La saison des résultats d’entreprises démarre plutôt mal

Actualités - Et si l'horloge se déréglait ? La saison des résultats d'entreprises s'annonce décevante.

En Europe, à l’inverse des Etats-Unis (bons chiffres publiés par les banques et les valeurs technologiques – Netflix -), les déceptions se multiplient dans des secteurs cycliques : HeidelbergCement, Bouygues dans la construction et Michelin dans l’automobile. D’autre part, des sociétés comme Dürr, Fresenius, Sopra Steria, Dia et Ceconomy ont aussi alerté sur les résultats. Les raisons sont certes variées.

A l’inverse, des dossiers value comme Carrefour, Fnac Darty, Casino et Publicis ont délivré conformément aux attentes voire plus. La compression de multiples pourrait donc provenir d’une révision des bénéfices qui sont sous pression de l’inflation. Il est trop tôt pour le dire mais il y a aujourd’hui de multiples raisons de ralentissement des croissances au niveau mondial : guerre commerciale, hausse des coûts matières premières, force du dollar, remontée des taux.

Les résultats d’entreprises soumis aux équilibres internationaux

L’affaire Kashoggi fait aussi peser une menace nouvelle sur les équilibres fragiles du Proche-Orient. Dans ces périodes, il n’est donc pas étonnant que les flux soient toujours sortants et proches de la capitulation (14,8 md$ sur les actions américaines et 4,8 Md$ sur les actions européennes).

Les tergiversations autour du Brexit en Europe et le rejet du budget italien ne donnent pas forcément envie de jouer le pari des actions domestiques européennes. Sur les taux souverains italiens, le palier de 3,7% a été franchi et on se rapproche de la borne haute de la zone d’intervention définie il y a peu (3,5%-4%).

Et pourtant, ce moment particulier pourrait être celui paradoxalement où il faut commencer à acheter. Les valorisations s’ajustent au nouveau contexte monétaire et économique. Sauf à anticiper une récession imminente, les actions sont les seuls actifs qui corrigent vite à l’inverse des taux d’intérêt toujours très en dessous du niveau de leur valeur théorique correspondant à la croissance nominale. On peut d’ailleurs se demander jusqu’à quelle échéance, les investisseurs achèteront du Bund allemand, illusion du refuge, alors que toute la construction européenne repose sur les épaules pour l’instant larges et solides de l’Allemagne.

Igor de Maack

Gérant et porte-parole de la gestion

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