EDMOND DE ROTHSCHILD

Maison d’investissement de convictions fondée sur l’idée que la richesse doit servir à construire demain, Edmond de Rothschild est spécialisé dans la Banque Privée et la Gestion d’actifs. Au service d’une clientèle internationale de familles, d’entrepreneurs et d’investisseurs institutionnels, le Groupe est également présent dans les métiers de Corporate Finance, de Private Equity, de l’Immobilier et de Fund Services.

Son caractère résolument familial confère à Edmond de Rothschild l’indépendance nécessaire pour proposer des stratégies audacieuses et des investissements de long terme, ancrés dans l’économie réelle.

Créé en 1953, le Groupe compte aujourd’hui 155 milliards € d’actifs, plus de 2500 collaborateurs et 33 implantations dans le monde.

Notre offre en asset management est conçue pour proposer à nos clients une approche audacieuse. Nous regardons au-delà de la performance d’un indice et privilégions les expertises pionnières. Toutes nos décisions d’investissement visent une performance à long terme par le biais d’une gestion active et de fortes convictions reposant sur une tradition de recherche et d’innovation constante, à l’écart de la spéculation.

  • Nous cherchons à proposer à nos clients des stratégies d’investissement pertinentes dans un contexte de marché particulier et à tirer parti de nos domaines d’expertise reconnus.
  • Nous servons une clientèle diversifiée, distribuant des fonds et des solutions d’investissement dans plus de 10 pays.
  • Notre objectif est d’offrir des solutions d’investissement pertinentes avec un impact sur l’économie réelle.

L’offre se décline autour d’expertises clés sur lesquelles nous bénéficions d’un savoir-faire éprouvé :

  • Actions
  • Fixed Income
  • Multi-asset & Overlay
  • ISR
  • Actifs réels (Dette d’Infrastructure, Private Equity et Immobilier)

Les dernières infos de EDMOND DE ROTHSCHILD

CHANGEMENT DE RÉGIME EN DOUCEUR

EDRAM

STRATÉGIE D’ALLOCATION D’ACTIFS-27/05/2021

BENJAMIN MELMAN Global Chief Investment Officer, Asset Management

 

Alors que la politique de vaccination semble garder l’épidémie sous contrôle en dépit de la multiplication des variants, la vigueur de la reprise se matérialise, à l’exception de nombreux pays asiatiques où le taux de vaccination reste très insuffisant. Par ailleurs, les résultats du premier trimestre aux États-Unis comme en Europe dépassent largement les attentes dans l’ensemble, ne laissant aucun doute quant à la confirmation d’un rebond de l’économie et la bonne visibilité en termes de demande pour les chefs d’entreprise.

Le mois dernier, nous avions décidé de mettre un terme à la surpondération des actifs risqués initiée le jour de l’annonce de Pfizer sur le vaccin (le 9 novembre 2020), par crainte de la montée trop rapide des anticipations d’inflation. Nous continuons de penser que nous rentrons dans un nouveau régime de marché bien moins favorable, sans être pour autant défavorable, et certainement plus volatil.

D’un côté, dans ce contexte de très forte reprise, les anticipations de croissance des bénéfices des entreprises nous semblent relativement conservatives et peuvent continuer d’être révisées à la hausse. En effet, c’est historiquement en sortie de récession que la hausse des bénéfices est sous-estimée probablement par mauvaise prise en compte du levier opérationnel dans un cadre de croissance forte. Dans les autres phases du cycle, les anticipations de bénéfices sont généralement surestimées. Cela étant, ne misons pas trop sur les chances d’être positivement surpris par les bénéfices. Les pénuries, notamment de composants électroniques, et la flambée des coûts de production peuvent en effet faire flancher les marges des entreprises le temps du bon rétablissement de la supply chain.

De l’autre côté, tous les ingrédients sont réunis pour que le marché s’inquiète davantage de l’inflation au cours de ces prochaines semaines, étant donné que les « points morts » des obligations indexées sur l’inflation américaine à 10 ans ont même atteint 2,56%, rejoignant les plus hauts historiques. Plusieurs raisons expliquent cette tendance :

– Avec la réouverture des économies et les pénuries, les statistiques d’inflation peuvent devenir erratiques, comme on a pu le voir pour la publication des prix aux États-Unis en avril. Même si cette inflation pourrait être qualifiée de transitoire, il est possible que les investisseurs, inquiétés par ces craintes de redémarrage de l’inflation, n’aient pas ce niveau de granularité.

– L’Administration Biden cherche à faire passer un nouveau plan de relance de grande ampleur, concernant les infrastructures, repoussant ainsi les limites de la stimulation fiscale bien au-delà de tous les précédents historiques.

– La Réserve Fédérale ne modifie en rien sa politique ultra-accommodante alors que les anticipations d’inflation se trouvent à des niveaux rarement atteints au cours de ces deux dernières décennies. Cela étant, au sein du compte-rendu du dernier comité de politique monétaire, en faisant état d’un débat sur le timing de l’annonce du tapering, la Réserve Fédérale procède à la « préannonce de la préannonce » : elle invite les investisseurs à se préparer à l’annonce du tapering, qui devrait débuter en 2022.

Autrement dit, au fur et à mesure que le débat sur le resserrement monétaire de la Réserve Fédérale se précisera, les craintes d’inflation (sauf dérapage imprévu) plafonneront sans que cela soit positif pour les investisseurs. En effet, la liquidité a été déterminante sur les marchés depuis 2018 et la perspective du tapering rappelle que nous quittons un environnement qui aura été unique pour les marchés. À ces niveaux de valorisation, l’heure est à une prise de risque plus mesurée.

À ce titre, nous réduisons le poids des obligations convertibles dans nos allocations et diminuons légèrement la sous-sensibilité en augmentant le poids des obligations gouvernementales de nos portefeuilles tout en demeurant sous-exposés à ce risque. Enfin, notre surpondération sur les actions chinoises prend un sens nouveau dans cette bascule d’univers. En effet, le marché chinois a sous-performé parce que les autorités n’ont que peu utilisé l’arme de la relance, surtout en comparaison avec les pays occidentaux. Elles ont même poursuivi l’assainissement du marché du crédit pendant la crise. À l’heure où la communauté des investisseurs se focalisera sur le timing du tapering dans les 


AVIS D'EXPERT

EDRAM

DETTE ÉMERGENTE :

EN QUÊTE DE RENDEMENT SUR LES MARCHÉS HIGH BÊTA

 

Article rédigé par Romain Bordenave, Gérant Dette souveraine émergente, et Stéphane Mayor, Gérant Dette d’entreprises émergentes, chez Edmond de Rothschild Asset Management

 

Les crises sanitaires et économiques ont sérieusement impacté les marchés émergents, mais nous pensons que la croissance devrait être soutenue en 2021.

