France : crise sanitaire, le PIB chute de – 13,8 % au deuxième trimestre

Actualités - La crise sanitaire du coronavirus en 2020 a plongé l'Hexagone dans la crise économique. D'après l'Insee, le PIB français recule de - 13,8 % au deuxième trimestre. Comment de temps la récession va-t-elle durer ? Les investisseurs peuvent-ils s'attendre à un rebond au troisième trimestre ? Les explications du Courrier Financier.

Le confinement aura entraîné un « trou d’air d’une ampleur inédite ». L’économie française enregistre au deuxième trimestre 2020 un recul du produit intérieur brut (PIB) de – 13,8 %, d’après une estimation de l’Insee publiée ce vendredi 31 juillet. La contraction de l’économie française sur la période avril-juin est sans précédent depuis 1949. Elle s’avère néanmoins moins marquée que prévu — l’Insee prévoyait – 17 % à la mi-juin —, rapporte Reuters. « C’est un chiffre moins sévère que prévu. Ça prouve que nous ne sommes pas impuissants face à la crise », a temporisé Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, ce vendredi sur CNews.

La France face à la récession

C’est une période économique difficile qui s’annonce. Le quatrième trimestre 2019 avait déjà été pénalisé par les grèves dans les transports et marqué par un recul de – 0,2 % du PIB. L’Insee a revu l’ampleur de la contraction du premier trimestre 2020 à – 5,9 % —contre – 5,3 % auparavant. L’Hexagone s’enfonce donc dans la récession, qui se définit comme deux trimestres consécutifs de baisse du PIB. L’horizon économique n’est pas très favorable. La France en est déjà à son troisième trimestre consécutif de contraction du PIB. Le pays ne devrait pas retrouver son niveau d’avant-crise avant le printemps 2022, selon la Banque de France.

Ce net recul est lié à l’arrêt des activités « non essentielles » pendant la lutte contre l’épidémie de Covid-19. En termes d’ampleur, il dépasse déjà celui enregistré au moment de la crise financière (– 1,6 % au premier trimestre 2009) ou au moment de Mai 68 (– 5,3 % au deuxième trimestre 1968). Toutefois, « la levée progressive des restrictions conduit à une reprise graduelle de l’activité économique aux mois de mai puis de juin, après le point bas atteint en avril », relève l’Insee. Au vu des circonstances exceptionnelles de la crise sanitaire, l’institut rappelle que cette estimation « reste fragile et est susceptible d’être révisée davantage qu’à l’accoutumée ».

Rebond au troisième trimestre

Début juillet, l’Insee estimait que le rebond du PIB pourrait s’élever à 19 % au troisième trimestre — avec une contraction attendue à 9 % sur l’ensemble de l’année. En comparaison, l’Allemagne — première économie de la zone euro — enregistre une contraction de – 10,1 % de son PIB au deuxième trimestre, grâce à un confinement moins sévère. Il s’agit néanmoins de la plus forte baisse du PIB au pays de Goethe depuis 1970. Le rebond prévu pour le troisième trimestre s’amorce déjà. Toutefois, « il faudra des années pour que le rattrapage soit complet », pointe Julien Manceaux, économiste senior chez ING.

Le choc risque se répercute sur la consommation. Au deuxième trimestre, le plongeon du PIB était alimenté par la chute de la demande intérieure finale (-12 points), avec une contribution également négative pour le commerce extérieur (- 2,3 points). Le taux d’épargne des ménages a atteint un niveau record de 19,6 %, avec en arrière-fond la peur du chômage. « Je comprends parfaitement les inquiétudes des Français (…) mais la meilleure façon de sortir vite de cette crise économique, c’est d’avoir aussi des Français qui consomment », a plaidé Bruno Le Maire sur CNews. De son côté, le gouvernement affirme qu’il n’augmentera pas les impôts.

Mathilde Hodouin - Le Courrier Financier

Rédactrice en chef

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