation. Il faut dire que cette année-là, la hausse des prix atteindra plus de 13% aux Etats-Unis et qu’elle
s’étendra à tout le monde développé.

Influencé par l’Ecole de Chicago et la pensée de Milton Friedman, sa recette fut simple : augmenter les taux d’intérêt bien au-dessus du niveau de l’inflation, rendre ainsi prohibitif le coût « réel » de la dette et briser la spirale hausse des prix/hausse des salaires. Ce remède de cheval, qui porte les taux de la Fed à 20% en mars 1980, provoquera une grave
récession en 1982-1983. Il fera également retomber la hausse des prix autour de 3% dès 1983. L’inflation était vaincue, et surtout, entreprises et ménages furent convaincus dans leur comportement d’investissement, d’achat ou d’épargne que la banque centrale gardait la main.

Aujourd’hui, le doute s’installe, mais à l’inverse. Ainsi, alors que la Banque centrale européenne (BCE) a un objectif de glissement annuel des prix proche de 2,0%, ce taux n’a plus été atteint, hors alimentation et énergie, depuis 2002. Pis, la moyenne depuis 10 ans dépasse péniblement 1%. Même constat aux Etats-Unis, alors que ce pays fête 10 années
de croissance ininterrompue et de baisse historique du chômage. Pourtant, que n’avait-on entendu sur les risques de dérapage incontrôlé des prix qu’engendreraient à coup sûr les politiques non conventionnelles de l’ensemble des banques centrales après la grande crise de 2008 !

La compétition mondiale, le surinvestissement chinois, la globalisation des échanges, l’automatisation et la robotisation, le vieillissement de la population du monde développé, le faible pouvoir de négociation salariale sont autant de facteurs qui expliquent 1 l’atonie persistante de la dynamique des prix .

L’inflation aurait-elle définitivement disparu ? C’est ce que semble croire le marché obligataire puisque près de 50% du stock, pourtant historiquement très élevé, d’emprunts d’Etat européens délivre un taux de rendement négatif. Au niveau mondial, ce sont même 10 000 milliards d’obligations d’Etat qui détruisent tous les jours du capital. Si un
redémarrage immédiat et brutal de la hausse des prix est exclu, confier la totalité de son épargne à des Etats impécunieux semble risqué.

Alors que la saison de publications des résultats d’entreprises bat son plein, leur capacité de résistance et d’adaptation méritent, encore et toujours, qu’on s’y intéresse. Même si un peu moins de 30% des entreprises européennes ont publié leurs chiffres du premier trimestre2, la moitié environ dépasse les attentes de résultats et/ou de chiffre
d’affaires. Une dynamique plus établie de croissance et de hausse de prix aurait rendu ce tableau encore meilleur. Un retour vers une inflation plus raisonnable, plus normative, ne serait pas pour les entreprises une mauvaise nouvelle.

Une chose est sûre, c’est que le jour où l’inflation se réveillera, l’investisseur en actions sera à long terme mieux protégé que l’investisseur en obligations souveraines, qui se demandera par quel aveuglement il a pu accepter durablement des rendements infinitésimaux.

Olivier de BERRANGER

1 Pourquoi l’inflation reste-t-elle si faible dans le monde ?, Trésor-Eco, Octobre 2017
2 JP Morgan Cazenove, 26 avril 2019