/ PERSPECTIVES / Cyril Charlot - Sycomore AM : Quelle vision des marchés pour 2018 ?

Asset Management - En 2018, krach ou pas krach ? Cyril Charlot, fondateur de Sycomore AM, dévoile ses perspectives dans votre nouveau rendez-vous vidéo, réalisé en partenariat avec Fundee. Marchés, stratégie de gestion, vision pour l'année à venir... Entrez dans les coulisses de la gestion de Sycomore AM.

Lors de la diffusion en avant-première de notre nouveau rendez-vous vidéo /PERSPECTIVES/, Cyril Charlot, fondateur de Sycomore AM, a répondu, au cours d’un tchat privé en live, aux questions des CGPI. La rédaction vous propose de découvrir ces échanges, rendus anonymes.

 

Bruno : Vous ne voyez pas de krach cette année, quel est le risque le plus dangereux en 2018 qui, s’il survenait, pourrait modifier votre scénario ?

Cyril Charlot : Le principal risque que nous identifions serait le ralentissement de la croissance mondiale, du fait des menaces protectionnistes grandissantes.

Christophe : Pas de krach mais une augmentation notable de la volatilité. Y aura t-il tout de même une gestion directionnelle ?

Cyril Charlot : Nous mènerons une gestion opportuniste plutôt, la baisse éventuelle des marchés créera des opportunités d’investissement.

Christophe : Baisse des bénéfices… donc marché plutôt bearish ?

Cyril Charlot : Les valorisations sont élevées, donc ne supporteraient pas de déception sur le rythme de croissance des bénéfices.

Cédric : Une valeur favorite pour 2018 ?

Cyril Charlot : Mediawan.

Thomas : Les actions US ne sont elles pas sur-valorisées ?

Cyril Charlot : Elles sont à des niveaux très hauts historiques, alors même que la zone est plutôt en haut de cycle, donc la réponse est oui, elles sont plutôt sur-valorisées.

Thomas : Le bitcoin peut être un risque pour les marchés financiers, qu’en pensez vous ?

Cyril Charlot : Le bitcoin est un instrument purement spéculatif selon moi, dont l’encours est pour le moment insuffisant pour nuire à l’économie.

Benoit : Les actions européennes sur-performent rarement les actions américaines, envisagez-vous réellement ce scénario en 2018 ?

Cyril Charlot : Vous n’avez pas tort Benoit, mais on peut toujours rêver ! En moyenne, l’an dernier, l’exposition nette se situait entre 35 et 40%. Aujourd’hui, nous sommes au-dessus de 45%. Nous avons effectivement relevé cette exposition en profitant de la baisse de certaines valeurs.

Bruno : Quels moyens utilisez-vous pour vous couvrir sur votre fonds ?

Cyril Charlot : En général, on vend des valeurs pour baisser l’exposition. On peut, à la marge, vendre des futures.

Benoit : Quelles sont vos principales convictions sectorielles pour 2018 ?

Cyril Charlot : Notre exposition sectorielle reflète avant tout des choix de valeurs. Les valeurs financières nous paraissent peu valorisées aujourd’hui.

Cédric : Comment placez-vous vos liquidités ?

Cyril Charlot : En fonds monétaires éligibles au PEA principalement.

Quentin : Plutôt Europe que US malgré les inquiétudes de l’impact dollar ?

Cyril Charlot : Tant que le dollar reste sous 1,35 euros, la compétitivité des entreprises européennes reste bonne. Ce qui est important, c’est la croissance organique, plus que la croissance publiée, qui sera impactée par les effets de devise en 2018.

Yoel : Si vous deviez investir sur une seule valeur cotée pour les 10 prochaines années, quelle serait-elle ? Un GAFA ou plus simplement une PME française d’avenir ?

Cyril Charlot : Je ne pense pas que je prendrais un tel pari ! Néanmoins, des valeurs comme Mediawan, Chargeurs, Devoteam, sont de fortes convictions. Dans les grandes valeurs, on peut citer, dans le secteur du luxe par exemple, Hermès ou LVMH , qui ont des Business Models très solides. Malheureusement, elles sont chères aujourd’hui ! Sur les GAFA, il y a des enjeux en termes de fiscalité, de règlementation, de protection des données, voire de position concurrentielle dominante, qui pourraient poser problème.

Christophe : Ça fait beaucoup de risques sur les GAFA… une chute des GAFA serait alors une belle opportunité d’entrée ?

Cyril Charlot : Oui, en fonction de l’avancée de ces risques. S’ils se matérialisent vraiment, ça remettra en cause leur business model.

Roxane Nojac

Rédactrice en chef - Le Courrier Financier

Voir tous les articles de Roxane