Le pétrole et les tweets du Président Trump

Asset Management - Les prix du pétrole ont dépassé 74 dollars le baril cette semaine ce qui constitue leur plus haut niveau depuis la fin de l’année 2014.

Cette augmentation s’explique par le rapprochement de la Russie et de l’Arabie saoudite, les tensions diplomatiques générées par le conflit syrien.

En deux semaines, le Brent s’est envolé de 10,4 % et le WTI de 11,25 %. Les investisseurs anticipent le rééquilibrage entre l’offre et la demande de pétrole dans un contexte de reprise économique mondiale. La demande pourrait augmenter de 1,63 million de barils par jour en 2018. Cette progression serait tirée notamment par la demande chinoise.

L’Arabie Saoudite souhaiterait faire remonter le prix du baril entre 80 et 100 dollars. Cet objectif est dicté par des considérations de politique intérieure, le financement des dépenses sociales et du plan d’infrastructures, mais aussi par des considérations d’ordre financier. En effet, à la veille de l’introduction en bourse la compagnie pétrolière Saudi Aramco, les autorités souhaiteraient accroître sa valorisation.

C’est dans ce contexte que Donald Trump a diffusé un nouveau tweet, dans lequel il accuse l’Arabie Saoudite de manipuler les cours. Il a ainsi déclaré « on dirait que l’OPEP recommence. Avec des volumes record de pétrole partout, y compris dans les navires chargés à plein en mer, les prix du pétrole sont artificiellement très hauts. Pas bon et ce ne sera pas accepté ».

La tenue d’une rencontre importante, vendredi 20 avril, entre les ministres de l’énergie de la Russie (hors OPEP) et de l’Arabie saoudite a joué en faveur de la hausse des cours. L’objectif de cette réunion pour ces deux pays était de mieux contrôler la production de pétrole.

Le maintien du système de régulation de la production, après 2018, entraînerait un déficit d’offre, toute chose étant égale par ailleurs, ce qui conduirait à une augmentation des cours. Mais, mois après mois, la hausse de la production américaine surprend, ce qui pourrait à terme provoquer une pression à la baisse des prix du pétrole. Certains experts du secteur considèrent que le prix d’équilibre se situe entre 64 et 70 dollars le baril et non à 75 dollars.

Philippe Crevel

Directeur du Cercle de l'Épargne

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