CHAHINE CAPITAL

Pionnier européen de la gestion quantitative, Chahine Capital est une société de gestion experte en « performance engineering » à travers ses modèles propriétaires basés sur une approche Momentum.

Notre équipe de gérants et d’analystes est composée d’ingénieurs experts dans l’exploitation et la valorisation de données financières. Elle mène en permanence des travaux de recherche qui sont à l’origine d’une performance remarquable depuis plus de 20 ans.

Notre ADN tient tout entier dans notre capacité de recherche et notre passion pour l’innovation, ce qui fait aujourd’hui de Chahine Capital le spécialiste européen de la gestion quantitative. Différenciante et diversifiante, cette gestion rationnelle et performante, profite de sa capacité à analyser une masse significative de données en neutralisant totalement les biais humains, avec une maîtrise optimale du risque idiosyncratique (ou risque de signature).

Cette technique de gestion éprouvée et reconnue académiquement offre la particularité de s’adapter à des régimes de marché différents.

Notre Sicav Digital Stars Fund, créée en 1998, gère + 950M€ d’actifs au travers de ses fonds actions Europe, Europe Ex UK et US Equities notamment.

Les dernières infos de CHAHINE CAPITAL

STRATEGY OVERVIEW

Chahine Capital

Désynchronisation temporaire des dynamiques économiques au niveau mondial

Conclusions

Le pic d’inflation, initialement attendu aux États-Unis au 2ème trimestre 2021, aura finalement eu lieu dans le courant de l’été : après être passée de +1,4 % en début d’année à plus de +5,3 % en juin, l’inflation des prix à la consommation a commencé à se stabiliser en juillet. Même si cela reste très supérieur à la cible d’inflation de la Réserve fédérale, le caractère transitoire de la hausse des prix nous amène à penser, comme la FED, qu’elle ne présente pas de véritable risque pour l’économie américaine à ce stade. De fait, les déclarations de J. Powell lors du symposium économique de Jackson Hole ont confirmé notre position : la FED pourrait légèrement resserrer sa politique monétaire à partir de la fin d’année mais aucune rupture brutale ne doit être envisagée.

Dans ces conditions, nous réitérons notre conviction qu’un krach obligataire est peu probable à horizon de court, moyen et long terme, et que les taux souverains resteront bas pendant plus longtemps qu’anticipé, rendant soutenables les niveaux de valorisation des marchés actions actuels.
À l’inverse de la Chine et des États-Unis, la zone euro (et plus largement l’Union européenne) a connu une deuxième vague de récession lors du T4-2020, avec une baisse de -0,6 % du PIB réel en variations trimestrielles annualisées. Parmi les principales zones économiques mondiales, elle est donc la dernière à avoir sorti la tête de l’eau. Conséquence, l’optimisme est de mise chez les directeurs d’achat et l’économie européenne va également pouvoir compter sur le soutien budgétaire européen, qui devrait installer plus solidement une re- prise ayant surtout donné des signaux contradictoires jusqu’alors. Autant dire qu’aucun changement de politique monétaire n’est à attendre actuellement, encore moins que pour la FED.

Cela conforte encore un peu plus notre scénario de « japonisation » de l’Europe.
Temporaire, la montée de l’inflation ne constitue pas un risque majeur pour les économies de grande taille.
En revanche, elle pourrait durement impacter les pays émergents les moins favorisés. Si la Chine sort du lot, c’est parce qu’elle parvient de mieux en mieux à se couvrir contre le risque inflationniste et que le degré de maturité de son économie l’apparente désormais plus à un pays riche qu’à un pays émergent. Pour que la Chine déraille, il faudrait une accélération du processus de régulation du partage de la valeur ajoutée en interne, ce qui nous paraît peu probable à court terme, les autorités s’efforçant d’abord de reprendre la main sur les grands trusts chinois.

Les trimestres se suivent et la microéconomie continue d’afficher une résilience à toute épreuve, plus particulièrement aux États-Unis.

