/ PERSPECTIVES / Emmanuel Petit - Rothschild AM : Fin du QE, risque ou opportunité ?

Asset Management - Fin de l'assouplissement monétaire : risque ou opportunité ? Emmanuel Petit, gérant chez Rothschild Asset Management, dévoile ses perspectives dans votre nouveau rendez-vous vidéo, réalisé en partenariat avec Fundee. Marché du crédit, succession à la tête de la BCE, stratégie de gestion, vision pour l'année à venir... Entrez dans les coulisses de la gestion de Rothschild AM.

Lors de la diffusion en avant-première du second épisode de /PERSPECTIVES/, Emmanuel Petit, gérant chez Rothschild Asset Management, a répondu, au cours d’un tchat privé en live, aux questions des CGPI. La rédaction vous propose de découvrir ces échanges, rendus anonymes.

Alexandre : La crise italienne impacte-t-elle votre portefeuille ?

Emmanuel Petit : Oui, bien sûr. Toutes les obligations crédit ont souffert de cette crise et notre positionnement sur les financières et les défensives sur le taux sans risque souffre dans ce contexte de risque systémique.

Yoel : Merci pour vos éclairages, quels sont pour vous la ou les valeurs à avoir impérativement en portefeuille aujourd’hui ?

Emmanuel Petit : Nous pensons qu’il faut gérer le risque de hausse de taux, et nous pensons que le secteur le plus adapté pour accompagner cette hausse de taux est le secteur financier. Le scénario de hausse de taux que l’on envisage à moyen terme n’est pas celui de la semaine dernière, qui était une période de flight to quality. Pour les gérants opportunistes (que nous sommes), nous pensons que le mouvement sur l’Italie est exagéré et que c’est une bonne opportunité d’achat.

Alexandre : Vendez-vous de la dette allemande pour gérer votre sensibilité ?

Emmanuel Petit : Oui, en partie. nous sommes short sur les maturités longues de dette allemande. Pour protéger le portefeuille de ce risque de hausse des taux allemands et de pentification de la courbe.

Bastien : Concernant le secteur financier, ne craigniez-vous pas une répercussion de la situation italienne sur les banques ?

Emmanuel Petit : Effectivement, tout risque politique et d’éclatement de la zone euro est une très mauvaise chose pour le secteur financier. Nous pensons cependant que la situation italienne va s’apaiser. Nous allons suivre la campagne électorale à venir, mais nous pensons que la thématique de sortie de l’euro de l’Italie s’estompera.

Alexandre : Comment organisez-vous le suivi des 250 lignes de votre portefeuille ?

Emmanuel Petit : Nous avons une équipe de 4 analystes qui couvrent les émetteurs en portefeuille, en se concentrant sur ceux dont le risque est plus important. Il y a à peu près 180 émetteurs en portefeuille, une centaine fait l’objet d’un suivi intensif.

Bastien : Quelle est votre vue court terme sur le dollar ?

Emmanuel Petit : Nous pensons qu’il peut continuer à être plutôt haussier, parce que l’écart de taux est très important entre les devises et que la normalisation monétaire aux États-Unis continuera certainement à mettre la pression sur les taux longs.

Alexandre : Est-ce que la BCE va décaler sa communication sur la fin du QE à cause de l’Italie ?

Emmanuel Petit : C’est une bonne question ! Je ne pense pas, la BCE sera de toutes façons très prudente dans sa normalisation. Nous l’avons vu depuis le début de l’année, dans l’allocation de ses achats de titres, elle s’est adaptée aux conditions de marché difficiles en mars, par exemple.

Bastien : dans quel contrat d’assurance peut-on retrouver votre fonds ?

Emmanuel Petit : C’est une question pour nos commerciaux, mais je crois savoir qu’il est référencé dans la plupart des contrats d’assurance français. Vous pourrez retrouver cette information sur notre site.

Alexandre : Pouvez-vous m’expliquer la différence entre les dettes financières T1 & T2 & Senior ?

Emmanuel Petit : Les niveaux de subordination sont différents. La dette Senior est la plus sécurisée, et la dette T1 la moins sécurisée, se rapprochant le plus de l’Equity. Une T1 sera mise à contribution si la solvabilité de la banque passe sous un certain niveau. Une dette senior sera mise à contribution en cas de non-viabilité de la banque. La T2 sera plus mise à contribution que la dette Senior dans ce même cas. Une dette T1, donc plus risquée, aura un rendement plus intéressant.

Alexandre : Est-ce que le niveau d’endettement en Chine est un risque qui pourrait se matérialiser dans les prochaines années ?

Emmanuel Petit : Effectivement, l’endettement de certaines entreprises chinoises est important. Ces entreprises souvent dans le secteur public ou para-public peuvent cependant bénéficier des réserves financières de l’État Chinois. C’est donc à surveiller, mais c’est sûrement une problématique de moyen-long terme.

Alexandre : Qu’est-ce qui a motivé votre choix de ne pas avoir de commission de surperformance sur le fonds ?

Emmanuel Petit : C’est une décision de politique commerciale. L’idée étant d’ouvrir le fonds à une large clientèle, notamment à l’international, qui peuvent parfois rechigner aux commissions de surperformance.

Bastien : Quelle est votre manière d’aborder votre indice de référence ?

Emmanuel Petit : L’indice de référence est plus un outil de comparaison qu’un outil de gestion. On peut donc prendre des décisions de gestion qui nous éloignent significativement de l’indice de référence pour optimiser le couple rendement-risque. Par exemple, aujourd’hui, la sensibilité du portefeuille, à 2, est très inférieure à celle de l’indice, qui est égale à 5. Ceci illustre notre positionnement très défensif par rapport au risque de hausse des taux. De la même façon, quand nous sélectionnons des émissions, nous pouvons également sortir des chantiers battus en investissant sur des titres hors indice.

Roxane Nojac

Rédactrice en chef - Le Courrier Financier

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