Marchés financiers : les lumières au milieu du tunnel

Asset Management - Utiliser son smartphone, ouvrir le journal ou encore allumer la télévision, tant de gestes anodins nous ramènent vers un flot de nouvelles anxiogènes liées à un seul et unique thème : le coronavirus. Ce drame sanitaire bouleverse la vie des individus, des entreprises et des institutions. Petit inventaire, non exhaustif, des bonnes nouvelles sur le front de la crise.

Si le choc économique est rude, les Etats et les banques centrales en ont très vite pris la mesure. L’ampleur des mesures déployées pour amortir la récession est majeure et on peut légitimement penser que les gouvernements proposeront une seconde vague de mesures de relance, une fois la pandémie maîtrisée. Nul doute que les banques centrales accompagneront ces plans de relance en offrant de généreuses conditions d’endettement. On ne peut pas en dire autant des précédentes grandes crises, lors desquelles la puissance publique avait tardé à réagir.

Certes, le confinement a des conséquences majeures sur l’économie mondiale. Mais l’essor des nouvelles technologies de communication n’a jamais rendu aussi aisé le travail à domicile. Dans les pays développés dont l’économie est centrée sur les services, la continuité de l’activité est maintenue, quand elle ne nécessite pas de proximité physique impérative. Il y a seulement 5 ou 10 ans, le confinement aurait bien plus fortement grippé l’économie mondiale, faute de solutions techniques à grande échelle.

Vers le redémarrage économique

La solidarité internationale peine à apporter une réponse coordonnée à la crise sanitaire. A une échelle plus réduite, la solidarité s’est toutefois renforcée. Nous ne comptons plus les initiatives individuelles ou collectives sur le front sanitaire. A l’échelon européen, l’histoire nous montre que c’est dans les crises que l’Union se renforce et que les lignes bougent. L’assouplissement des critères de Maastricht est un premier pas vers des politiques budgétaires plus homogènes. Le lancement de corona bonds ou le recours au Mécanisme Européen de Stabilité (MES) pourrait être un plus grand pas encore vers une solidarité budgétaire accrue des Etats de l’Union.

Quant à la chute du pétrole — qui s’explique par un choc combiné de croissance de l’offre et de baisse de la demande — elle est en premier lieu inquiétante pour l’environnement, puisqu’elle va rendre les énergies fossiles plus compétitives économiquement face aux énergies renouvelables. Mais au redémarrage de l’économie, la demande repartira sans doute plus vite que la production, dont l’inertie est forte. Ce qui pourrait conduire à une hausse violente des prix de l’or noir et ainsi relancer la compétitivité prix des énergies les plus propres.

Rôle protecteur des critères ESG

Enfin, comme dans toute crise, un processus de destruction créatrice se met en œuvre. Les entreprises les plus faibles disparaissent pour laisser plus de place aux plus résilientes. Si nous nous fions à la fois aux dynamiques de flux et de performance des actions, ce sont les entreprises les plus vertueuses sur les enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) qui résistent le mieux et pourraient s’en trouver un peu plus renforcées. 

Le tunnel est sans doute encore long, mais les lumières qui émergent nous rapprochent un peu plus de la sortie.

Olivier de Berranger

Directeur de la gestion d'actifs et Directeur Général Délégué chez LFDE

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