Selon le Fonds monétaire international (FMI), le produit intérieur brut (PIB) des marchés émergents devrait atteindre en moyenne 6% et celui de la Chine 8,2%, sur fond de déploiement des campagnes de vaccinations et de politiques accommodantes des banques
centrales. Ces chiffres, combinés à des fondamentaux de crédit attractifs, devraient probablement inciter les investisseurs en quête de rendement à se tourner vers l’univers du crédit des marchés émergents en 2021, ce qui devrait doper les flux et les émissions à haut
rendement.
En attendant, ils ont surtout fait monter les prix de matières premières comme le pétrole et les métaux. La dette émergente a également tendance à mieux se comporter dans un contexte de dollar faible et la position accommodante de la Réserve fédérale (Fed) a accentué la pression sur le billet vert.

LES PRIX ÉLEVÉS DES MATIÈRES PREMIÈRES DEVRAIENT BÉNÉFICIER AUX SECTEURS CYCLIQUES DES MARCHÉS ÉMERGENTS

Une reprise de la demande, notamment en Chine, aux États-Unis et en Europe, devrait continuer de soutenir les acteurs des matières premières sur l’ensemble des marchés émergents. Nous tablons sur une surperformance des secteurs cycliques, notamment des
secteurs des métaux et des mines, de l’énergie, des transports et des infrastructures (en particulier en Afrique).
Les prix de la plupart des métaux de base, y compris du minerai de fer, du cuivre et du nickel, dépassent désormais leurs niveaux de fin 2019, et sous l’impulsion d’une reprise de la demande, nous pensons qu’ils resteront à ces niveaux.

À titre d’exemple, la dette souveraine de l’Angola paraît actuellement relativement bon marché par rapport aux autres pays de la même catégorie. Le pays est politiquement stable avec un cadre de soutien financier solide de trois créanciers bilatéraux importants :
• la Chine avec un allègement de dette de 6,2 milliards de dollars ;
• la suspension d’un paiement de coupon de 1,78 milliard de dollars au G20 ;
• l’accord de soutien financier du FMI de 4,5 milliards de dollars sur 3 ans.

En outre, le pétrole représente 95% des exportations de l’Angola. La forte baisse des prix du pétrole au début de la crise sanitaire avait conduit l’Angola à recalibrer son budget et ses plans de dépenses pour tenir compte de la baisse du prix du pétrole à 35 dollars le baril, contre 55 dollars précédemment. Aujourd’hui, aux prix actuels du pétrole de plus de 55 dollars le baril, l’Angola devrait être
moins préoccupé par son déficit et pourrait bien profiter de la réouverture des marchés.

 

LES FONDAMENTAUX DE CRÉDIT FAVORISENT LES ÉMISSIONS À HAUT RENDEMENT

Dans un monde où les banques centrales maintiennent des taux bas et où le nombre d’obligations présentant des rendements inférieurs à 0% ne cesse d’augmenter, nous devrions constater un regain d’appétit pour la dette émergente. Les spreads des émissions
souveraines émergentes à haut rendement atteignent des plus hauts historiques, voire supérieurs de 100 points de base (pb) aux niveaux d’avant la crise de la Covid-19 par rapport aux titres Investment Grade. Le potentiel de capture de l’alpha restant est donc
important ! Les valeurs souveraines ainsi que les obligations d’entreprises qui survivront à la crise, comme les aéroports nationaux par exemple, vont probablement se distinguer.

Parallèlement, les fondamentaux de crédit des obligations d’entreprises émergentes restent plus solides que ceux des marchés développés. Les spreads du segment des obligations d’entreprises émergentes à haut rendement restent également très attractifs. Ils se négocient autour de 300 pbs par rapport aux émissions Investment Grade et au-dessus de leurs niveaux d’avant la crise de la Covid-19. Par ailleurs, les taux de défaut des obligations d’entreprises à haut rendement des marchés émergents ont atteint 2,7% en 2020, selon JP Morgan, contre 6,8% pour les marchés du haut rendement américain. Les prévisions pour 2021 suggèrent que cette tendance devrait se poursuivre avec une baisse à 3,5% pour le haut rendement américain, contre 2,2% pour les défauts attendus sur les obligations d’entreprises émergentes. Compte tenu de ces faibles taux de défaut, les émissions à haut rendement
devraient selon nous surperformer les émissions Investment Grade.

UN POTENTIEL DE RATTRAPAGE ÉLEVÉ SUR LES MARCHÉS HIGH BÊTA

Nous pensons qu’il existe un potentiel de rattrapage élevé sur les marchés High Bêta, notamment l’Argentine, l’Ukraine et la Turquie, qui restent selon nous sous-évaluées. La Turquie est peu endettée et la croissance reste bien orientée. C’est d’ailleurs l’un des
seuls pays à avoir enregistré une croissance positive en 2020. La forte baisse des actifs turcs post-sortie du gouverneur de la banque centrale Naçi Agbal devrait offrir un point d’entrée intéressant pour ce pays bénéficiant d’une économie diversifiée. En effet, actuellement, la Turquie traite sur les mêmes taux de rendement que le Nigeria pour des fondamentaux et un
système bancaire plus robuste.

Ces tendances, qui sont une bonne nouvelle pour les marchés émergents, pourraient bien, selon nous, perdurer tout au long de 2021. Des secteurs clés comme l’énergie et les mines/métaux pourraient bénéficier d’une éventuelle reprise. En ce qui concerne la dette
souveraine émergente, les pays des marchés High Bêta pourraient rattraper le terrain perdu si leurs risques géopolitiques s’estompent. Il convient toutefois de noter que s’il est vrai que les pays à haut risque devraient générer de bons rendements, les obligations à duration longue pourraient être pénalisées par une hausse des taux des obligations à long terme
américaines, potentiellement au second semestre.

 


FLASH MARCHÉS :

EDRAM

LA HAUSSE DES TAUX LONGS SE POURSUIT

• La Fed s’attend à une nette accélération de la croissance et de l’inflation cette année aux Etats-Unis

• L’effet sur les taux européens a été limité

• Les secteurs cycliques continuent d’être privilégiés

La poursuite de la hausse des taux longs aux Etats-Unis aura été l’élément déterminant de la semaine, les taux à 10 ans atteignant la zone des 1.75. La Réserve Fédérale s’est exprimée mercredi 17 mars en indiquant que la croissance et l’inflation contribuaient à la hausse des rendements nominaux. La Fed a ainsi communiqué des prévisions de croissance et de chômage en constante amélioration. A ce titre, l’enquête Philadelphia Fed a explosé durant le mois de mars et a atteint son plus haut niveau depuis avril 1973. La composante « prix payés » est très élevée. Les entreprises sont nombreuses à constater des pénuries de main d’œuvre ainsi que des déséquilibres entre compétences souhaitées et proposées.