En effet, la saison des publications du deuxième trimestre affiche des chiffres records : 97 % des sociétés composant le S&P 500 ont publié à ce jour et ces dernières affichent une croissance bénéficiaire de +93,8 % en agrégé, ce qui amènerait l’indice complet (en ajoutant les 3 % n’ayant pas encore publié) à une hausse de +91,9 % ! Soit des chiffres bien plus élevés que ce qui était encore prévu par les analystes à la fin juin quand ces derniers n’anticipaient qu’une hausse de +63,0 % des bénéfices pour le T2.
Les indices actions continuent leur inexorable ascension : en effet depuis notre précédente lettre, les marchés américains et européens ont respectivement rebondi de +5 % et +4 % (en monnaies locales). Ceci est à mettre en relation avec le reflux important de taux observé depuis la fin juin. A cela vient s’ajouter le fait que les perspectives bénéficiaires ont poursuivi leur dynamique haussière avec une année 2021 qui a été considérablement revue à la hausse. Dans ces conditions, notre modèle d’évaluation indique toujours qu’une consolidation est possible sur les marchés américains.

Nous continuons donc de surpondérer les actions européennes par rapport aux actions américaines.
Michaël Sellam


La Lettre du Gérant

Chahine Capital

Cher(e) Actionnaire,

Les indices actions ont poursuivi en août leur hausse (S&P 500 NR +3.0%, MSCI Europe NR +2.0%), et de nouveaux
records historiques ont été atteints aux États-Unis et en Europe. Pourtant, le puissant Momentum économique actuel
couplé à la hausse de l’inflation, qui mois après mois se confirme, fait craindre un durcissement à venir des banques
centrales. Il semblerait toutefois que les investisseurs n’envisagent pas de « tapering » prématuré et brutal, en raison
des besoins de financement de la dette publique. Par ailleurs la générosité des primes de risque reste un soutien de taille pour les actions (prime de risque à 6.4% en Europe vs. 5.0% en moyenne historique, et 3.4% aux US vs. 3.2%), tout comme la dynamique de révision du consensus des bénéfices par les analystes. Depuis 3 mois, le BPA 2021 du STOXX Europe 600 a été en effet relevé de 11.4% et celui du S&P 500 de 5.2%.

Les fonds Digital affichent un dixième mois consécutif de hausse, et surperforment en août leurs indices de référence.
Les fonds ont pleinement bénéficié de leur positionnement hybride entre valeurs de croissances bénéficiant de la
mutation long terme de l’économie vers le Digital et valeurs cycliques bénéficiant du redressement actuel de
l’économie (principalement dans le secteur industriel). Les titres technologiques de Digital Stars Europe ont réalisé
+9.7% sur le mois, portés par les semi-conducteurs (ASM, ASML, Aixtron) et par Qt Group. La performance mensuelle de Digital Stars Europe Acc est de +3%, contre +2% pour le MSCI Europe NR. Digital Stars Europe Ex-UK Acc termine août à +2.8% contre +2.2% pour le MSCI Europe ex UK NR. Digital Stars Eurozone Acc aréalisé +2.6% contre +2.5% pour le MSCI EMU NR.

Les rebalancements effectués en août ont favorisé les grandes capitalisations, c’était déjà le cas en juillet. Depuis juin, ils sont plus diversifiés et moins tournés vers les valeurs cycliques que ceux du début d’année. Le fonds s’adapte donc à une reprise économique plus incertaine du fait du variant delta. Les valeurs de la santé sont les plus représentées dans les entrants du mois. On trouve également des titres de la chimie, du luxe, ou des industrielles.
Digital Stars Europe reste surpondéré sur les industrielles et la technologie. Le fonds est sous-pondéré dans l’alimentaire, la santé (mais la sous pondération est réduite) et les « Utilities » ; et dans une moindre mesure sur les matières premières et les financières. Le Royaume-Uni reste la première pondération à 18%, devant la Suède 12.7%, et l’Italie 10.9%.

