La saison des records

Asset Management - En janvier, la devise olympique « Plus vite, plus fort, plus loin » démarrait notre lettre mensuelle pour qualifier l’année qui se terminait. Elle est plus que jamais d’actualité.

Depuis le début de la crise sanitaire, gouvernements et banquiers centraux se sont surpassés en proposant au sprint des mesures musclées. Les stades sont fermés, les défis sportifs en quarantaine, les records se disputent sur les terrains économiques et financiers. Les premiers chiffres d’activité réelle confirment le choc sur le T1 2020 : recul de 3,8 % du PIB en zone euro, – 5,8 % pour la France, – 4,7 % pour l’Italie, – 1,2 % aux États-Unis (T sur T). Une situation inédite pour la France : la pire donnée trimestrielle remontait à mai 68 avec un repli de 5,3 % (- 1,6 % au T1 2009). Aux États-Unis, il s’agit de la plus forte contraction depuis 2008.

Les fortes mesures de soutien annoncées en mars entrent progressivement en application. Côté Fed, les achats massifs d’obligations corporate devraient commencer « sous peu » ; le message de Powell à retenir étant que les capacités d’achats des véhicules pourraient être augmentées. La BCE quant à elle, a compris que l’octroi de crédit au secteur privé était le nerf de la guerre et améliore les conditions pour les opérations de TLTRO III. Pour limiter les tensions sur les marchés interbancaires, elle lance également une nouvelle série d’opérations de refinancement à plus long terme non ciblées d’urgence face à la pandémie (PELTRO). Ces mesures visent à maintenir l’économie sous respirateur en amortissant le choc. Les incertitudes à long terme demeurent néanmoins sur la convalescence de l’économie. Le rebond des marchés actions a été nettement au-dessus de nos anticipations. Sur le mois, les marchés US enregistrent une hausse de 13 % et la zone euro + 6,5 %. L’embellie se poursuit sur le crédit : l’IG surperforme le segment HY et la zone euro, les États-Unis dans un effet de rattrapage.

Dans ce contexte, nos scenarios restent inchangés. Les mesures
drastiques des banques centrales et gouvernements permettent
d’envisager un rebond de l’activité fin 2020 (65 %). Dans notre scenario
adverse, l’ampleur de la récession sera plus sévère et se prolongera dans le temps (35 %). Cela se traduit par le renforcement de nos
investissements sur le crédit IG et le maintien de nos positions sur
les actions afin de garder des « munitions » pour réinvestir le moment
opportun.

Arnaud Faller - Directeur Général Délégué en Charge des Investissements chez CPR Asset Management

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