Cependant, si une hausse excessive des taux est envisageable dans les semaines à venir, la Fed a indiqué que ces niveaux ne lui seraient pas confortables. Cela pourrait remettre en cause l’atteinte de ses objectifs en la conduisant à renforcer sa communication si cela est nécessaire.

Les taux à long terme continuent d’augmenter pour de bonnes raisons. L’impact sur les marchés actions a de nouveau touché les valeurs sensibles aux taux d’intérêt au regard de leurs valorisations, comme pour la technologie, et de la pentification de la courbe des taux comme pour les banques. La pression est restée constante sur les actifs des pays émergents.

En revanche, l’effet sur les taux européens a été limité. Ceci s’est déroulé dans un contexte de hausse probable des achats par la Banque centrale européenne et d’une communication suffisamment claire depuis des semaines pour tempérer l’appréciation des taux.

De son côté,…

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MARCHÉS ÉMERGENTS: THE PLACE TO BE ?

Les marchés émergents bénéficient de tendances favorables : environnement de taux bas grâce à des politiques monétaires accommodantes, plans de relance massifs de la part des Etats, prix du pétrole et niveau du dollar, accélération des campagnes de vaccination qui ouvrent la voie à une reprise des échanges commerciaux.

Néanmoins, ils affichent une forte hétérogénéité en termes de dynamique et de tendances de croissance. Plusieurs pays et secteurs offrent de réelles opportunités d’investissement, tant sur le front obligataire que des marchés actions. La sélectivité reste la clé.

 

UNE FENÊTRE DE TIR

Une fenêtre de tir s’ouvre pour permettre aux actifs émergents de surperformer cette année selon nous, pour de multiples raisons.
Tout d’abord, les vents des deux grands « macro – facteurs » du monde émergent soufflent dans la bonne direction. D’une part, l’économie chinoise se montre robuste, résiliente et très bien pilotée. Le pays a plutôt bien traversé la crise liée au Covid-19 l’an dernier et offre encore de belles perspectives.
D’autre part, la Fed a rappelé qu’elle ne comptait pas remettre en cause pour le moment sa politique monétaire ultra-accommodante, qui, rappelons-le, profite tout particulièrement au monde émergent. S’il s’avère difficile à ce stade de prévoir le timing de la prochaine inflexion monétaire, le simple fait que la Fed rechigne à donner des indications en faveur d’une possible évolution invite les investisseurs à jouer les prolongations.

Notons par ailleurs la résilience plus globale des entreprises des pays émergents face au choc de l’an dernier, comme en atteste la très modeste remontée des taux de défaut au sein des obligations à haut rendement de l’indice CEMBI (estimés à 2.7% en 2020 versus 6.8% pour le high yield américain).
En outre, il subsiste une décote attractive des actifs émergents face aux pays développés. Dans un monde où les actifs sont globalement chers et la liquidité reste abondante, il y a de bonnes raisons de penser que cette décote pourrait se résorber.
Nous observons une augmentation des flux entrants sur les actions et dettes émergentes au cours des dernières semaines, sans signe d’excès des investisseurs sur ces segments pour le moment.
Le changement d’administration américaine s’accompagnera selon nous d’une diminution du risque géopolitique, de moindres surenchères ou de dérapages spectaculaires.
L’environnement actuel nous semble donc particulièrement propice pour privilégier les actifs émergents dans les portefeuilles. Il sera toujours temps de réviser notre jugement lorsque l’heure du changement de politique monétaire aura sonné, probablement pas avant de nombreux mois.

 

DES PERSPECTIVES SOURIANTES POUR LA DETTE ÉMERGENTE

Le ciel apparaît dégagé à court terme pour la dette souveraine émergente. L’environnement de taux bas, un cours du pétrole soutenu par la demande, le dollar qui ne devrait pas augmenter, des gouvernements qui vont continuer à mettre en place des stimulus, notamment aux États -Unis, les campagnes de vaccination permettant la réouverture progressive des économies : tous
ces éléments devraient conduire à des flux entrants sur la classe d’actifs, puissants facteurs de soutien des performances.
Le segment High Yield reste particulièrement décoté et offre un potentiel de rebond important selon nous. Au sein de ce segment, nous visons à identifier les pays aux perspectives de rendement les plus attractives. Nous privilégions l’Ukraine, soutenu par le FMI, ou encore le Brésil. Le Mexique suscite également notre intérêt. Le pays va bénéficier directement de la reprise américaine et de la croissance mondiale, tandis que la banque centrale n’a pas souhaité baisser outre-mesure les taux en 2020, gardant ainsi des marges de manœuvre en termes de politique monétaire pour stimuler la croissance. Nous favorisons aussi l’Angola, affichant une
forte dépendance au prix du pétrole. Le marché des changes pourrait également rebondir, du fait de la bonne tenue des chiffres macroéconomiques : une bonne manière de créer de l’alpha au sein des portefeuilles.

Sur le front de la dette d’entreprises émergentes, les fondamentaux de crédit demeurent solides, notamment concernant les ratios d’endettement, la tendance positive des revenus et les niveaux de cash des sociétés. Par ailleurs, la dette d’entreprises émergentes est sous-représentée dans les allocations globales.

Nous favorisons le High Yield et une duration courte au sein des portefeuilles. Nous nous intéressons aux secteurs qui ont accumulé du retard. Les valorisations s’avèrent attractives et les ratios de crédit plutôt sains en Ukraine, en Turquie et en Argentine. Le Brésil comprend un grand nombre de secteurs clés que nous privilégions (agroalimentaire, mines & métallurgie, pétrole). Par ailleurs, notre allocation est aussi diversifiée sur les secteurs de la consommation, soutenue par un important bassin de population, mais également les transports (rail, aérien, maritime).

 

DES TENDANCES FAVORABLES AUX ACTIONS ÉMERGENTES

Les marchés actions émergents pourraient bénéficier de plusieurs tendances favorables au cours des prochains mois. Certains pays devraient plus particulièrement tirer leur épingle du jeu et devenir de véritables moteurs de croissance. La Chine devient plus compétitive au sortir de la crise sanitaire liée au Covid-19 et de la crise géopolitique sino-américaine.
Les actions chinoises affichent un potentiel de revalorisation selon nous par rapport à d’autres marchés, au regard d’une classe moyenne importante, d’industries stratégiques résilientes et un pool de nombreux talents. En proportion du PIB par rapport au reste du monde, la Chine est toujours sous-représentée dans les principaux indices mondiaux aujourd’hui. Avec l’ouverture du
marché chinois, les flux de capitaux vers les actions chinoises devraient augmenter en 2021 et au-delà.