Digital Stars Europe Smaller Companies Acc a progressé de +4.0% en août, devançant ainsi le MSCI Europe Small Cap NR (+3.5%). Le fonds a bénéficié de l’excellente performance des valeurs technologiques (Qt Group) et d’un bon positionnement dans les industrielles (Hexatronic, Heidelberg Drucksmaschinen, Derichebourg).
Lors de la dernière revue mensuelle du portefeuille, la distribution a été significativement allégée, et la technologie a été nettement renforcée, notamment les éditeurs de logiciel.
Le portefeuille est toujours très nettement surpondéré dans l’industrie, ainsi que dans la technologie et la santé, et
sous-pondéré dans l’immobilier, les matériaux et les financières. La Suède (20.6%) est le premier pays du fonds, devant le Royaume-Uni (17.4%), toujours très sous-pondéré.
Digital Stars US Equities Acc USD a terminé en hausse de +3.0% ce mois-ci, en ligne par rapport au S&P 500 NR, mais devant le Russell 2000 NR à +2.2%. Malgré un début de mois difficile pour les semi-conducteurs (CyberOptics, Lam Research), les valeurs de croissance sont finalement les gagnantes du mois sur le marché américain.

Le fonds a rattrapé le marché grâce aux industrielles (le transport avec Matson, les RH/Conseil avec Franklin Covey, etc.). Le fonds affiche +32.6% depuis le début d’année.

La dernière revue mensuelle du portefeuille a surtout renforcé les financières, et allégé les matériaux de base.
Le portefeuille est surpondéré dans la consommation cyclique, l’industrie, et la finance, et sous-pondéré dans la
technologie, les médias, et la santé.

Chahine Capital

Votre contact commercial et marketing ainsi que l’équipe de gestion restent à votre disposition pour plus d’informations sur les fonds Digital et notre vision des marchés.

Si vous souhaitez vous désabonner de ce rapport mensuel, envoyez un mail à info@chahinecapital.com

Cordialement,
L’équipe de gestion

 


La Lettre du Gérant

CHAHINE CAPITAL

Le mois de juin aura été favorable aux indices actions (S&P 500 NR +2.3%, MSCI Europe NR +1.7%) qui alignent leur 5ème mois consécutif de hausse. Rien ne semble s’opposer à cette puissante tendance haussière.Pourtant, la communication perçue comme moins accommodante de la Fed, aurait pu servir de prétexte pour une saine correction des indices. Tout comme la montée des craintes liées au développement inquiétant du variant Delta. Les investisseurs ont finalement préféré retenir la bonne santé de l’économie, matérialisée par un indicateur de Momentum économique qui progresse encore des deux côtés de l’Atlantique. En Europe, ce dernier atteint même un niveau record.

Toutefois, le comportement relatif des différents segments de marché a évolué de manière contre-tendancielle durant le mois. Le style « Visibilité/Qualité », grâce au bon comportement des secteurs Alimentaire et surtout Santé, se distingue en juin et rattrape une partie de son retard depuis le début de l’année. À l’inverse, la « Value » sous-performe et pâtit de l’aplatissement de la courbe des taux.

Les fonds Digital affichent un huitième mois consécutif de hausse, mais sous-performent légèrement en juin les indices de grandes capitalisations. Le mois a été marqué par un rebond des valeurs « qualité », non-cycliques, (santé, alimentaire) dont le début d’année avait été décevant. Le secteur de l’énergie a également bien performé. À l’inverse …

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La Chine ouvre le bal de la politique antitrust dans la Tech

Chahine Capital

La rocambolesque « disparition » de Jack Ma, président-fondateur d’Alibaba, durant plusieurs mois constitue certainement l’épisode le plus épique de la lutte actuelle du Parti Communiste Chinois pour garder la mainmise sur son secteur technologique ! Depuis lors, les faits marquants se succèdent dans le secteur de la Tech chinoise : l’annulation de l’introduction en bourse d’Ant Group, l’interdiction du Bitcoin et le bannissement de l’activité de minage des cryptomonnaies, etc. La vision stratégique de long terme de la Chine qui cherche à rattraper son retard technologique (comme a pu le montrer l’exemple de la 5G, par exemple) n’est pour autant pas remise en question par les récents événements : l’effort de R&D du pays est devenu considérable, avec des dépenses dormais plus de 15x supérieures à ce qu’elles étaient il y a 20 ans.

