Couvre-feu : retour de l’état d’urgence sanitaire en France

Actualités - Cette semaine, Emmanuel Macron annonce l'instauration d'un couvre-feu pour au moins quatre semaines. La mesure concerne 9 zones en « état d'urgence sanitaire », dans lesquelles le coronavirus circule activement. Quelles conséquences pour l'économie française ? Comment les marchés financiers réagissent-ils ? Le point avec Le Courrier Financier.

Couvre-feu : retour de l'état d'urgence sanitaire en France

(Conception : Mathilde Hodouin – Réalisation : Amandine Victor)

« Le couvre-feu est une mesure qui est pertinente. » Ce mercredi 14 octobre, Emmanuel Macron a annoncé sur France 2 l’instauration d’un couvre-feu dans neuf métropoles françaises, dont la région parisienne, afin de lutter contre la propagation du coronavirus. Outre l’Ile-de-France, la mesure s’appliquera à Grenoble, Lille, Lyon, Aix-Marseille, Montpellier, Rouen, Saint-Etienne et Toulouse à partir de ce samedi 17 octobre. Les Français devront rester chez eux entre 21h00 et 06h00, pendant au moins quatre semaines. Le président a même jugé « utile » d’imposer ce couvre-feu jusqu’au 1er décembre, soit pour une durée de six semaines.

Retour des attestations de sortie

Cette fois, le couperet est tombé. Le Gouvernement du Premier ministre Jean Castex a décidé de rétablir l’état d’urgence sanitaire à partir de samedi, afin de donner plus de moyens pour lutter contre l’épidémie. Objectif, faire baisser le nombre de contaminations quotidienne entre 3 000 et 5 000 grâce au triptyque « tester-alerter-protéger ». Les autorités sanitaires en enregistrent actuellement 20 000 par jour, rappelle Reuters. Dans ce but, outre l’amélioration des tests de détection, la nouvelle application « Tous anti-Covid » doit remplacer à partir du 22 octobre prochain l’ancienne « Stop Covid », qui avait essuyé un échec retentissant.

Les contrevenants seront sanctionnés « d’une amende de 135 euros et jusqu’à 3 750 euros en cas de récidive » d’après le site officiel du gouvernement. Certaines exceptions sont prévues pour se rendre chez le médecin ou à l’hôpital, pour assistance aux personnes vulnérables, en cas de convocation judiciaire ou administrative, à cause d’un horaire de train ou d’avion (billet faisant foi) ou pour sortir un animal de compagnie dans un rayon d’un kilomètre autour du domicile. Les Français devront se munir d’une attestation — à télécharger ou sur papier libre — valable pendant une heure. Un justificatif employeur sera nécessaire pour se rendre au travail.

Moral des investisseurs en berne

Les voyages d’une région à l’autre restent autorisés, à l’heure où débutent les vacances de Toussaint ce vendredi 16 octobre. Le président a toutefois demandé aux Français de limiter les rassemblements à six personnes, et de privilégier le télétravail, à raison de « deux ou trois jours par semaine » dans la mesure du possible. Face aux conséquences économiques, Emmanuel Macron a dégainé de nouveau la prise en charge à 100 % du chômage partiel et le dispositif des prêts garantis par l’Etat (PGE) à destination des secteurs les plus touchés. « Je ne veux pas que nos indépendants, nos TPE, nos PME ferment, tombent en faillite à cause de ce couvre-feu », a-t-il déclaré.

Ce jeudi 15 octobre en début de séance, le couvre-feu a plombé le moral des investisseurs européens. Pendant que le Royaume-Uni envisage de durcir les mesures sanitaires, l’Allemagne voit s’envoler le nombre de nouveaux cas quotidiens. Sur les marchés à Paris, le CAC 40 perd 1,99 % à 4 843,45 points vers 08h25 GMT. A Londres, le FTSE 100 cède 1,87 % et à Francfort, le Dax recule de 2,62 %. L’indice EuroStoxx 50 est en baisse de 2,29 %, le FTSEurofirst 300 de 1,83 % et le Stoxx 600 de 1,96 %. Difficile par ailleurs de compter sur la relance américaine : les négociations budgétaires entre démocrates et républicains semblent au point mort. L’aube est encore loin.

Mathilde Hodouin - Le Courrier Financier

Rédactrice en chef

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