Nous favorisons les valeurs liées au développement durable en Chine – chaîne de fabrication des véhicules électriques, des panneaux solaires et stockage d’énergie – qui vont bénéficier du plan de neutralité carbone d’ici 2060. Les secteurs cycliques, comme l’industrie, présentent un intérêt à moyen terme, soutenus par les dépenses d’investissement du secteur privé et la substitution locale des chaînes d’approvisionnement.
La Chine va continuer à bénéficier selon nous des accords commerciaux conclus en Asie et en Europe, mais aussi de l’accélération de la digitalisation.
En Amérique Latine aussi, nous privilégions les entreprises exposées à l’économie digitale en forte croissance, comme le e-commerce et le paiement électronique. Le e-commerce a une pénétration encore faible (9% des revenus du commerce de détail contre 28% en Chine). Nous favorisons les sociétés affichant des positions dominantes dans ces secteurs, avec un bilan solide, un fort pricing-power, une bonne rentabilité et une croissance visible.

Au Brésil plus particulièrement, la digitalisation avance vite. En outre, le pays est en passe de faire adopter des réformes structurelles au premier semestre, pas nécessairement prises en compte à ce stade par le marché.
Par ailleurs, l’Inde suscite notre intérêt. Le processus de vaccination se déroule bien et le pays a dévoilé, début février, un budget pour le prochain exercice fiscal très pro-croissance, avec 500 milliards de dollars qui vont être dépensés par le gouvernement indien, avec une forte augmentation des investissements dans les infrastructures (+34% sur le prochain exercice par rapport au précédent). L’Inde avait fait peu d’efforts en termes de stimulus ces derniers mois. Le pays s’inscrit désormais dans le mouvement de relance budgétaire amorcé un peu partout dans le monde, avec l’objectif également d’améliorer l’attractivité de l’Inde pour les sociétés cherchant
à diversifier leurs sites de production. Cette dernière tendance, qui a récemment profité à l’Asie du Sud Est et à l’Inde dans un contexte de guerre commerciale sino-américaine et de Covid-19, devrait selon nous continuer.
La Chine garde néanmoins des avantages compétitifs importants concernant la chaîne d’approvisionnement. Les industries à faible valeur ajoutée pourraient certes être délocalisées vers le Vietnam ou l’Inde, mais la production à plus forte valeur ajoutée restera en Chine, pays qui démontre son leadership technologique sur certains segments, comme le véhicule électrique.

 


LES BANQUES CENTRALES DANS UN EFFORT DE CONTINUITÉ ET DE VISIBILITÉ

Cette semaine a été dominée par les réunions de plusieurs banques centrales.

La Fed, comme attendu, a laissé ses taux inchangés. Elle a même précisé qu’elle les laissera à ce niveau tant que l’inflation ne remontera pas au-dessus des 2% pour un certain temps (pas avant 2023 selon elle). Par ailleurs elle a relevé ses anticipations de croissance économique en 2020 puisqu’elle anticipe désormais une contraction du PIB de -3.7% contre -6.5% en juin. Par contre elle s’est montrée plus prudente sur 2021, n’anticipant plus que 4% de croissance (contre 5% en juin), précisant qu’il y a encore un long chemin avant de retrouver le plein emploi. Ceci fait écho à l’impact négatif de l’absence d’accord entre républicains et démocrates sur le nouveau plan de relance.

D’autant plus que les dernières statistiques publiées cette semaine montrent des signes de tassement de la reprise : ventes de détail, production industrielle, demandes hebdomadaires d’allocation chômage. A noter, à ce titre, que le rebond chinois se poursuit avec des statistiques de production industrielle et de ventes de détail bien orientées.

La banque du Japon, de son côté, a également laissé ses taux inchangés. Elle a cependant délivré…


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LE REBOND EN QUESTION

EDRAM

  • Le soutien des banques centrales semble acquis
  • Les élections américaines devraient créer de la volatilité
  • Certains segments et thématiques pourraient tirer leur épingle du jeu

Le monde n’était pas préparé à une crise aussi soudaine et d’une ampleur sans précédent comme celle du Covid-19, mais force est de constater qu’une fois passés les premiers jours de balbutiements, les autorités ont apporté une réponse majeure, empêchant que la catastrophe ne tourne au désastre. Nous avons notamment évité en quelques semaines selon nous :

– Une grande dépression, grâce à des plans fiscaux alliant le soutien aux activités existantes et aux salariés en difficulté pour éviter le point de rupture ainsi que des plans de relance.

– Une transformation de la crise économico-sanitaire en crise financière, amplifiant la crise existante, grâce aux interventions monétaires sans précédents des banques centrales et à l’élargissement de leurs champs d’actions. A titre d’illustration, en l’espace de trois mois, le bilan de la Fed a augmenté pratiquement autant que la progression en cumulé enregistrée lors des quatre politiques de quantitative easing suite à la grande crise financière de 2008, qui fut dans l’Histoire la plus importante manipulation monétaire étalée sur six ans et demi.

– Une crise pétrolière majeure entraînant une vague de faillites du secteur et de pays, amplifiant celle qui reste à venir, grâce à un rebond des prix du pétrole et un accord de dernière minute de l’OPEP « plus ».

– Une nouvelle crise européenne, grâce aux nouveaux plans de la BCE et l’annonce d’une proposition franco-allemande, reprise et améliorée par la Commission européenne, mutualisant une partie des efforts de relance au nom de l’Europe. L’Italie était fragile économiquement et politiquement, frappée de plein fouet par la crise. Il fallait donc agir vite et l’Europe l’a fait. Rien n’est encore joué, mais force est de constater que le risque de crise européenne à craindre a fortement diminué.

Sans parler de disparition des risques majeurs dans le scénario, mais plutôt d’atténuation, force est de constater que le déconfinement se déroule globalement convenablement pour l’heure, même si le risque de rechute demeure présent. Le très net regain de mobilité qu’indiquent les données à haute fréquence et le retour inespéré à des créations d’emplois en mai aux Etats-Unis témoignent d’un rebond plus rapide qu’anticipé de la marche des affaires. Ainsi, le rebond des marchés financiers a été spectaculaire. Toute la question réside dans sa durabilité.

UNE VAGUE DE FUSIONS & ACQUISITIONS SE PROFILE

D’abord, notons que l’action des banques centrales a si bien fonctionné qu’elle a déconnecté de fait les valorisations des marchés du contexte économique. Elles sont aujourd’hui globalement élevées. Cette situation peut durer encore longtemps, sauf nouveau choc, tant que les banques centrales n’essayent pas de faire machine arrière comme en 2018, ce qui avait occasionné un krach. Le soutien des banques centrales aux marchés nous semble acquis pour les prochains mois.

En revanche, notre scénario économique de reprise ne permet pas d’extrapoler la contribution positive du cycle économique à la revalorisation des actifs. A la différence des précédentes récessions occasionnées par les restructurations des entreprises, ces dernières vont ressortir de cette crise encore plus endettées qu’elles ne l’étaient déjà et avec des marges dégradées. Difficile donc de poser les bases d’un nouveau cycle dynamique dans ce contexte. En revanche, une vague de fusions & acquisitions se profile selon nous. Au sein de chaque secteur, la crise a rebattu les cartes : certains acteurs sortiront très affaiblis, d’autres peu. Ce sera l’occasion pour les plus solides de s’offrir des parts de marché à bon compte.