Face à l’inexorable ascension de la Chine dans un domaine à désormais forte consonance sécuritaire, les pays occidentaux tentent de créer un front technologique commun : en s’associant, leurs dépenses de R&D resteraient encore 2x supérieures à celles de la Chine… ce qui changerait invariablement la donne dans la « guerre commerciale et technologique » sino-américaine. Au niveau géostratégique, il s’agit bien sûr aussi pour les États-Unis d’œuvrer à….

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Marchés chers : oui ; en surchauffe : non !

Chahine Capital

En dépit de momentum macros et micros très bien orientés, les investisseurs commencent à douter de la durabilité du mouvement de hausse débuté il y a plus d’un an désormais. Les titres d’articles comme « Danger sur les marchés » s’accumulent, avec des analogies avec les années 2000 ou 2007-2008 qui fleurissent depuis quelques semaines. Mais, au-delà du rythme d’appréciation clairement déconnecté de la réalité économique, c’est surtout l’ambiance sur les marchés qui interpellent : le FLIPO (Free Lunch at Initial Public Offer) de la fin des années 90 a désormais été remplacé par le FOMO (Fear Of Missing Out)… La situation actuelle peut-elle, comme en 2000 ou en 2007, dégénérer dans les mois qui viennent ? Nous n’en sommes aujourd’hui clairement pas convaincus.

Les taux souverains semblent avoir atteint leurs points bas définitifs en fin d’année dernière, avec des niveaux négatifs dans de nombreux pays et un point bas historique à 0,5% aux Etats-Unis. La hausse des obligations souveraines s’est naturellement transmise au reste de la cote obligataire, qui elle aussi bat désormais des records de cherté, que ce soient l’Investment Grade mais surtout le High Yield dont le spread atteint des records de faiblesse aux Etats-Unis et en Europe. Il faut toutefois se méfier des conclusions hâtives, car si les taux nominaux n’ont effectivement jamais été aussi faibles par le passé, ce n’est par contre pas le cas des taux réels sur longue période. Dans ces conditions, nous estimons que les taux nominaux souverains et corporate devraient se maintenir durablement proches des niveaux actuels.

Les signaux de surchauffe paraissent aujourd’hui nombreux concernant les marchés actions, notamment si l’on se réfère aux épisodes passés. Pourtant, nous estimons là encore que comparaison n’est pas raison. D’une part, le momentum microéconomique est actuellement extrêmement favorable et permet de ramener le PEG ratio (qui prend en compte la croissance bénéficiaire anticipée) à des niveaux plus raisonnables qu’avant la crise du Covid. D’autre part, et à la différence du passé, les grands argentiers du monde affichent désormais clairement leur volonté de soutenir les marchés financiers, obligataires bien sûr, mais aussi actions. Et cela fonctionne, comme le démontre la relation évidente entre extension du bilan de la Fed et S&P 500. Dans ces conditions, même si le potentiel de hausse pour les marchés actions apparaît aujourd’hui limité au regard du chemin déjà parcouru, notamment aux Etats-Unis, les actifs risqués devraient toutefois être en mesure de se stabiliser durablement autour des niveaux actuels au niveau mondial.

La saison de publication des résultats s’achève sur des chiffres impressionnants aux Etats-Unis. En effet, si l’on s’intéresse au S&P 500, la quasi-intégralité des sociétés a aujourd’hui publié ses résultats (98% pour être exact, soit 495 sociétés sur les 500 que composent l’indice) et 87% d’entre-elles ont affiché des bénéfices par actions supérieurs aux attentes des analystes ! Un chiffre record depuis que FactSet fournit cette donnée (depuis 2008) ! Rappelons qu’en moyenne, les surprises positives sont de l’ordre de 74% (moyenne sur les 5 dernières années). De plus, la croissance agrégée des bénéfices attendus pour l’ensemble du S&P 500 au T1 2021 est aujourd’hui de +52% (contre seulement +23,8% attendu fin mars dernier et +15,5% attendu en fin d’année dernière), soit la plus forte hausse observée depuis le T1 2010 (+55,4% à l’époque) !

