La Parole aux Assos’ – CNCGP : « Le débat qui oppose honoraires et commissions est dépassé »

Asset Management - Dans ce nouvel épisode de « La Parole aux Assos' », Le Courrier Financier reçoit la CNCGP. Malgré les contraintes sanitaires, comment les CGP peuvent-ils continuer à se former ? Entre honoraires et commissions, comment la rémunération des CGP va-t-elle évoluer ?

Malgré la crise sanitaire, les conseillers en gestion de patrimoine (CGP) font leur rentrée. « C’est le retour à une certaine normalité dans le travail, tout en respectant des précautions sanitaires strictes. Cela veut dire que les CGP peuvent à nouveau recevoir leur clients, mais qu’il faut porter un masque », résume Julien Séraqui, président de la Chambre Nationale des Conseils en Gestion de Patrimoine (CNCGP). De son côté, l’association a repris les formations pour ses membres en présentiel — à valider « avec un questionnaire qui se trouve sur l’espace privé du site Juriscampus », rappelle Julien Séraqui. C’est aussi l’heure de ressortir les dossiers de la rentrée.

Rémunération, la liberté de choix

En termes d’affaires publiques, la CNCGP a du pain sur la planche. L’association a repris les discussions avec ses autorités de tutelle, notamment en ce qui concerne la cinquième directive sur la lutte anti-blanchiment. Ce dispositif en vigueur depuis 2018 vise à lutter contre le financement du terrorisme, grâce à une meilleure transparence des transactions financières. La Chambre défend la « proportionnalité » dans l’application de cette nouvelle réglementation. « On ne demande pas le même formalisme à un cabinet de CGP qui compte quelques collaborateurs et à une banque qui compte quelques milliers d’employés », résume Julien Séraqui.

En tant qu’association de conseiller en investissements financiers (CIF), la CNCGP entend également défendre le modèle de rémunération de la profession « tant au niveau national que européen ». Opposer honoraires et commissions ? Un débat « aujourd’hui complètement dépassé », d’après le président de la Chambre. « 61 % des cabinets de CGP fonctionnent sur des modèles hybrides, qui laissent la liberté de choix au client entre honoraires et commissions. C’est cette liberté de choix que défend la CNCGP et pas un modèle plutôt qu’un autre », explique Julien Séraqui. La CNCGP entend épouser « la réalité du terrain » et le « choix des épargnants ».

Crise sanitaire, une opportunité

La structure agile des cabinets de CGP joue en leur faveur en temps de crise, tient à préciser la CNCGP. « Cette crise va accélérer le mouvement de fond que nous connaissons depuis plusieurs années, qui déplace la gestion de l’épargne des particuliers des banques vers les cabinets de CGP. C’est pour cela que l’avenir me semble très prometteur », conclut Julien Séraqui.

Mathilde Hodouin - Le Courrier Financier

Rédactrice en chef

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