Zone euro : la BCE joue les cascadeuses et repousse l’échéance du tapering

Actualités - Cette semaine, la France pleure la mort de l'acteur Jean-Paul Belmondo à l'âge de 88 ans. Le Professionnel s'était rendu célèbre par ses cascades, qu'il réalisait toujours lui-même. Pendant ce temps, la Banque centrale européenne (BCE) se livre à une autre acrobatie en repoussant l'échéance du tapering.

Zone euro : la BCE joue les cascadeurs et repousse l'échéance du tapering

(Conception : Mathilde Hodouin – Réalisation : Amandine Victor)

Semaine d’émotions en cascade. Ce lundi 6 septembre, c’est un grand professionnel qui s’en est allé. Jean-Paul Belmondo « s’est éteint tranquillement » à l’âge de 88 ans, a déclaré son avocat sur BFMTV. Tout au long de sa carrière, l’acteur est resté très populaire en raison de ses nombreux films d’aventure — où il réalise lui-même toutes ses cascades. Ce jeudi 9 septembre, la France lui rend hommage aux Invalides à Paris. « Il représentait la France heureuse », déclare Emmanuel Macron. Le cercueil quitte ensuite la cour d’honneur au son de la bande originale du Professionnel (1981), composée par Ennio Morricone.

Les cascades de Bébel…

Jean-Paul Belmondo est né le 9 avril 1933 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) dans une famille d’artistes — un père sculpteur et une mère artiste-peintre. Dans sa jeunesse, il excelle dans la boxe et le football avant de se tourner vers la scène. Jean-Paul Belmondo entre au Conservatoire en 1952, où ses professeurs semblent peu sensibles à son talent. En revanche, il y gagnera des amitiés solides — et le surnom de Bébel. Diplômé du Conservatoire en 1956, il devient une figure emblématique de la Nouvelle Vague, avec le film de Jean-Luc Godard A bout de souffle (1960). Il y tient le haut de l’affiche côtés de l’actrice américaine Jean Seberg.

Cinq ans plus tard, Jean-Paul Belmondo retrouve le réalisateur avec le tournage de Pierrot Le Fou — dernier film mythique du mouvement cinématographique. A partir des années 1970, Jean-Paul Belmondo s’oriente davantage vers le cinéma de divertissement et d’action. Si ses choix artistiques sont souvent éreintés par la critique, il gagne l’affection du public qui lui trouve d’autres surnoms au rythme de ses succès : le Magnifique, en référence au film éponyme de Philippe de Broca (1973) ; l’As des As, à l’image du héros qu’il incarne dans le film de Gérard Oury (1982). Il est aussi Le Professionnel (1981) ou Le Guignolo (1980).

…et les acrobaties de la BCE

A l’heure où les Français pleurent l’homme de Rio — du titre du film qu’il tourne en 1964 — et l’auteur de ces lignes ne fait pas exception, ce sont d’autres acrobaties qui se jouent à Francfort (Allemagne) au siège de la Banque centrale européenne (BCE). L’institution monétaire annonce qu’elle va « légèrement » réduire ses achats d’obligations sur les marchés au quatrième trimestre 2021. D’après l’agence Reuters, il s’agit d’un premier pas prudent vers le retrait des mesures exceptionnelles mises en oeuvre pour soutenir l’économie de la zone euro pendant la crise sanitaire. La propagation du variant Delta ralentit la normalisation.

Ces dernières semaines, les marchés financiers redoutaient d’apprendre la fin au Programme d’achats d’urgence face à la pandémie (PEPP) — créé en mars 2020 et doté de 1 850 milliards d’euros. « Ce que nous avons fait aujourd’hui (…) à l’unanimité, c’est calibrer le rythme de nos achats de manière à atteindre notre objectif en matière de conditions de financement favorable. Nous n’avons pas discuté de la suite », a déclaré ce jeudi Christine Lagarde à la presse. Pas de tapering (réduction des achats d’actifs) pour le moment, mais la présidente de la BCE nous évoque irrésistiblement Jean-Paul Belmondo en équilibre sur le toit d’un avion en plein vol.

Mathilde Hodouin - Le Courrier Financier

Rédactrice en chef

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