Les élections présidentielles américaines, auxquelles les investisseurs prêtent assez peu d’attention actuellement, viendront probablement créer un peu de volatilité. Si les Démocrates venaient à gagner la Maison Blanche et le Congrès, les baisses d’impôts du Président Trump votées en 2017 devraient être annulées. Une telle mesure amoindrirait les bénéfices par action du S&P500 d’une dizaine de pourcent[1].

Enfin, la question des négociations, pour l’heure très en retard, entre l’Union européenne et le Royaume-Uni, devant s’achever à la fin de l’année, devrait davantage retenir l’attention des investisseurs car elle comporte des risques.

UNE CONFIANCE TOUTE RELATIVE

Sans préjuger de la dynamique incertaine de l’épidémie, la seconde partie de l’année ne s’annonce ni enthousiasmante ni inquiétante, l’abondance de liquidités palliant la certaine grisaille du scénario fondamental. Il convient selon nous, dans ce type d’environnement, de conserver une prise de risque équilibrée dans les portefeuilles, sans excès, et être prêt à plus de modération. Autant il faut reconnaître que les effets de liquidité des banques centrales sur les marchés ont été très puissants depuis deux ans, autant ils sont encore mal appréhendés, notamment des banques centrales elles-mêmes. Or ce facteur est un soutien majeur des prix des actifs actuellement.

Afin de tirer parti du redémarrage de l’économie mondiale, nous avons récemment privilégié les actions européennes. Cette allocation sera appelée à évoluer vers des marchés plus défensifs, notre confiance dans la reprise ayant ses limites. Nous renforçons également certaines thématiques comme la santé et nous positionnons également sur celles qui pourraient tirer leur épingle du jeu dans un univers post-covid 19 (fusions & acquisitions, numérisation, sécurité, etc.). La crise n’a fait que renforcer le sens de l’investissement ISR dans sa vocation mais aussi sur le plan financier. En termes de performances, les placements respectant les critères ESG se sont distingués, notamment pendant toute la période de confinement. Nous ne cesserons de poursuivre nos efforts pour étendre davantage notre approche ESG au sein de notre univers d’investissement.

Au sein du monde obligataire, la dette émergente et les subordonnées financières représentent nos marchés de prédilection. En effet, les précédents quantitative easing occidentaux ont fini par engendrer des flux d’investisseurs intéressés par des rendements plus élevés en dehors des pays développés. Or les obligations émergentes sont actuellement plus attractives selon nous et la stabilisation des cours du pétrole vient mieux cadrer leur paysage. Enfin, l’espoir d’une reprise plus franche en Chine l’an prochain pourrait également profiter à ces marchés. Concernant les obligations subordonnées financières, on aura compris que toute l’action des autorités européennes et de la banque centrale vise à s’assurer que les banques continueront à financer l’économie dans un cadre européen stable. En Europe, elles sont très bien capitalisées. Dans un univers où les taux de défaut vont finir par remonter selon nous, les banques nous semblent mieux protégées et donc présenter une certaine attractivité.


Entre incertitude et optimisme

ANALYSE DE MARCHÉ-19/06/2020

 

Les investisseurs font preuve d’une certaine prudence en fin de semaine, craignant une recrudescence de l’épidémie, à l’image des nouveaux foyers apparus sur un marché à Pékin et dans un abattoir en Allemagne. Si la situation sanitaire se dégrade toujours aux Etats-Unis, les autorités chinoises semblent parvenir à contenir les contaminations dans Pékin. La Chine a par ailleurs publié des indicateurs d’activité encourageants pour le mois de mai (soit le second mois de déconfinement). La production industrielle a poursuivi son rebond avec une hausse de +4,4% en glissement annuel, montrant un rattrapage plus rapide que pour la consommation. Les ventes au détail sont ainsi toujours en recul sur un an à -2,8%, mais en amélioration après -7,5% en avril.

La semaine a surtout été marquée par…

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TENDANCES DE FONDS

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LE FONDS DU MOIS

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LE SECTEUR DE L'ENERGIE - PODCAST THEMATIQUE


CHRONIQUES DE L'ISR - 22 MAI 2020


Une semaine en dents de scie

ANALYSE DE MARCHÉ-07/05/2020

 

Les jours de hausse alternent avec les jours de baisse reflétant l’incertitude qui demeure quant à la vigueur à attendre de l’économie mondiale dans les prochains mois.

Les marchés restent soutenus par les mesures de soutien budgétaires et monétaires pour éviter l’effondrement total d’une économie mondiale placée en coma artificiel.
Nous sommes assurés du maintien de taux bas et d’une liquidité abondante grâce au relais du système bancaire. Mais comment valoriser les marchés ? 15 % de baisse des principaux marchés d’actions après le rebond, est-ce trop ou trop peu ? La rapidité de la reprise chinoise est encourageante mais les précautions prises pour le déconfinement ailleurs sont de nature à faire craindre une poursuite de la dégradation des prévisions de résultats pour les prochains mois.

Pour le moment, nous préférons ….

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PODCAST - EDRAM FUND BOND ALLOCATION

EDRAM


Un retour en force des marchés et surtout des banques centrales

STRATÉGIE D’ALLOCATION D’ACTIFS-04/05/2020

Les actifs risqués ont repris de belles couleurs en avril, sous l’effet des actions conjuguées des banques centrales et des autorités fiscales, dans un contexte où l’incertitude de court et de moyen terme reste forte.

Incertitudes de court terme

A l’heure où s’approche l’entrée en déconfinement dans les principaux pays occidentaux, la confusion demeure encore importante sur la durée de cette période transitoire et les risques de rechute. A l’exception notable de l’Allemagne, aucun pays occidental ne produit de tests massivement pour accélérer la mise en quarantaine des personnes contaminées et il n’est même pas certain que la quantité de masques à disposition soit suffisante. Les tests sérologiques semblent pour l’heure…

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CONFÉRENCE TÉLÉPHONIQUE DU 4 MAI 2020

EDRAM


PODCAST - EdR FUND EMERGING BONDS

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Chahuté, le marché obligataire offre des opportunités

Craintes de défauts et absence de liquidité ont enflammé les spreads de crédit.

Par Nicolas Bickel, responsable des mandats de conseil chez Edmond de Rothschild (Suisse)

Tous les regards ont été braqués sur les marchés actions qui ont battu des records à la baisse, à la hausse et de volatilité, mais le marché obligataire a également été fortement perturbé. La majorité des obligations d’entreprise ont vu leurs spread de crédit s’envoler. Ceux qui ont le plus fortement augmenté sont les spreads des obligations à haut rendement (High Yield) et des obligations émergentes. La moyenne des spreads de crédit du High Yield européen est en effet passée de 3% en février à plus de 8% actuellement, avec certains secteurs tels que l’énergie ou la consommation discrétionnaire qui ont vu des pics à 12% au-dessus du taux de référence.

