Etats-Unis : la vague de nouveaux cas de coronavirus inquiète les marchés

Actualités - Cette semaine, les investisseurs redoutent l'arrivée d'une deuxième vague de coronavirus. Les indices américains pâtissent de l'aversion au risque, malgré le volontarisme de l'administration Trump pour favoriser la reprise de l'activité. Le point avec Le Courrier Financier.

à long terme et de conviction

(Conception : Mathilde Hodouin – Réalisation : Amandine Victor)

La deuxième vague peut-elle se transformer en tsunami ? Cette semaine, les indices américains souffrent de l’évolution inquiétante de l’épidémie de coronavirus. C’est notamment le cas en Floride, dans l’Oklahoma ou en Caroline du Sud. Ce jeudi 25 juin, les Etats-Unis ont enregistré 39 818 nouveaux cas en 24 heures, rappelle Reuters. Le record du pic d’avril, 36 426 contaminations, a donc été battu. « L’atmosphère est de plus en plus négative (…) C’est l’été et à l’automne, nous aurons la grippe et le Covid-19 qui sera encore là, c’est une vraie préoccupation », commente Elliot Savage, gestionnaire de portefeuille chez YCG Enhanced Fund.

Vague de volatilité

Au lendemain de leur pire séance en près de deux semaines, les marchés actions ont poursuivi la grande symphonie de la volatilité. Ce jeudi 25 juin, la Bourse de New York a reculé lors des premiers échanges. Quelques minutes après l’ouverture, l’indice Dow Jones perd 136,4 points, soit 0,54 %, à 25 309,54 points. Le Standard & Poor’s 500, plus large, recule de 0,43 % à 3.037,07 points. Le Nasdaq Composite était presque inchangé (-0,04%) à 9 905,47 points à l’ouverture. Le recul moins important que prévu des inscriptions au chômage — 1,48 million la semaine dernière, contre 1,3 million espéré — pèse aussi dans la balance.

La raison de cette agitation ? Les gouverneurs de New York, du New Jersey et du Connecticut ont imposé des mesures de quarantaine aux voyageurs arrivant de neuf autres Etats. Autre cas plus inquiétant, celui du Texas. Cet Etat détient le record du nombre de nouveaux patients hospitalisés chaque jour. Son gouverneur, Greg Abbott (Républicain), a suspendu ce jeudi le processus de déconfinement. « Cette pause temporaire aidera notre Etat à contenir la propagation jusqu’à ce que nous puissions aborder sereinement la prochaine phase d’ouverture des activités », a-t-il déclaré. De quoi alimenter également les craintes d’un ralentissement économique.

Soutien des autorités

La Bourse de New York a toutefois terminé en hausse sur la journée de jeudi, porté par un assouplissement des règles bancaires. La nouvelle est tombée au terme d’un long lobbying du président Donald Trump et du Parti républicain : les autorités américaines de régulation bancaire ont assoupli la « règle Volcker ». Cette législation avait été instaurée après la crise financière de 2007-2009, afin de restreindre la capacité des banques à s’engager dans des investissements risqués avec l’argent de leurs clients. Le sous-indice S&P des valeurs bancaires a pris en séance jusqu’à 3,75 % à la faveur de cette annonce, précise Reuters.

Le secteur de l’énergie a également progressé grâce à un rebond des cours du pétrole. Suffisant pour rassurer les investisseurs ? Malgré la résurgence du nombre de cas de Covid-19 dans 12 Etats, les autorités américaines se veulent en tout cas optimistes sur leur capacité à circonscrire l’épidémie et préserver l’activité économique. « Nous travaillons d’arrache-pied avec les Etats et les autorités locales mais il est important que les Américains sachent que c’est une situation localisée. Les comtés qui sont des foyers de contamination représentent 3 % de l’ensemble des comtés du pays », a déclaré Alex Azar, secrétaire fédéral à la Santé, ce jeudi sur Fox News.

Mathilde Hodouin - Le Courrier Financier

Rédactrice en chef

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