Suspension du parlement britannique, BCE et statistiques américaines

Asset Management - La semaine s'annonce agitée sur les marchés financiers. Crainte du Brexit, difficultés de la zone euro, politique monétaire des banques centrales... Quelles perspectives s'ouvrent pour les investisseurs en Europe ? Faut-il craindre l'inflation aux Etats-Unis ? Vincent Boy, Analyste chez IG France, partage son analyse.

La semaine devrait commencer par une suspension de 5 semaines du Parlement britannique. Cette décision de Boris Johnson viserait à obtenir une sortie de l’Union Européenne le 31 octobre prochain, avec ou sans accord.

En revanche, après le double échec au Parlement la semaine dernière — d’abord avec le refus d’une sortie sans accord, puis sur le fait d’organiser des élections générales anticipées — les incertitudes sont de plus en plus nombreuses. L’annonce d’un report de plusieurs mois apparaît de plus en plus probable. Cela impliquerait un nouvel échec pour Boris Johnson et mettrait un peu plus à mal sa crédibilité en tant que Premier ministre.

Difficultés de la zone euro

Au-delà du Brexit, les investisseurs seront attentifs à la publication des statistiques économiques au Royaume-Uni. Malgré un ralentissement observé de l’activité — notamment manufacturière — certaines statistiques pourraient apporter d’autres risques, liés à la politique monétaire.

Les dernières publications sur les salaires, les ventes de détails et l’emploi sont en accélérations, ce qui pourraient apporter des craintes inflationnistes et devrait compliquer la tâche de la Bank of England (BoE) en cette période d’incertitude liée au Brexit.

BCE et politique monétaire

Par ailleurs, la décision de politique monétaire de la Banque Centrale Européenne est attendue ce jeudi 12 septembre. Les investisseurs anticipent des mesures très accommodantes, après les derniers commentaires des gouverneurs de la BCE et au vu des statistiques économiques décevantes, notamment en Allemagne.

Mario Draghi pourrait ainsi annoncer un nouveau « Quantitative Easing » (QE) accompagné d’une baisse des taux de dépôts de 10 pdb, voire davantage. Cette dernière mesure, si elle est mise en place, devrait être adaptée pour éviter de voir les profits des banques Européennes davantage impactés par une politique de taux extrêmement bas, voire négatifs.

Quid des marchés américains ?

Enfin, les statistiques américaines seront surveillées de près cette semaine, dans l’attente de la décision de politique monétaire de la Fed la semaine prochaine. Les prix à la production, l’indice des prix à la consommation (IPC) et les ventes de détails pourraient une nouvelle fois ressortir en accélération. Ces trois statistiques sont des composantes permettant d’anticiper et de calculer le niveau d’inflation.

Des chiffres en hausse pourraient apporter des craintes inflationnistes et contredire la position du président américain sur le fait qu’il n’y ait pas d’inflation aux Etats-Unis. Plus important encore, des craintes inflationnistes pourraient rendre difficile la justification de nouvelles baisses de taux de la Réserve Fédérale, et contrecarrer les ambitions présidentielles de Donald Trump.

Vincent Boy - IG France

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