Les investisseurs craignent une augmentation importante des taux de défauts.

La principale raison de cette hausse des primes de risques est la crainte de faillites en cascade à la suite du ralentissement économique engendré par la pandémie. La forte baisse des taux d’intérêts depuis la crise de 2008, en Europe en particulier, a poussé un grand nombre d’entreprises à émettre de la dette. Le volume la dette High Yield européenne a ainsi augmenté de 450%, passant de 62 à 280 milliards en 10 ans.

En raison de rendements un peu plus élevés, la demande des investisseurs privés pour ce type de papier a fortement augmenté et la réglementation de Bâle III, très consommatrice de fonds propres pour les banques prêteuses, a accentué cette tendance.

Cette dette d’entreprise est donc majoritairement détenue par des investisseurs privés ou institutionnels alors qu’elle était détenue auparavant par les banques.

Le manque de liquidité impacte les spreads de crédits

Au risque lié à l’augmentation de l’endettement des entreprises s’est ajouté le risque de liquidité. En effet, les obligations se traitent toujours de gré à gré malgré le triplement de la masse de la dette mondiale d’entreprises cette dernière décennie.

Or, après la dernière crise financière, les capacités des « market makers » ont fortement diminué. Alors qu’il était aisé de vendre en un bloc une obligation auparavant, il est devenu maintenant fréquent de devoir passer par plusieurs contreparties.

Ce manque de liquidité avait été ressenti lors de la crise de la dette en Europe mais il avait alors été atténué par des rachats massifs d’actifs par les banques centrales, à l’exception des obligations hors du périmètre de ces programmes.

La crise actuelle a de nouveau, testé les limites de capacité des « market makers » qui ont également été amputés d’une bonne partie de leurs moyens en raison du confinement et du travail à domicile. Ceci a encore plus raréfié l’offre sur le marché obligataire et a contribué à l’élargissement des spreads entre l’achat et la vente.

Les taux de défaut implicites surestiment souvent les réalités observées après les crises.

En juin 2019, Fitch s’attendait pour 2020 à des taux de défaut de 2% dans l’environnement de la dette à haut rendement mais ce chiffre sera certainement beaucoup plus important.

Le taux implicite de défaut sur le High Yield Européen est monté à plus de 11% en mars 2020 et plus de 45% sur un horizon de cinq ans. Ce chiffre colossal reflète non seulement le risque réel d’une économie transformée par des mois de ralentissement mais également la situation d’illiquidité du marché du crédit. Or celui-ci devrait graduellement se normaliser avec le « déconfinement » de l’économie mondiale.

De plus, durant les trois dernières grandes crises, les taux de défaut implicites ont, à chaque fois, surestimé ceux réellement observés par la suite.

Finalement,  certaines entreprises, notamment dans les services, n’ont vu qu’un ralentissement modéré de leurs activités et accéléré la transformation digitale et le travail à domicile. Il se peut que l’impact de cette crise soit inférieur à celui attendu pour quelques sociétés de niche.

Les données chiffrées, commentaires, projections, et autres éléments figurant dans cette présentation reflètent le sentiment de Edmond de Rothschild sur les marchés, leur évolution, compte tenu du contexte économique et des informations possédées à ce jour. Ils peuvent ne plus être pertinents au jour où l’investisseur en prend connaissance. Edmond de Rothschild ne saurait être tenu responsable d’une décision d’investissement ou de désinvestissement prise sur la base des informations figurant dans ce document.


Tiraillé entre espoir et inquiétude

ANALYSE DE MARCHÉ-03/04/2020

Cette semaine a permis de découvrir les premières publications de chiffres économiques reflétant l’impact de la pandémie du coronavirus. L’indice PMI des services chinois a rebondi à 43 après un plus bas historique à 26.5, illustrant bien la faiblesse de l’activité malgré la levée des mesures de confinement. En Europe, les indices PMI s’effondrent, à l’instar de l’Espagne qui voit son indice des services passer de 52.1 à 23 et de l’indice italien qui passe de 52.1 à 17.4, un décrochage sans précédent.

De l’autre côté de l’Atlantique, on retiendra surtout l’envolée spectaculaire des inscriptions au chômage. En l’espace de deux semaines, près de 10 millions de personnes se sont inscrites, soit l’équivalent du total des inscriptions en un an pendant la grande crise des subprimes.

Du point de vue sanitaire, l’Europe continentale montre….

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Les yeux rivés vers les Etats-Unis

ANALYSE DE MARCHÉ-27/03/2020

La semaine a apporté son lot de soutien monétaire et budgétaire dans le monde entier. Des initiatives coordonnées entre les banques centrales ont été renforcées afin d’apaiser les pressions sur les marchés de financement à court terme en USD. La Réserve Fédérale a annoncé lundi un nouveau programme d’achat illimité en termes de taille et d’horizon de temps, notamment sur des obligations d’entreprises bien notées aussi bien sur le marché primaire que sur le secondaire. Elle a également annoncé des mesures de soutien pour les prêts étudiants et les ménages. Ce nouveau Quantitative Easing est d’une ampleur inégalée. Toujours aux Etats-Unis, le Congrès a fini par parvenir à un compromis sur le plan de soutien à l’économie de 2.200 milliards de dollars, soit près de 9% du PIB.

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Bourse : certitude et résilience, désormais tous vaccinés ?

le courrier financier

Nom féminin, la résilience décrit la capacité d’une personne ou d’un matériau à résister à des chocs. Etant donné les difficultés de nombreux systèmes de santé à travers le monde face au virus, Il y a fort à parier que la thématique de la résilience s’impose au cœur de l’agenda politique, mais également dans l’esprit de toute une génération d’entrepreneurs et de dirigeants. En l’espace d’une année, ils ont expérimenté les limites de la mondialisation, de l’optimisation et de la course à l’hyper-croissance.

Au-delà de la piqûre de rappel grandeur nature sur le plan sanitaire et économique, nous devrions également prendre du recul sur nos certitudes et nous interroger sur notre capacité à traiter l’information et la résilience du fonctionnement des marchés financiers. Un dirigeant d’une licorne évoquait récemment, à l’occasion d’une discussion, l’injonction de la part de ses investisseurs d’accélérer une croissance pourtant déjà forte ; et la critique permanente concernant la trésorerie qui ne serait pas assez rapidement mobilisée. Ce constat n’est pas un fait isolé mais le symbole de toute une génération de go fast de la croissance.

Aujourd’hui, au moment où Uber — après WeWork —, figure de proue de l’hyper croissance et leader mondial des services de mobilité à la demande, connaît une détérioration rapide de sa position de trésorerie, c’est une multitude d’entrepreneurs qui doit entièrement revoir son modèle de croissance pour préserver des startups, scale-ups ou licornes, qui n’étaient pas préparées à cela, bâties sur un modèle d’argent facile et excluant tout scénario adverse hors de leur contrôle.

