OTAN : les propos d’Emmanuel Macron, pas la tasse de thé d’Angela Merkel

Actualités - Cette semaine, des rumeurs ont couru sur le renforcement des tensions entre l'Allemagne et la France. Angela Merkel n'aurait pas apprécié les propos polémiques d'Emmanuel Macron sur l'OTAN. Quelles conséquences politiques pour l'Union Européenne ?

OTAN : les propos d'Emmanuel Macron, pas la tasse de thé d'Angela Merkel

(Conception : Mathilde Hodouin – Création : Charlotte Thomas)

Les célébrations des 30 ans de la chute du mur de Berlin ont-elles révélé d’autres fissures ? Angela Merkel n’aurait pas apprécié les déclarations d’Emmanuel Macron sur l’OTAN, révèle le New York Times ce samedi 23 novembre. L’article fait notamment référence à la saillie du président français, qui avait qualifié l’OTAN d’institution « en état de mort cérébrale » dans un entretien en français accordé le 7 novembre à l’hebdomadaire The Economist. Le Chef de l’Etat dénonçait notamment le désengagement des Etats-Unis vis-à-vis de ses alliés au sein de l’OTAN, mais également le comportement de la Turquie en Syrie.

Amertume et désaccord… ou pas

Ce désaccord s’ajoute à celui concernant le budget européen, dossier dans lequel Berlin et Paris prônent deux approches très différentes. L’ambiance n’était donc pas très chaleureuse le 10 novembre dernier, à l’occasion d’un dîner rassemblant des acteurs de la chute du mur. D’après le média américain, les échanges entre les deux dirigeants auraient été cinglants. « Je comprends votre désir d’une politique perturbatrice. Mais je suis fatiguée de ramasser les morceaux. Encore et encore, je dois recoller les morceaux des tasses que vous avez cassées pour que nous puissions ensuite prendre le thé ensemble », aurait déclaré Angela Merkel directement à Emmanuel Macron.

Le président français aurait répondu — en référence à la prochaine réunion de l’OTAN prévue à Londres les 3 et 4 décembre — « je ne peux pas simplement m’asseoir et faire comme si de rien n’était ». Angela Merkel aurait également jugé la vision d’Emmanuel « radicale ». Pour le média américain, cet échange houleux serait le symptôme d’une tension croissante entre les deux pays, qui pourrait notamment profiter à la Russie. « Je n’avais plus vu les relations franco-allemandes à un point aussi bas depuis très longtemps », déclare Claudia Major, analyste en sécurité à l’Institut allemand pour les affaires internationales et de sécurité (SWP) de Berlin.

Quelles conséquences ?

Dans un contexte de Brexit, la rumeur aurait pu renforcer la crainte d’un nouveau risque politique au sein de l’Union Européenne. Ce lundi 25 novembre lors d’une conférence de presse à Berlin, un porte-parole de la chancellerie allemande a démenti la teneur venimeuse de l’échange. D’après Steffen Seiber, il n’y aurait eu ce soir-là « ni plainte, ni colère, ni querelle ». Le porte-parole a toutefois reconnu « des approches politiques souvent différentes de l’Allemagne et de la France face aux problèmes et aux défis ». Il a toutefois insisté sur le fait que le dialogue n’était pas rompu au sein du couple franco-allemand.

Mathilde Hodouin - Le Courrier Financier

Rédactrice en chef

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