Rolando Grandi - LFDE Echiquier Artificial Intelligence : « L'ère de l'IA ne fait que commencer »

Asset Management - Depuis un an, La Financière de l'Echiquier développe un fonds mondial qui investit dans l'intelligence artificielle (IA). Sur quels piliers repose cette gestion thématique ? Comment les valeurs en portefeuille sont-elles sélectionnées ? Quelles perspectives d'avenir se dessinent pour ce secteur ? Rolando Grandi, gérant chez La Financière de l'Echiquier (LFDE), nous présente le fonds Echiquier Artificial Intelligence.

« Investir dans des leaders mondiaux d’intelligence artificielle (IA) » En quelques mots, Rolando Grandi — gérant chez La Financière de l’Echiquier (LFDE) — résume la vocation du fonds Echiquier Artificial Intelligence. C’est un domaine très vaste, puisque l’IA désigne l’ensemble des théories et des techniques mises en œuvre en vue de réaliser des machines capables de simuler l’intelligence. Echiquier Artificial Intelligence est un compartiment de la SICAV de droit luxembourgeois Echiquier Fund. Dans son approche propriétaire, le fonds sélectionne 4 profils d’entreprises : celles qui vendent de l’IA, celles qui la développent, celles qui fournissent les infrastructures et celles qui adoptent la posture du facilitateur — c’est-à-dire les sociétés « qui vont fournir le cerveau ou des sens à l’intelligence artificielle, comme l’ouïe, la vue ou le toucher », précise Rolando Grandi.

Gestion de conviction

Depuis sa création le 20 juin 2018, le fonds affiche une performance de 13,8 %. Il a battu son indice de référence, le MSCI World Net Total Return — libellé en euros — de + 7,8 %. Echiquier Artificial Intelligence s’appuie sur une gestion de conviction pour se démarquer de ses concurrents passifs indiciels. « Nous investissons sur 32 sociétés en portefeuille avec une vraie hiérarchie de poids. Cela va de 9 % à 1 % afin que nos clients puissent acheter nos meilleures idées », explique Rolando Grandi. Dans sa stratégie de « stock picking », le fonds détermine le prix d’achat et de vente de chaque action à travers une évaluation à moyen terme. Le gérant organise une sélection rigoureuse des titres, en s’appuyant dans certains cas sur une analyse quantitative et qualitative.

D’après un document mis à jour le 28 juin dernier, le fonds privilégie les entreprises américaines (75,5 %) et chinoises (13,8 %). Dans son portefeuille, Echiquier Artificial Intelligence se concentre sur les entreprises du secteur des Technologies de l’Information (65,2 %). En un an, les principaux poids en portefeuille sont aussi les valeurs qui ont le plus pesé dans la performance du fonds. A titre d’exemple, la société américaine Alteryx — logiciels informatiques d’automatisation des données — a ainsi accéléré sa croissance de plus de 50 % sur la période concernée. Cette bonne santé de l’entreprise — première valeur en termes de poids dans le portefeuille (8,8 %) — a entraîné une forte appréciation en Bourse. « Ce résultat valide cette gestion de conviction que nous avons », se félicite Rolando Grandi.

Quel avenir pour l’IA ?

L’Intelligence Artificielle (IA) bénéficie actuellement d’une croissance exponentielle. Dans les trois ans à venir, le fonds Echiquier Artificial Intelligence s’attend à une croissance annuelle du chiffre d’affaires de +23 %. En dehors du podium des technologies de l’information, de la communication et de la santé, d’autres secteurs s’ouvrent à l’IA. Par exemple, la finance représente moins de 2 % du portefeuille du fonds Echiquier Artificial Intelligence. Ce secteur cache pourtant un potentiel de croissance important. L’automatisation du traitement des données intéresse le secteur de l’investissement socialement responsable (ISR), qui doit aujourd’hui traiter une surcharge importante de données extra-financières. L’intégration de l’IA n’en est encore qu’à ses débuts en termes d’analyse des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG).

Avec une durée d’investissement minimale conseillée de 5 ans, Echiquier Artificial Intelligence mise se projette à long terme. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. En raison de sa gestion discrétionnaire et de son exposition au aux marchés des actions et des produits de taux internationaux, l’OPCVM dispose d’une volatilité hebdomadaire historique sur 5 ans comprise entre 10 % et 15 %. Notez que le fonds n’est pas garanti en capital, et qu’il s’expose au risque de crédit. Echiquier Artificial Intelligence reste néanmoins très confiant face à l’avenir. « Mes différents déplacements aux Etats-Unis comme en Asie m’ont permis d’échanger avec les différents acteurs qui sont en train de mener vers l’avant cette révolution. Leur message a été unanime, l’ère de l’intelligence artificielle ne fait que commencer », conclut Rolando Grandi.

Mathilde Hodouin - Le Courrier Financier

Rédactrice en chef (depuis janvier 2019)

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