Escroqueries, entre diamants et bitcoin. Mais que font les banques ?

Asset Management - Les révélations se succèdent : les escrocs multiplient les agressions contre les innocents, les personnes âgées, les quadragénaires, les riches et les pauvres, les diplômés de l’enseignement supérieur et les Bac – 5 ….

Les techniques reposent sur un sous-jacent psychiatrique, sociétal et économique inchangé depuis la nuit des temps : on fait toujours confiance à ceux qui promettent monts et merveilles et on se méfie de tous ceux qui vous annoncent qu’il faudra travailler dur pour extraire de la valeur.

Les victimes sont toujours prises par là où elles pèchent : avec Aristophil ont été « attrapés » des poètes de l’autographe, de la lettre de Blaise Pascal, généreusement polycopiée par l’auteur lui-même, et du livre rare et ancien, (les livres anciens deviennent mécaniquement plus rares au fur et à mesure que le temps passe). Avec le diamant, ce sont les passionnés d’éternité qui ont été touchés. Ceux-là veulent inscrire leur fortune dans des temps figés en lumière froide et pure. Devraient être aussi mentionnées les escroqueries au vin vieux ou aux alcools hors d’âge mais aussi les madofferies les plus simplissimes : « donne-moi ton argent et je t’en donnerai davantage ! ».

Rien ne se perd, rien ne se crée ! Bonne définition du principe boursier du « jeu à somme nulle » : l’argent perdu par les uns est toujours gagné par les autres.

Ces escroqueries passent toujours par des sociétés qui ont « pignon sur rue » ou, plus modernes, qui ont « sites sur le net ». Parce qu’il faut bien rassurer le chaland, ce sont de vraies sociétés avec des comptes en banque. Elles sont installées à l’étranger ? Il est très normal, quand on est malin, d’installer « sa boite » dans un pays qui n’y regarde pas trop ?

Mais quand la catastrophe arrive, quand on découvre que les diamants n’ont jamais existé, quand s’aperçoit que les pignons sur rue n’étaient que des façades, il faut bien trouver des responsables. Que fait la police ? Je veux qu’on me rembourse !

Et la banque ? Qu’a-t-elle fait pour me protéger ? La banque a laissé filer l’argent vers d’autres banques ? Elle a été complice, peut-être ? En tout cas, elle a péché par omission. Pourquoi tant de laxisme ? N’aurait-elle pas dû m’empêcher de tomber dans ces panneaux qui promettent de s’enrichir en dormant ? Ne devait-elle pas bloquer les opérations et dénoncer les turpitudes dans lesquelles j’allais tomber ?

Elle ne l’a pas fait ! La preuve : j’ai tout perdu ! La banque est un tiers de confiance ? Elle a trahi ma confiance. Qu’elle paye donc pour sa traitrise ou son inefficacité !

Au fait : si j’étais une banque, je bloquerais tous les fonds destinés aux plateformes de crypto-monnaies. Franchement ! Empêcher des gens d’acheter du vent, n’est-ce pas dans la mission première  de toute banque ?

Pascal Ordonneau

Banquier, polémiste, économiste, humaniste, théoriste, et volontariste.

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