Chère inflation

Asset Management - Il y a trois ans, la BCE annonçait : « l’inflation va mieux ». « Les professionnels de la prévision et les acteurs de marché sont confiants de voir l’inflation remonter à un niveau proche mais inférieur à 2% sur le moyen terme ».

« Confiants » dans le retour de l’inflation !

L’inflation à 2%, autrefois, était une contrainte et non pas un objectif à atteindre absolument : cette contrainte disait, « abandonne les facilités de l’argent trop largement distribué. Oublie ce mécanisme vicieux de l’inflation qui ronge le patrimoine des rentiers et allège les dettes des plus jeunes. Descends à 2%, au pire, si tu ne peux faire mieux ».

Avec la « Crise », la finance classique a pris une drôle d’allure. Le temps, matière première reine des finances modernes, support de techniques financières sophistiquées, le temps à partir duquel on montait des produits financiers, des « futures », des « forwards », des « contrats à terme », ce temps-là avait disparu. L’argent de demain, l’argent futur, ne valait plus un clou ; les cent balles d’aujourd’hui acceptaient de ne plus valoir que 99 et même 98, cinq ans plus tard. Le porteur de liquidité finissait par remercier les Etats qui acceptaient d’être débiteurs.

Heureusement, les choses retrouvent leur place ancienne : «L’inflation» revient comme le petit chat de Pagnol. Mais il ne faut pas s’y fier tout de suite. Elle pourrait encore nous jouer des tours. Ronronner, faire semblant, et puis s’éclipser dès qu’on aurait le dos tourné.

 

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Pascal Ordonneau

Banquier, polémiste, économiste, humaniste, théoriste, et volontariste.

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