Sécurité et optimisation

Il y a encore très peu de temps, prendre des risques, c’était maintenir une capacité de production en France ou en Europe, au lieu de tirer pleinement parti des chaînes de valeurs mondialisées avec une optimisation maximale des coûts de production, via des sous-traitants ou en délocalisant. Aujourd’hui, la guerre commerciale, le déclin du multilatéralisme mis à mal par l’attitude de la Chine et des Etats-Unis, ainsi que la prise de conscience écologique et la pandémie de Covid-19 exposent la fragilité de nos chaînes d’approvisionnement. Toutes les entreprises cherchent désormais un équilibre subtil entre sécurité et optimisation.

Les entreprises font face à cinq bouleversements majeurs : l’inconnue écologique, le progrès technologique, la fin du multilatéralisme, l’essor des populismes et la déformation de la structure de marché des actions cotées. Celles qui les prennent en compte et s’y adaptent tireront leur épingle d’un jeu dont les règles ont durablement changé. Encore faut-il, pour le comprendre, rencontrer leurs dirigeants, traiter l’information collectée, faire preuve d’une bonne capacité d’analyse et discernement.

Regarder les défis en face

Il y a encore très peu de temps, confier son argent à un gestionnaire actif traditionnel de conviction était considéré comme une erreur de placement face à l’optimisation de coûts de la gestion passive et les promesses de fonds alternatifs aux techniques obscures. Aujourd’hui, les marchés sont incapables de mettre un prix sur une situation complexe — valeur et prix se confondent — tandis que certaines gestions alternatives révèlent l’ampleur des risques pris et s’effondrent en quelques jours. Dans un tel environnement, la gestion active de conviction prend alors tout son sens pour créer de la valeur sur le long-terme.

Il y a encore très peu de temps, à la faveur des printemps arabes, on célébrait l’âge de l’information en ligne, le triomphe du citoyen-journaliste, l’abondance de données et la capacité d’internet à faire éclore la vérité. Aujourd’hui, après la manipulation de l’opinion lors des élections américaines de 2016, le chaos autour du virus en 2020, nous redécouvrons que des données de qualité ont un prix, et que le journalisme professionnel a une valeur pour nos démocraties et un prix qu’il faut être prêt à payer.

Il est temps de faire une distinction entre certitude et conviction, et regarder les défis en face. Au lendemain de cette crise, ce ne sont pas les chantiers qui manqueront, et la résilience de nos systèmes sera bel et bien, espérons-le, au cœur de nos débats.


DE LA DIFFICULTÉ DE METTRE UN PRIX À CETTE CRISE

Benjamin Melman, Global CIO Asset Management.

Depuis une semaine, les marchés affichent déjà des journées de chutes vertigineuses et chaotiques. Le jeudi 12 mars, les marchés d’actions ont baissé le plus souvent au-delà de 10% et même les « actifs refuges » comme l’obligation à 30 ans du gouvernement américain ont chuté de plus de 1% et l’or de près de 3%. Comme si la logique traditionnelle des marchés avait été rompue au profit de liquidations désordonnées de portefeuilles reprofilant à la baisse la poche d’actifs risqués, vu l’incroyable volatilité, à l’instar des risk parity funds. Depuis cette journée de capitulation qui n’a connu de précédents qu’aux lendemains de la faillite de Lehman Brothers, les autorités monétaires et fiscales ont pris la mesure de la crise et on a assisté à une succession de décisions ou d’annonces, parfois majeures, à l’instar de la Réserve Fédérale. L’absence de réactions des marchés constitue une immense surprise, d’autant plus qu’il y a encore moins d’un mois, les actifs risqués poursuivaient une hausse ininterrompue pratiquement sans oscillation sous l’impulsion du regonflement du bilan de la Réserve Fédérale. Or même le « bazooka » de la Réserve Fédérale n’a pas empêché une deuxième journée de capitulation.

Un black swan pour les investisseurs

La difficulté de cette crise est qu’elle est inédite. Jamais le monde n’a connu une situation où, sans crise financière, une économie peut s’arrêter brutalement pour une durée indéterminée. Quel est le rythme d’activité en période de confinement ? Combien de temps dure le retour à la normale quand l’activité peut repartir ? Est-ce que la divergence de politique sanitaire entre ceux qui pratiquent le confinement et ceux qui ne le pratiquent pas ne va pas maintenir les frontières durablement fermées ? Autant de questions cruciales sur l’intensité et surtout la durée d’une telle situation, auxquelles il est difficile de répondre à ce stade, d’où l’incapacité du marché à trouver un prix d’équilibre.

La divergence des politiques sanitaires augmente l’incertitude

Le constat de ces dernières semaines en Asie est que le confinement est très coûteux en termes d’activité mais au moins il fonctionne. La reprise progressive de l’activité en Chine montre que cette crise peut être violente mais bornée en termes de durée. Une grande partie de l’Europe continentale finit par suivre l’exemple asiatique (l’Allemagne toutefois prend nettement moins de précautions que l’Italie, la France et l’Espagne) et on peut donc espérer un pic européen de l’épidémie en avril. Mais pour l’heure, deux pays du G7 ne semblent pas partis pour suivre le même chemin : les Etats-Unis et le Royaume-Uni. Autrement dit, au regard de l’absence d’expériences antérieures qui serviraient de comparaison, à supposer que ces deux pays maintiennent le refus du confinement, il est très difficile d’estimer le timing de fin de cette crise économico-sanitaire et donc son coût total. Beaucoup ont regretté le manque de coordination internationale en termes de politique économique pour répondre à cette crise. Indéniablement, elle aurait été préférable. Mais l’absence de coordination internationale des politiques sanitaires est certainement bien plus déplorable. Car si le coût de la crise en Europe est encore très incertain, l’après-crise ne ressemble pas nécessairement à un « back to business » classique. L’incertitude reste donc très élevée et c’est bien ce que reflète les valorisations actuelles des actifs financiers.

La crise financière se déroule mais beaucoup d’étapes ont été franchies 

Tout d’abord, deux journées de capitulation se sont déjà produites. Les autorités monétaires et fiscales annoncent pour leur part des mesures de très grande ampleur. La BCE a rapidement changé de braquet dans ce contexte, en débloquant 750 milliards d’euros. Non seulement les mesures prises permettront d’éviter beaucoup de faillites à court terme mais elles devraient aussi accélérer la reprise quand l’économie sortira du confinement. Par ailleurs, on commence à accumuler suffisamment de données pour estimer l’impact du confinement et dans certaines régions, l’épidémie recule. Enfin, les valorisations de marchés reviennent à des niveaux attractifs.

