Marchés financiers : une croissance anémique pour une performance atomique

Asset Management - Les investisseurs guettent les signes avant-coureurs d'une fin de cycle économique. Ils se tournent désormais massivement vers les obligations, aux dépends des actions sur les marchés internationaux. Cette tendance va-t-elle durer ? Igor de Maack, Gérant et porte-parole de la Gestion chez DNCA Finance, passe au crible l'actualité des marchés.

La révision à la baisse de la croissance mondiale — autour de 3 % pour 2019 et 2020 — est maintenant bien ancrée dans la tête des investisseurs. Même si le coup de frein de l’année 2018 ne possède que peu de similarités avec les coups de frein précédents de 2012 et 2016, il aura entraîné comme par le passé une réaction immédiate de la part des banques centrales.

Les investisseurs attentifs à une possible fin de cycle

Les commodities affichent une de leurs meilleures performances depuis un siècle. Les actions mondiales mais aussi les actions européennes afficheraient elles aussi des performances exceptionnelles, si on annualisait le début d’année. Evidemment, il est peu probable que les actions affichent des performances de plus de 50 %.

En revanche, certains fonds et certaines stratégies de gestion peuvent encore bénéficier d’un effet de rattrapage par rapport à une année 2018 singulière et décevante. Conscients d’une possible fin de cycle, les investisseurs positionnent toujours plus leurs flux vers les supports obligataires.

Union Européenne VS Royaume-Uni, la saga sans fin

Au niveau mondial, c’est d’ailleurs cette semaine un record de souscriptions dans les obligations depuis juin 2017. Le Brexit a encore animé cette semaine, et comme prévu le « Hard Brexit » n’a pas eu lieu le 12 avril. Un nouveau délai assorti d’une certaine flexibilité et de différentes options doit permettre aux Britanniques de trouver une solution pour voter l’accord de sortie négocié par Theresa May.

La saga continue sans toutefois désormais affecter particulièrement les marchés habitués à ces votes interminables. Ce Brexit ressemble de plus en plus au voyage imaginé par la Nasa sur la planète Mars. Ce sera long, coûteux, pénible, dangereux et sans cesse repoussé. Il n’est pas sûr qu’en plus ce soit au final un « grand pas pour l’humanité », à l’image de cette fameuse phrase prononcée par l’astronaute américain Neil Armstrong qui avait foulé le premier le sol de la Lune.

Igor de Maack

Gérant et porte-parole de la gestion

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