A court terme, notre modèle d’évaluation indique qu’une consolidation reste toujours nécessaire sur les marchés américains. Si les taux se stabilisent aux niveaux actuels, la correction devrait être de l’ordre de -9% à -10% de baisse. Notre scénario intégrant le fait que les hausses de taxes impacteront les bénéfices futurs des sociétés américaines à partir de 2023 (ce qui ne semble pas intégré dans les cours boursiers à l’heure actuelle) nous indique une baisse potentielle plus importante de l’ordre de -14% (si les taux se stabilisent), mais celle-ci se limiterait à -8% si les taux longs venaient à refluer légèrement vers 2%. Il nous semble donc toujours pertinent de recommander la prudence vis-à-vis des actions américaines. La zone euro continue de son côté à afficher une dynamique bien différente. Notre modèle d’évaluation nous indique que les actions européennes sont aujourd’hui à leur juste prix quel que soit le scénario envisagé. Comme le mois dernier, nous surpondérons donc toujours les actions européennes par rapport aux actions américaines.

Michaël Sellam

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L’Europe peut-elle rattraper son retard ?

Chahine Capital

Après l’OCDE au mois de mars, c’est au tour du FMI de se montrer très optimiste pour la croissance à venir. Dans un contexte où la contraction de l’économie mondiale aura été globalement moins sévère que ce qui avait été envisagé pour l’année passée, la croissance du PIB mondial devrait atteindre +6 % contre +5,5 % dans les projections du FMI du mois de janvier, alimentée principalement par la reprise chinoise (+8,4 % prévu) mais aussi américaine (+6,4 %). Pour la zone euro, les projections du PIB réel ne sont qu’à +4,4 % en dépit d’une contraction initiale beaucoup plus sévère qu’ailleurs dans le monde… On aurait pu s’attendre à un rebond fantastique pour le Vieux continent, à la hauteur de la chute initiale… malheureusement, un ressort semble indéniablement cassé, comme l’illustrent d’ailleurs les derniers indicateurs conjoncturels. Dans ces conditions, si l’on peut comprendre les craintes de reprise de l’inflation en Asie et aux Etats-Unis (même si nous les considérons comme exagérées, cf. notre lettre du mois d’avril), envisager une hausse généralisée des prix sur le Vieux continent nous parait plus qu’incongru.

Face à cette situation tendue pour les agents privés européens, le soutien de la demande publique parait encore plus crucial qu’ailleurs dans le monde. Pourtant, là aussi, les autorités européennes peinent à suivre le rythme des autres. Avec le plan de relance “Next Generation EU”, l’UE 27 a indéniablement franchi une étape supplémentaire dans la construction européenne, notamment en permettant à la Commission européenne d’emprunter pour la première fois sur les marchés en son nom propre. Mais il se pourrait bien que la réussite soit plus politique qu’économique… En effet, à y regarder de plus près, le plan de relance européen de 750 Mds € (<6 % du PIB des 27 membres) apparaît de plus en plus comme le parent pauvre de la stratégie du « Build Back Better » de Joe Biden. Alors que les tensions émergent entre les pays de la zone euro, la BCE n’a donc pas d’autre choix que d’intervenir massivement pour permettre à la zone de ne pas imploser.

Les indices actions restent cependant toujours bien orientés, poussés par les perspectives macro améliorées, les plans de relance, mais aussi la microéconomie qui se porte très bien. Le MSCI World est ainsi passé de 3,9 % YTD début février à 11,3 % YTD en ce début mai, porté majoritairement par les marchés actions américains et européens. Les marchés émergents et asiatiques montrent quant à eux une légère respiration après un début d’année sur les chapeaux de roues (MSCI Emerging Market à +6,8 % YTD contre +8,9 % YTD à la fin janvier, ou le MSCI Japan à +6,7 % YTD contre +8,0 % YTD à la fin janvier).

