Marchés financiers : in waves

Asset Management - Après la période du confinement, les marchés financiers restent très sensibles à la situation sanitaire. Faut-il redouter une deuxième vague ? Quel impact sur l'appétit des investisseurs pour le risque ? Les explications d'Igor de Maack, Gérant et porte-parole de la Gestion chez DNCA.

Ce très beau livre illustré d’AD Djungo qui relate l’histoire du surf pourrait servir de préambule à ce que les marchés et les économies vont connaître.

Première vague sanitaire

La première vague à affronter est sanitaire car les États du Sud des États-Unis connaissent une recrudescence des cas de contamination au Covid-19. Deux régions allemandes ont par ailleurs reconfiné. Il semble donc que la planète ne soit pas débarrassée de cette pandémie.

Des mesures de confinement ciblées sur des clusters identifiés continueront ainsi d’être appliquées. L’Europe dans son ensemble reste pourtant le continent qui retrouve un rythme d’activité normale avec une reprise de la consommation dopée par les mécanismes de protection du revenu disponible.

Economie et commerce

La deuxième vague est bien sûr économique. Le FMI a annoncé que le PIB mondial régresserait de 4,9 % en 2020, soit un niveau presque proche de la récession de 2009. La France fait figure de très mauvais élève comme l’Italie et l’Espagne au niveau de la croissance et du déficit public. Le plan de relance actuellement en discussion est de nature à soutenir ces économies percluses de rigidités et de dettes publiques et sociales.

Enfin la dernière vague est commerciale car la tension entre les deux grandes puissances économiques continuent à la suite des déclarations contradictoires de Peter Navarro sur l’accord avec la Chine. Où en sont les marchés dans cet océan agité ? Lorsqu’il y a une bonne nouvelle économique (indices de confiance favorables en Europe), l’appétit pour le risque revient. Lorsque la situation sanitaire se dégrade, les marchés corrigent et les indices de volatilité s’envolent.

Creux et pic de la vague

Il faut toutefois noter que les corrections sont limitées dans leur ampleur et dans leur durée. Tant que les taux d’intérêt sont bas, les actifs risqués seront d’une certaine mesure « protégés » mais comme le surfeur qui doit passer la barre avant de prendre la vague au pic, l’économie mondiale doit encore traverser quelques déferlantes pour retrouver un fonctionnement normal.

Le Covid transformera les modèles économiques en profondeur en accélérant la digitalisation et en modulant les cycles d’investissement qui deviendront moins lourds et moins dépendants du facteur humain. La trésorerie restera comme à chaque crise la véritable mesure de résistance des entreprises et des consommateurs.

Igor de Maack

Gérant et porte-parole de la gestion chez DNCA

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