L’heure n’a pas encore sonné pour de grands choix d’allocation d’actifs

Valorisations attractives, relances fiscales et monétaires massives en chemin, capitulation des marchés déjà derrière nous : autant de cases déjà cochées pour nourrir un rebond des marchés. Il manque néanmoins une amélioration de la visibilité quant à la durée de cette crise et ce sera pour nous déterminant. L’annonce d’un confinement aux Etats-Unis constituerait à nos yeux un changement significatif. Ce n’est pas parce qu’en apparence, Donald Trump semble ne pas vouloir emprunter ce chemin qu’il faut figer cela dans le marbre. Il semblait encore très réticent à un plan de relance la semaine dernière avant finalement d’afficher sa volonté de faire approuver par le Congrès le déblocage d’une enveloppe de six points de PIB.

 

Restons patients

Le caractère inédit de cette crise a provoqué un tel effet de surprise qu’il y a eu comme un sentiment d’improvisation et un retard des instances de décision dans l’annonce de mesures sanitaires et de politiques économiques. Mais force est de constater que la mesure de la crise a été prise et que nous assistons à un rattrapage rapide des différentes autorités pour apporter une réponse efficace. Tout change très vite en ce moment et tout peut se produire. C’est la dynamique de l’épidémie et la convergence des politiques sanitaires qui attirent toute notre attention et qui éclaireront nos prochaines décisions d’allocation d’actifs. En attendant, nous maintenons notre allocation d’actifs, équilibrée en actions et sous-pondérée en crédit.

 


Les Etats-Unis et le Royaume-Uni au centre des préoccupations

Benjamin Melman, Global CIO Asset Management.

Achevé de rédiger le 16/03/2020.

La situation que connaissent les investisseurs, marquée par une liquidité qui disparaît peu à peu, est inédite. Si le contexte n’est pas le même qu’en 2008, période à laquelle les marchés ont fait face à des risques systémiques (subprimes, fragilité des banques), il se caractérise par de fortes incertitudes qui font plonger les places boursières chaque jour un peu plus. Ainsi, l’économie mondiale est pratiquement à l’arrêt pour une durée indéterminée et le nombre de cas de contamination au coronavirus devrait augmenter rapidement au cours des deux prochaines semaines. Le niveau d’écartement des spreads de crédit High Yield, s’il devait se maintenir, pourrait présager d’une situation extrêmement compliquée pour les mois qui viennent.
Tous ces éléments appellent une réponse forte de la part des autorités économiques, financières et monétaires. Un grand nombre de pays a d’ores et déjà dévoilé une politique ambitieuse de soutien, à hauteur de plusieurs dizaines de milliards d’euros. Sur le front monétaire, la BCE s’est retrouvée sous le feu des critiques la semaine dernière, après l’annonce de mesures de faible ampleur. Le Royaume-Uni a pour sa part annoncé un plan cohérent de politique économique et monétaire. Quant à la Fed, elle a décidé de sortir le bazooka pour permettre aux banques de maintenir et même étendre leurs politiques de crédit.
Sur le plan sanitaire, on observe que les mesures de confinement fonctionnent, comme le montrent les exemples de la Chine et de la première ville italienne touchée par l’épidémie de coronavirus. Les cas de contamination se stabilisent, voire reculent. Selon une hypothèse vraisemblable, l’Europe pourrait suivre cette trajectoire grâce aux mesures de confinement et connaître un ralentissement de l’épidémie, avec un pic atteint fin mars / début avril. Les Etats-Unis et le Royaume-Uni n’ont quant à eux pas opté pour le confinement, entraînant une grande incertitude pour les investisseurs qui s’inquiètent des conséquences de cette absence de mesures.
Certaines étapes ont été franchies au cours des derniers jours. La capitulation de marché, étape dans une crise boursière, s’est produite. Des réponses économiques, financières, fiscales et monétaires adaptées à la situation ont été apportées mais les marchés focalisent maintenant leur attention sur les Etats-Unis concernant l’annonce d’un plan de relance économique et des mesures sanitaires plus offensives. Si Washington et Londres optaient pour le confinement de la population, les marchés pourraient alors envisager le début de la fin de l’extension de l’épidémie.
Dans ce contexte, nous maintenons notre allocation neutre sur les marchés actions et sous-pondérons les marchés obligataires. Nous restons dans l’attente de mesures sanitaires ambitieuses aux Etats-Unis et au Royaume-Uni et d’une réponse économique forte Outre-Atlantique pour modifier notre allocation d’actifs et tirer parti des niveaux de valorisation historiquement bas.


Flash spécial

Benjamin Melman, Global CIO Asset Management.

• L’impact économique de cette crise du Coronavirus est à ce stade extrêmement difficile à estimer. Il dépend de la longueur de l’expansion de l’épidémie et du coût des mesures de précautions qui seront prises par les acteurs publics et privés. Les meilleurs scénarios côtoient les pires. Parmi les plus optimistes, certains estiment que si l’épidémie européenne devait suivre la même dynamique qu’en Chine, le pic européen serait atteint au cours du mois. En revanche, si l’épidémie devait se diffuser mondialement et un peu plus durablement, les conséquences macro-économiques catastrophiques guettent, comme le montrent les différentes hypothèses de nos économistes. Une chose est certaine : plus la crise dure, plus le risque de mise en place d’une logique récessionniste implacable augmente (credit crunch, coupe des investissements, licenciements…) et sera difficile à inverser.

• Dans ce contexte encore très incertain, la dynamique chinoise offre une leçon encore très fragile mais …

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L'espoir d'un rebond

L’épidémie de coronavirus est dans tous les esprits avec d’un côté les risques de progression et de blocage des chaînes logistiques mais aussi, les espoirs de traitement et l’injection de liquidités. Cependant, il reste important d’essayer d’évaluer la situation de l’économie mondiale avant cet évènement.

Les signaux restent disparates mais plusieurs indicateurs sont encourageants notamment les résultats des entreprises au quatrième trimestre, l’emploi américain et plusieurs enquêtes d’opinion et indicateurs avancés comme l’ISM manufacturier européen.

Nous devons malheureusement faire face à….

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L'électron passe à l'Est

Le prix Nobel de Chimie 2019 a été attribué à 3 chercheurs – 2 américains et 1 japonais- pour leurs travaux sur les batteries Lithium-ion.

Pour la petite anecdote : un des lauréats, Dr Whittingham, a commencé ses travaux chez Exxon. La société pétrolière s’intéressait aux batteries dans les années 70, au moment du pic pétrolier. Exxon a même cherché à commercialiser une première batterie mais a abandonné le projet avec la baisse du prix du pétrole.

La 1ere batterie lithium rechargeable a été commercialisée par Sony en 1991. Depuis l’avenir de la batterie se joue à l’Est.

L’usage des batteries s’est démocratisé grâce aux appareils électroniques, mais…

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PERSPECTIVES & CONVICTIONS - MAGAZINE JANVIER 2020

#2020 L’OEIL DU CYCLONE

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