La saison de publication des résultats vient de commencer aux Etats-Unis, et le moins que l’on puisse dire est que les premiers résultats qui sont annoncés par les sociétés du S&P 500 sont très bien orientés. En effet, à l’heure actuelle environ 25 % des sociétés (123 pour être exact) ont publié leurs résultats, et 84 % d’entre-elles ont affiché des bénéfices par actions supérieurs aux attentes des analystes. De plus, la croissance agrégée des bénéfices attendus pour l’ensemble du S&P 500 au T1 2021 est aujourd’hui de +33,8 % (contre seulement +23,8 % attendu fin mars dernier et +15,5 % attendu en fin d’année dernière), ce qui serait la plus forte hausse observée depuis le T3 2010 ! Au niveau sectoriel, malgré les fortes révisions à la hausse au cours du mois écoulé, nous n’observons pas de changement de dynamique par rapport aux estimations des analystes du mois dernier. Le premier trimestre 2021 devrait ainsi être marqué par le retour en grâce de secteurs ayant souffert au cours des 3 derniers trimestres de l’année écoulée : le secteur financier, le secteur des biens de consommation cyclique (automobile, …) ainsi que le secteur des matériaux.

Notre modèle d’évaluation indique qu’une consolidation reste aujourd’hui nécessaire sur les marchés américains. Si les taux se stabilisent aux niveaux actuels, la correction devrait être de l’ordre de -12 % de baisse. Notre scénario intégrant le fait que les hausses de taxes impacteront les bénéfices futurs des sociétés américaines à partir de 2023 nous indique une baisse potentielle de -16 % (si les taux se stabilisent), mais celle-ci se limiterait à -10 % si les taux longs venaient à refluer légèrement vers 2 % (c’est notre scénario central). Comme le mois dernier, il nous semble toujours adéquat de recommander la prudence vis-à-vis des actions américaines et de surpondérer de fait les marchés actions européens par rapport aux marchés actions américains.

Michaël Sellam

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L’inflation peut-elle vraiment faire son grand retour ?

Chahine Capital

Depuis bientôt deux mois, les commentateurs s’en donnent à cœur joie : l’inflation serait sur le point de faire un retour en force ! D’aucuns pensent qu’elle viendra du rebond des matières premières, d’autres des liquidités injectées dans l’économie par les gigantesques plans de relance subventionnés par les Banques Centrales, celui à 1 900 Mds $ de Joe Biden en tête. Les investisseurs n’ont pas tardé à s’emparer de la thématique… les anticipations d’inflation ayant violemment rebondi depuis quelques mois. Toutefois, nous considérons ces anticipations de marchés comme exagérées et nous ne sommes pas les seuls : les dirigeants de la FED et de la BCE sont unanimes quant au caractère « temporaire » du risque inflationniste lié au rebond du prix des matières premières et à des pénuries ponctuelles. En outre, l’observation fine des données nous donne une image moins « dorée » de l’économie américaine que ne le prétendent les défenseurs du scénario inflationniste. Pour nous, l’absence totale de contraintes sur la production est un des points majeurs allant à l’encontre d’une remontée durable de l’inflation. D’une part, le taux d’utilisation des capacités de production reste à un niveau très faible à 73,8 %. D’autre part, le taux de chômage que nous recalculons en incorporant les chômeurs découragés et les temps partiels subis reste à 13,8 %, soit un niveau bien supérieur à celui d’avant crise (sans pour autant que nous constations à l’époque d’emballement de l’inflation salariale, notamment en raison d’un taux de syndicalisation des travailleurs en baisse depuis les quatre dernières décennies dans la plupart des grands pays riches). Autre point limitant l’impact inflationniste du plan de relance à court terme, nous estimons qu’une très large part de ce dernier continuera à être absorbée par l’épargne. En effet, le comportement des ménages est, pour le moment, sans équivoque : les gigantesques transferts budgétaires distribués ont été épargnés plus que consommés. Enfin, l’essentiel de la consommation des ménages américains se traduit par une augmentation des importations de biens plus que par une intensification de la consommation de services. Ceci explique la faible corrélation entre demande intérieure et inflation sous-jacente, la seule capable de faire évoluer les politiques monétaires de demain. Après un T4 2020 bien meilleur qu’initialement attendu par les analystes financiers avec finalement +4,0 % de croissance bénéficiaire, les estimations actuelles pour le T1 2021 restent très bien orientées. En effet, le consensus s’attend actuellement à une hausse des bénéfices de +23,3 %, soit la plus forte croissance bénéficiaire observée depuis le T3 2018. Au niveau sectoriel, le premier trimestre 2021 devrait être synonyme du retour en grâce des secteurs ayant le plus souffert au cours des 3 derniers trimestres de l’année écoulée : le secteur des biens de consommation cyclique, le secteur des matériaux mais également le secteur financier. Seuls les secteurs de l’énergie et de l’industrie restent encore pénalisés, mais la tendance devrait s’inverser. Les craintes inflationnistes outre-Atlantique ont continué de faire pression à la hausse sur les taux longs à 30 ans. Dans ces conditions, notre modèle d’évaluation indique qu’une consolidation reste aujourd’hui nécessaire sur les marchés américains. Si les taux se stabilisent aux niveaux actuels, la correction devrait être substantielle avec -16 % de baisse attendue. Notre cible est toutefois légèrement moins conservatrice : considérant que notre modèle exprime surtout la nécessité pour le S&P 500 d’effectuer une respiration après une hausse quasiment ininterrompue (+75 %) depuis la mi-mars 2020, tout comme les taux longs qui devraient refluer à moyen terme autour de 2 %, nous retenons comme objectif un cours cible de 3673 pour le S&P 500, soit une baisse attendue de -7,5 % par rapport au niveau actuel. La dynamique est toute autre en zone euro où les craintes de retour de l’inflation sont inexistantes, dans un contexte où Christine Lagarde se montre très volontariste sur le sujet. La moyenne des taux à 30 ans s’étant stabilisée et le consensus n’ayant pas fondamentalement évolué depuis le mois précédent, notre modèle d’évaluation nous indique que le marché européen est proche de son prix d’équilibre. Dans ces conditions, nous surpondérons toujours les actions européennes par rapport aux actions américaines.

Michaël Sellam

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La lettre de gestion mensuelle par notre gérant J.Bernier

Chahine Capital

Le mois de février a encore été favorable aux investisseurs actions (MSCI Europe NR +2.5%, S&P 500 NR +2.7%) et une nouvelle phase de surperformance des composantes value et cycliques a pu être en parallèle observée. Le style Value progresse en effet de +8.3% sur le mois en Europe selon nos mesures. La puissante rotation des styles initiée au début de l’automne dernier reste donc en place. Elle est clairement favorisée par des pressions reflationnistes que les taux longs ont fini par intégrer, ainsi que par la promesse d’une reprise économique puissante en raison de nombreux effets de base favorables et de l’épargne que les ménages auront constitué pendant la crise sanitaire. La reconnaissance de la valeur de la classe d’actifs actions, que nous défendons depuis de nombreux mois, est donc en marche et pourrait se poursuivre dans les prochains mois. Les primes de risque des marchés américains et surtout européens restent toujours au-dessus de leurs moyennes historiques, et une revalorisation plus profonde des actions reste encore le scenario le plus probable à moyen/long terme, même si nous approchons en Europe de la résistance des plus hauts de 2020.

Les fonds Digital poursuivent leur progression en février et surperforment de nouveau leurs indices de référence. Le début du mois a été particulièrement positif. Les fonds ont alors bénéficié d’une tendance toujours très forte sur les valeurs du digital, grandes gagnantes de la crise sanitaire, et d’annonces de résultats dépassant les attentes sur de nombreux titres (Sinch, Kindred, Evolution Gaming…). La deuxième partie du mois a vu…

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La Chine tire trop rapidement les matières premières vers le haut

Chahine Capital

Mais où s’arrêtera la Chine ? Après avoir comme tout le monde souffert en début d’année en raison de la crise sanitaire, le rebond de l’empire du Milieu a été impressionnant, permis contre toute attente par l’envolée des exportations, à rebours du ralentissement du commerce mondial.
Comble de l’ironie, ce sont les exportations vers les Etats-Unis qui se sont le plus envolées… au moment même où Donald Trump faisait ses adieux à la Maison Blanche. Mais la bataille est loin d’être terminée et Joe Biden a déjà commencé à se pencher sur cette question. Ce dernier a d’ailleurs d’ores et déjà dénoncé les pratiques commerciales « coercitives et déloyales » de l’empire du Milieu lors d’un entretien avec Xi Jinping en milieu de mois dernier… provoquant l’ire de Pékin. En réponse, les chinois ont affirmé vouloir réduire les exportations des terres rares, métaux indispensables aux industries de la défense et de la tech, notamment à destination des Etats-Unis.

Les tensions géopolitiques qui pourraient découler de ce conflit ouvert entre les deux plus grandes puissances mondiales ne sont toutefois pas un sujet d’inquiétude pour les investisseurs. Pour le moment, seule la thématique du recovery mondial piloté par la Chine les intéresse, entrainant vers le haut toutes les matières premières, qu’elles soient énergétiques ou même agricoles. Attention toutefois, car l’inflation des prix des matières premières est telle qu’elle pourrait pénaliser assez rapidement les marges des entreprises mais surtout le pouvoir d’achat des ménages occidentaux, déjà bien fragiles, et ainsi étouffer dans l’oeuf le rebond qui devra gagner en vigueur une fois les stratégies de vaccination plus avancées. C’est d’ailleurs cette crainte d’un retour trop rapide de l’inflation qui commence à faire douter les investisseurs, avec la hausse des rendements obligataires, surtout américains, et le début d’une correction des indices boursiers en fin de mois dernier.

Dans le sillage de la Chine, la croissance mondiale devrait repartir en 2021, même si les prévisions de croissance des différentes grandes institutions internationales sont aujourd’hui divergentes. En observant l’avancée des stratégies vaccinales, nous faisons aujourd’hui plus confiance aux prévisions du FMI, plus favorables aux Etats-Unis (+5.1%) qu’à la zone euro (+4.2%). En effet, le rythme de vaccination reste presque 3x supérieur aux Etats-Unis. L’écart se creuse donc logiquement et il est fort probable que les objectifs de croissance ne soient pas atteints sur le Vieux Continent. Au final, entre des indices boursiers européens pénalisés par des perspectives de croissance plus faibles qu’ailleurs et des indices américains pénalisés par la remontée des taux (le 10 ans américain se rapproche inexorablement du rendement des dividendes du S&P500), ce sont les indices asiatiques et émergents qui s’en tirent le mieux depuis le début d’année (respectivement +8.0% et +8.9% pour le MSCI Japon et MSCI pays émergents).

Pour le moment,…

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Election de J. Biden : une bonne nouvelle pour les marchés ?

Chahine Capital

La crise de la Covid aura été fatale à Donald Trump, ce dernier étant lâché par ses soutiens financiers et Wall Street malgré les gages donnés par l’ancien président sur les fronts économiques et financiers. Alors que Joe Biden a pris la tête de la Maison Blanche le 20 janvier, certains commentateurs y voient déjà un troisième mandat Obama. Il semble toutefois que la présidence de Biden pourrait prendre une direction bien plus sociale avec un passage immédiat à un salaire minimum fédéral à hauteur de 13$/h et une hausse du taux d’imposition sur les sociétés de 21 à 28%… En outre, c’est le plan de relance de 1 900 Mds$ qui occupera le début de mandat pour favoriser la demande intérieure avec de nouveaux chèques de relance de 1400$ pour les ménages (Helicopter Money).

L’explosion des besoins de financement public associés à cette politique pourrait avoir de lourdes consé-quences sur les marchés. En effet, le rythme d’extension du bilan de la Fed est aujourd’hui très insuffisant pour financer en totalité les besoins de financement de l’Etat américain, sans même parler des plans de relance dans les infrastructures envisagées. Dans ces conditions…

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